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ÉBOUILLANTER, verbe trans.
A.− Plonger quelques instants dans l'eau bouillante. On a coutume d'ébouillanter le blé de semence (Pesquidoux, Chez nous,1921, p. 38).À Zanzibar, à la Réunion et à Madagascar. Après cueillette, le girofle est ébouillanté puis exposé à la fumée d'un feu de bois et enfin séché au soleil avant d'être expédié (Brunerie, Industr.,1949, p. 105):
1. ... on a construit des chaudières de modèles divers ayant pour but d'avoir de l'eau suffisamment chaude pour ébouillanter les pyrales dans les vignes. Brunet, Le Matériel vinicole,1925, p. 344.
B.− P. ext.
1. CUIS. [Le compl. désigne un aliment] Plonger quelques instants dans l'eau bouillante pour raffermir, éplucher, etc. Elle ébouillantait une tête de veau (Pourrat, Gaspard,1930, p. 192).Les placards regorgeaient de conserves, de poudres magiques, de riz-minute qu'il suffit d'ébouillanter : en un quart d'heure j'avais dîné (Beauvoir, Mandarins,1954, p. 526).
Région. (Canada). Ébouillanter du thé. L'infuser (cf. Canada 1930; Dionne 1974).
2. [Le compl. désigne un ustensile, un récipient] Laver à l'eau bouillante ou à la vapeur. Ébouillanter une théière; un récipient préalablement ébouillanté. Il faudrait tenir votre cruche bien propre, l'ébouillanter (Bernanos, Journal curé camp.,1936, p. 1124):
2. Il n'y a pas longtemps, certains restaurants affichaient : « ici, le couvert est ébouillanté. » Mais peu à peu, ils ont renoncé à toute publicité puisque les clients étaient forcés de venir. Camus, La Peste,1947, p. 1315.
3. [Le compl. désigne une pers. ou un animal] Brûler avec de l'eau bouillante. Il y eut un cri. On crut Gervaise ébouillantée. Mais elle n'avait que le pied gauche brûlé légèrement (Zola, Assommoir,1877, p. 397).Le lait se répandit, qui les [chats] ébouillanta (Lorrain, Contes chandelle,1897, p. 64).
Emploi pronom. réfl. indir. [L'obj. dir. désigne une partie du corps] Se brûler avec un liquide bouillant. Il [Turandot] commença par s'ébouillanter une main (Queneau, Zazie,1959, p. 242).
Rem. 1. On rencontre ds la docum. un emploi intrans. équivalant à « bouillir d'impatience, de colère ». J'ébouillantais dans mon veston (Céline, Mort à crédit, 1936, p. 363). 2. Lar. 20eet Quillet 1965 enregistrent le terme ébouillanteur, subst. masc. ou ébouillanteuse, subst. fém. ,,Machine, ustensile au moyen desquels on pratique l'ébouillantage``, notamment ,,l'ébouillantage des échalas, des souches de vigne, des pieds d'arbres, etc., pour les débarrasser des parasites`` (Lar. 20e).
Prononc. et Orth. : [ebujɑ ̃te]. Ds Ac. 1932. Étymol. et Hist. 1836 (Manuel du provençal ou les Provençalismes corrigés ds Fr. mod. t. 13, p. 127); 1877 part. passé adj. (Zola, loc. cit.); en partic. 1838 « tremper les cocons dans l'eau bouillante pour tuer les chrysalides » (Ac. Compl. 1842). Dér. de bouillant, part. prés. de bouillir*; préf. é-*, peut-être sur le modèle du prov. esbouienta, esbulhenta, spéc. esbouienta li coucoun (Mistral). Fréq. abs. littér. : 18.
DÉR. 1.
Ébouillantage, subst. masc.Action de traiter par l'eau bouillante ou par la vapeur. L'ébouillantage des légumes. Aussitôt après les vendanges c'est-à-dire à la fin du mois d'octobre on s'occupe de l'ébouillantage des échalas (Brunet, Mat. vinic.,1925, p. 357). [ebujɑ ̃ta:ʒ]. 1reattest. 1876, 29 janv. ébouillantage ou badigeonnage des ceps (Dumas, Journ. offic., p. 875, 3ecol. ds Littré Suppl.); du rad. de ébouillanter, suff. -age*.
2.
Ébouillantement, subst. masc.Synon. de ébouillantage.Il est indispensable de procéder à l'ébouillantement des effets (Nicolle, Conseil dsNouv. Traité Méd.,fasc. 2, 1928, p. 532).Les hésitations (...) de l'infortuné Gütlight à se laisser rééchauder, la peau encore toute pelée des ébouillantements récents (Courteline, Linottes,1912, VI, p. 89). 1reattest. 1912 id.; du rad. de ébouillanter, suff. -(e)ment1*.