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ALCOOLISER, verbe trans.
A.− CHIM. Mettre de l'alcool dans un autre liquide :
1. On remédie au graissage [du papier] de deux façons : on peut alcooliser légèrement l'eau du mouillage (...) [ou se servir] d'une eau de mouillage très légèrement aiguisée avec un acide végétal. R. Chelet, Manuel de lithographie,1933, p. 39.
B.− Fam. S'alcooliser.S'enivrer, s'intoxiquer par l'alcool :
2. Elle se dédommageait sur la boisson, et but tant d'eau-de-vie qu'elle acheva promptement de s'alcooliser. G. Flaubert, Bouvard et Pécuchet,t. 2, 1880, p. 82.
Au fig. :
3. ... nous en avons trop vu de ces intellectuels adorant l'art, avec un grand A, et qui, quand il ne leur suffit plus de s'alcooliser avec du Zola, se font des piqûres de Verlaine. M. Proust, À la recherche du temps perdu,Sodome et Gomorrhe, 1922, p. 956.
Rem. 1. DG signale alcooliser qqn « rendre quelqu'un alcoolique », emploi qualifié de néologisme. 2. Sous l'anc. graph. alcoholiser, C.-M. Gattel (Nouveau dict. portatif de la langue française, 1797) enregistre le sens suiv. : ,,T. de chimie. Réduire en poudre impalpable.``; sens encore attesté ds Besch. 1845 et Littré. Cf. alcoolisation et alcool.
Prononc. ET ORTH. − 1. Forme phon. : [alkɔlize]. Warn. 1968 et Pt Rob. indiquent en outre une prononc. disyllabique du groupe -oo-, respectivement comme var. princ. et comme var. second. − Rem. Antérieurement à Passy 1914, tous les dict. à l'exception de Fér. 1768 indiquent la prononc. disyllabique. Enq. : /alkoliz/. Conjug. parler. 2. Forme graph. − Une forme alcoholiser apparaît pour la dernière fois ds Gattel 1841. Fér. 1768 écrit alcoliser.
Étymol. ET HIST. − 1. 1620 « rendre (un liquide) alcoolique par production ou addition d'alcool » (J. Beguin, Les Elemens de Chymie ds Fr. mod., t. 14, p. 285 : alcolizé); 1636 « id. » (E. de Clave, ds Delb., Rec. ds DG : Eau de vie alcoholisee), d'où av. 1892 fig. « rendre (qqn) alcoolique » (Guérin, Dict. ds Fr. mod., t. 16, p. 60 : alcooliser, rendre alcoolique); 2. 1701 « réduire en poudre » (Fur. Alkooliser : subtiliser; reduire un corps en une poudre très-subtile, et presque impalpable) [Quem. indique : 1680, Rich. t. 1, or le terme figure seulement dans l'éd. de 1710]. − 1863, Littré. Dér. de alcool* étymol. 2 pour le sens 1; et de alcool* étymol. 1 pour l'emploi 2; suff. -iser*.
STAT. − Fréq. abs. litt. : 3.
BBG. − Bél. 1957. − Caput 1969. − Fér. 1768 (s.v. alcoliser).Lasnet 1970. − Littré-Robin 1865. − Mont. 1967. − Nysten 1814-20. − Prév. 1755 (s.v. alcoliser).Thomas 1956 (s.v. alcoolique).