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TRAPU, -UE, adj.
A. −
1. [En parlant d'êtres vivants] Petit, large, ramassé et donnant une impression de force et de robustesse. Synon. court1, courtaud, épais, massif, râblé.Silhouette trapue; enfants trapus. Denis, depuis vingt ans dans la maison, petit homme trapu et jovial (Maupass., Contes et nouv., t. 2, Denis, 1883, p. 844).La race pure des néolithiques proprement dits a été reconnue à Grenelle et en Belgique. Elle constitue le type alpin, brachycéphale (c'est-à-dire à crâne court par rapport à sa largeur), de taille moyenne, au corps trapu et à la face ronde (S. Blanc, Init. préhist., 1932, p. 20).
2. [En parlant de choses] Qui a des formes courtes, lourdes et ramassées. L'olivier trapu au feuillage vert-de-gris (Maupass., Contes et nouv., t. 1, Sœurs R., 1884, p. 1257).Des montagnes trapues s'élèvent sur de larges bases (Vidal de La Bl., Tabl. géogr. Fr., 1908, p. 188).L'église (...) élevant avec effort vers le ciel ses deux tours trapues vibrantes de cloches et que le vent n'ébranlait pas (Faure, Hist. art., 1912, p. 272).
B. − Arg. scol., fam.
1. Qui a de solides connaissances, calé. Être trapu en latin; élève trapu en math (Esn. 1966).
2. Difficile, ardu. Un thème, un problème trapu; un bisness trapu (Esn. 1966).
Prononc. et Orth.: [tʀapy]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. a) 1555 « court et large, ramassé sur soi-même » (J. Perion, Dialogorum de linguae gallicae origine ejusque cum graeca cognatione libri quatuor, p. 65b cité par Chr. Schmitt ds Mél. Baldinger (K.), 1979, p. 598: hinc brevem hominem trape, et trapu vocamus); 1580 (L. Trippault, Celt-hellénisme, p. 287 ds H. Bursch, Die lateinisch-romanische Wortfamilie von *interpedare, Bonn, 1978, p. 175: trape, ou trapu); 1584 (E. Du Monin, L'Uranologie, 74a ds Fr. mod. t. 6, p. 176: leur corps trapu, mal raboté); b) 1831 en parlant de choses « ramassé, massif » (Michelet, Journal, p. 94); 2. a) 1886 arg. scol. « fort, doué » (s. réf ds Esn.: trapu en math); 1888 (Richepin, Césarine, p. 19: Heurtault [...] a la réputation d'un trapu en x [...] [femme] plus trapue en x que des candidats à Polytechnique); b) 1890 « difficile, ardu » (s. réf. ds Esn.: un thème trapu). Dér., au moyen du suff. -u*, du m. fr. trap(p)e « trapu, ramassé, gros et court » (xives. [date du ms.] Anticlaudianus BN 1634, fo47 rods Gdf.: et trappe estoit toute croustee [mot douteux, la lecture crappe « crasse, salissure » semble préférable]; 1505, Gringore, Les Folles entreprises ds Œuvres, éd. Ch. d'Héricault et A. de Montaiglon, t. 1, p. 47: cuisses trappes), empl. jusqu'au déb. du xviiies., d'orig. inc. (FEW t. 21, p. 283b). Selon Guir. Lex. fr. Étymol. obsc. 1982, trapu serait dér. d'« une forme trape qui désignerait une partie du corps (cf. ventru, bossu, etc.); il s'agit sans doute de tarpe « grosse patte, grosse main » ». La forme trape, répandue dans les dial. fr.-prov. et fr.-comtois, est att. dep. 1360 en a. bernois au sens de « patte (d'ours) » (ds Pierreh., s.v. taupe « patte, surtout patte d'ours; patte au sens de grosse main ») et serait issue d'un rad. prélat. *talpa « patte » (FEW t. 13, 1, p. 65). D'apr. H. Bursch, op. cit., pp. 174-179, repris ds Baldinger Etymol. 1 1988, no814, trapu et trape sont dér. du m. fr. trapper « couper, tailler » (av. 1525, Jacomin Husson, Chron. de Metz, éd. H. Michelant, p. 182 ds Romania t. 35, p. 414: trapper (les vignes)), issu d'un étymon b. lat. *interpedare/*(in)trapedare dont l'un des sens était « couper, amputer, tronquer », et qui a fourni dans les lang. rom. des dér. désignant un billot, une souche d'arbre, et p. anal., un homme trapu, ramassé. Fréq. abs. littér.: 355. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 199, b) 666; xxes.: a) 565, b) 642. Bbg. Meier (H.). Lat.-rom. Etymologien. Wiesbaden, 1981, p. 40. − Schmitt (Ch.). Gräkomane Sprachstreitschriften als Quelle für die frz. Lexikographie. In: [Mél. Baldinger (K)]. Tübingen, 1979, p. 598.