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AMOK, subst. masc. et adj.
Folie meurtrière particulière au Malais :
... des Samoyèdes, des Nyams-Nyams, des Malgaches, des Fuégiens célèbrent les solennités les plus étranges, mangent leurs vieux pères, leurs enfants, tournent sur eux-mêmes au son du tam-tam jusqu'à l'évanouissement, se livrent à la frénésie de l'amok, brûlent leurs morts, les exposent sur les toits, les abandonnent au fil de l'eau sur une barque illuminée d'une torche... J.-P. Sartre, La Nausée,1938, p. 54.
Par synecdoque, subst. et adj. Individu qui se trouve dans cet état de folie.
Rem. Attesté ds Nouv. Lar. ill.-Lar. encyclop.
Prononc. : [amɔk].
Étymol. ET HIST. − 1832 amoc « vœu (d'un Javanais) fait dans une crise de folie destructrice, de mettre à mort tous ceux qu'il rencontrera » (Balzac, Voyage de Paris à Java, 39, 579 ds Quem. t. 1 1959 : Dans son ivresse, il [le Javanais] fait le vœu singulier de mettre à mort tous ceux qu'il rencontrera. Ce vœu singulier se nomme amoc [...] Lorsqu'un Javanais court par les rues avec un amoc en tête). Empr. à l'angl. amuck, amock, attesté comme adj. ou subst. pour désigner un Javanais en proie à cette furie, dep. 1663 dans une trad. du port. (H. Cogan, Pinto's Trav., 1. 199 ds NED [la 1reattest. angl. de 1516 donnée par le NED n'est pas à prendre en considération car 1516 est la date de l'original port. dont le texte cité est une trad. du xixes.]); la forme amock, que le fr. a empruntée, date de 1772 (Cook ds NED). L'angl. a emprunté ce mot au malais āmuk « furie, furieux » par l'intermédiaire du port. amouco, attesté dep. 1540 (F. Pinto, Peregrin. ds Dalg. t. 1 1919, s.v.; cf. supra trad. angl.). Plutôt que du malayalam amar − ḫam « guerrier » (Lok. 1927, s.v. āmuk) qui ne convient pas phonétiquement, le mot malais est prob. issu indirectement du skr. amokya « indissoluble » (Dalg. loc. cit.).
STAT. − Fréq. abs. litt. : 1.
BBG. − Piéron 1963.