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-ESSE2, suff.
Suff. marquant le féminin.
A.− [-esse s'ajoute à un subst. ou un adj.]
1. Le dér. en -esse s'oppose à un subst. masc. désignant une pers. ou un animal.
a) Il désigne la femme exerçant la même fonction ou ayant le même titre que la pers. de sexe mâle ou, plus except., l'épouse : abbesse, chanoinesse, dogaresse, duchesse, hôtesse, mairesse, maîtresse, notairesse, pairesse, papesse, prêtresse, princesse, prophétesse.
Rem. Diaconesse est un empr. au latin.
b) Il désigne l'être de sexe fém. : bougresse (au fig.), diablesse, faunesse, gonzesse (péj.).
c) Il désigne un métier, une profession : doctoresse, contremaîtresse.
Rem. En dehors de ces deux mots, les fém. en -esse sont considérés comme des formations marginales ou marquées péjorativement :
auteuresse .« Néol. et littér. » (voir ds TLF, t. 2 un ex. de Montesquiou en 1921)
cheffesse .« Ce néologisme populaire (...) paraît surtout employé par plaisanterie » (Lar. Lang. fr.); marqué « fam. » par TLF pour le sens « femme dirigeant un service [dans une administration] »
clownesse .« Se rencontre chez Huysmans, en un sens fig. et péj. » (TLF, s.v. clown)
ministresse .« Fam. Femme d'un ministre » (Lar. Lang. fr.). Il répond parfois aux épigrammes de son ministre, et la ministresse l'admire (Stendhal, L. Leuwen,t. 2, 1835, p. 303).Au sens de « femme ministre », p. plaisant. Les ministresses de l'agriculture ou des colonies (Giraudoux, Bella,1926, p. 43)
peintresse .« Le fém. peintresse n'est plus employé, sinon par plaisanterie » (Lar. Lang. fr., s.v. peintre)
poétesse .« Poétesse tend à devenir péjoratif. On dira : cette femme est un grand poète » (Pt Rob.).
d) Le dér. en -esse désigne la femelle d'un animal : ânesse, bufflesse, tigresse.
Rem. Singesse est employé au fig. pour désigner une femme laide ou une femme à manières. [Les unes] du genre volaille, les autres du genre petite singesse (Montherl., Pte Inf. Castille, 1929, p. 602).
2. Le dér. en -esse s'oppose à un terme qui est à la fois adj. et subst. et qui a donc les deux genres (un/une sauvage). Le suff. -esse marque la catégorie du subst. et le genre fém. : borgnesse, drôlesse, ivrognesse, mulâtresse, négresse, pauvresse, sauvagesse, suissesse, traîtresse.
Rem. 1. Traîtresse peut cependant être employé comme adj. 2. Pour devineresse, la tradition lexicographique présente le mot tantôt comme le fém. de devin (cf. TLF, s.v. devin), tantôt comme le fém. de devineur. 3. Patronesse, vivant surtout comme adj. dans dame patronesse, est un empr. à l'anglais.
B.− -eresse comme fém. s'opposant au masc. -eur
1. [La base est à la fois adj. et subst. et a aussi un fém. en -euse (sauf vengeur) : ] charmeur/-euse/-eresse; chasseur/ -euse/-eresse; enchanteur/-euse/-eresse; vengeur/-eresse.
Rem. Le fém. en -esse est marqué stylistiquement comme littér. ou poétique, surtout lorsque le dér. est employé comme adjectif.
2. [La base est un subst. désignant une pers. et n'a que le fém. en -esse; les mots appartiennent au vocab. jur., sauf pécheur :] acquéreur/-esse; bailleur/-eresse; défendeur/ -eresse; demandeur/-eresse; pécheur/-eresse.
Rem. Dans le cas de acquéresse, il y a eu haplologie : acquéreresseacquéresse.
Prononc. : [-εs]. Fér. 1768 et Crit. t. 1 1787 font une différence de longueur entre -esse (lat. vulg. -ǐssa) dans abbesse, professe, confesse, presse, compresse, expresse, il professe qu'ils transcrivent [ε:s] et -esse (lat. -ǐtia, confondu avec -icia) dans tendresse, paresse, caresse, etc. qu'ils transcrivent [εs] comme -èce dans Grèce. Ils soulignent que -esse [ε:s] et èce [εs] ne doivent pas rimer bien qu'on rencontre cesse/Grèce dans Racine.
Étymol. et Hist. A.− Le suff. ou la termin. fém. -esse ,,remonte au latin ecclésiastique -issa, qui l'avait emprunté au grec pour former surtout des noms de dignités : abbatissa (abbesse), diaconissa, sacerdotissa; on l'étendit à des noms sans féminin étymologique comme comte, duc, prince : comtesse, duchesse, princesse`` (Lar. Lang. fr., s.v. genre, p. 2210, col. 2). B.− -eresse résulte de l'addition du suff. -esse à des empr. en -ator dont le cas régime a donné -eur et le cas suj. -ere : enchantere < incantator, pechere < peccator. ,,L'addition au cas sujet du suffixe -esse a produit enchanteresse, pécheresse, d'où résulta par fausse coupe le suffixe -eresse, confondu avec le vieux suffixe -erece, féminin de -erez (lat. -aricius/-aricia?), lequel n'a laissé d'autre vestige en français commun moderne que, par une autre confusion de suffixes, les diminutifs couperet et guilleret. Comme suffixe de féminin, -eresse fut très employé au Moyen Âge pour tous les mots en -eur issus de -atorem (aideresse, chanteresse, danseresse), puis étendu à quelques autres mots (clergeresse, diableresse, mireresse) et à des adjectifs (flateresse, vainqueresse chez R. Garnier); il subit au xvies. la concurrence, bientôt victorieuse, du suffixe -euse`` (ibid.).
BBG. − Boel (E.). Le genre des n. désignant les professions et les situations féminines en fr. mod. R. rom. 1976, t. 11, pp. 26-29. − Darm. 1877, pp. 100-101. − Dub. Dér. 1962, p. 106. − Connors (K.). Studies in feminine agentives in selected European languages. Rom. Philol. 1971, t. 24, pp. 573-598. − Lew. 1960, pp. 43-45, 346-347. − Stehli (W.). Le Lang. des femmes. Orbis. 1953, t. 2, pp. 7-18. − Meyer-Lübke (W.). Historische Grammatik der französischen Sprache. II.2. Heidelberg, 1966, § 51, 52.