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ANCÔNE, subst. fém.
B.-A. Peinture à sujet religieux, de grande dimension, généralement placée au-dessus de l'autel :
1. Il y a plusieurs tableaux de cette espèce très bien conservés au musée de Brera à Milan. Les saints ont toujours de tristes figures; mais on trouve des têtes de Vierge qui seraient aujourd'hui de charmantes miniatures. À Paris, le tableau de Raphaël−no1126− peut donner une idée de ce genre d'ornement qu'on appelait ancone. Stendhal, Hist. de la peinture en Italie,t. 1, 1817, p. 95.
2. Nous vivons tous entourés d'une atmosphère astrale individuelle assez semblable à ces gloires elliptiques qui enveloppent N. S. dans les ancônes. J. Péladan, Le Vice suprême,1884, p. 67.
3. Telles scènes de l'ancône, Passion de Jésus ou douleur de la mère, sont traduites par Duccio dans un esprit qui n'a pas été dépassé... A. Suarès, Voyage du Condottière,t. 3, 1932, p. 191.
Rem. Chabat t. 1 1875 enregistre un mot ancône au sens de ,,centre des quartiers de la volute ionique``.
Prononc. − Seule transcription ds Land. 1834 : ɑn-kône.
Étymol. ET HIST. − 1. Début xiiies. « bannière des Grecs sur laquelle était une image pieuse » (Villehardouin, Histoire de la conquête de Constantinople, 228, Wailly ds Gdf., s.v. icoine : Et pardi son gonfanon emperial, et une ancone qu'il faisoit porter devant lui, ou il se fioit moult, il et li autre Gré; en cele ancone ere Nostre Dame formee); 1750 (Mén. : Ancone. Vieux mot qui signifie image); 2. 1817, supra ex. 1. 1 empr. au gr. byz. ε ι ̓ κ ο ́ ν α (Du Cange), gr. ε ι ̓ κ ω ́ ν « image » attesté dep. Hérodote (2, 130, 143 ds Bailly); voir icône; la forme ancône a été introduite par les croisés qui ont participé à la prise de Constantinople avec les Vénitiens (cf. Villehard., loc. cit., Henri de Valenciennes, Histoire de l'empereur Henri, Continuation de la Conquête de Const., Wailly, 663 ds T.-L.) (FEW t. 3, s.v. eikon); 2 Stendhal empr. le sens mod. à l'ital. ancona, attesté au sens de « tableau à sujet religieux » dep. la fin xives. début xves. (Cennini, Il libro dell'arte, 79 ds Batt. t. 1 1961, s.v.).
BBG. − Chabat t. 1 1875.