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ÉCLATEMENT, subst. masc.
A.− Domaine de la sensation
1. Fait de se briser avec violence, soudaineté, sous l'influence d'une pression, d'un choc ou d'un changement de température, en projetant des fragments. L'éclatement des murs qu'on enfonce (Claudel, Poèmes guerre,1916, p. 553):
1. Les rafales de mitrailleuses, l'éclatement des balles explosives, le sifflement aigu des obus... Malraux, L'Espoir,1937, p. 802.
Au fig. et p. exagér. [En parlant d'une pers. ou d'une partie d'une pers.] Une hypertrophie de joie lui gonflait le cœur [Marchenoir], jusqu'à l'éclatement de sa poitrine (Bloy, Désesp.,1896, p. 302).
2. P. anal. Bruit subit et violent analogue à quelque chose qui éclate. L'orage renaissait, se déchaînait dans un vacarme d'éclatements rageurs (Aymé, Vouivre,1943, p. 65).La France a entendu le canon de Toulon, l'éclatement des explosions, les coups de fusil désespérés (De Gaulle, Mém. guerre,1956, p. 419).
P. métaph. Il sait que vont retentir des éclatements de trompettes (Béguin, Âme romant.,1939, p. 367).
P. ext., rare et littér. Manifestation violente et soudaine d'un sentiment. Synon. éclat.Une torpeur interrompue par des éclatements de colère (Arnoux, Rhône,1944, p. 208).
3. P. ext. Fait de s'ouvrir, de se fendre brutalement, avec ou sans bruit. Éclatement d'un abcès, d'un kyste, des bourgeons. Un claquement bref, un éclatement de pneu, l'interrompit net (Martin du G., Thib.,Été 14, 1936, p. 549).De nombreux champignons sont parasites des végétaux, citons : l'oïdium de la vigne qui provoque l'éclatement et le pourrissement du raisin (Camefort, Gama, Sc. nat.,1960, p. 342).
B.− Au fig.
1. [À propos de choses concr. ou abstr.] Dispersion, fragmentation d'un ensemble en plusieurs éléments. L'éclatement du grand marché central et le transfert des fonctions bouchère, maraîchère... à divers points de la périphérie (M. 7.12.66 ds Gilb.1971).C. et B. ports d'éclatement où de « petits » pétroliers viendraient décharger les navires mammouths (E. 19.12.66, ds Gilb.1971).Ce qui est troublant, à notre époque, c'est une sorte d'éclatement de la morale en plusieurs morales différentes et parfois opposées (E. 3.11.69, ds Gilb.1971).
2. [À propos d'un groupe humain (pol., soc., etc.)] Division, séparation consécutive à une mésentente. À la menace d'un éclatement entre la gauche et la droite, le centre essaie de répondre en se donnant une cohésion qu'il n'a jamais connue (M. 17.7.64 ds Gilb.1971).La perspective d'un éclatement du cabinet s'éloignait à l'horizon (De Gaulle, Mém. guerre,1959, p. 278).
Spéc., PHILOS. SARTRIENNE. Fait de sortir de soi, d'effectuer un mouvement vers l'objet (cf. éclater IA3) :
2. Husserl voit dans la conscience un fait irréductible qu'une image physique ne peut rendre. Sauf, peut-être, l'image rapide et obscure de l'éclatement; connaître, c'est « s'éclater vers » s'arracher à la moite intimité gastrique pour filer, là-bas, par delà soi, vers ce qui n'est pas soi... Sartre, Situations I,1947, p. 32.
Prononc. et Orth. : [eklatmɑ ̃]. Ds Ac. 1932. Étymol. et Hist. 1. 1553 esclatement « action d'éclater » (Albert, Architecture, trad. J. Martin, 26b ds Rom. Forsch., t. 32, p. 51), rare av. le xixes.; 1907 d'un pneu (Nouv. Lar. ill. Suppl.); 2. 1941 ou fig. ( Œuvre, 19 nov. : l'« éclatement des Halles »). Dér. au rad. de éclater*; suff. -ment1*. Fréq. abs. littér. : 165. Bbg. Termes techn. fr. Paris, 1972, p. 19.