Police de caractères:

Surligner les objets textuels
Colorer les objets :
 
 
 
 
 
 

Entrez une forme

options d'affichagecatégorie :
TOURNEBOULER, verbe
A. − Empl. trans., fam.
1. [Le compl. d'obj. désigne une pers. ou l'un de ses attributs] Retourner, bouleverser, troubler profondément quelqu'un, lui faire perdre la raison, l'esprit. Tournebouler l'entendement, les esprits, la tête, les sens (de qqn). Ce qui me fait penser, vieux frère, que la politique est en train de te tournebouler la cervelle, c'est que tu te lances dans des généralisations aventurées. Un mauvais ouvrier n'est qu'un mauvais ouvrier, rien de plus (Duhamel, Combat ombres, 1939, p. 55).
2. Empl. pronom.
a) Se tournebouler le cerveau, la cervelle, l'esprit. Synon. fam. se triturer les méninges (v. méninge B), se casser * la tête, se torturer l'esprit.Je suis loin d'estimer qu'on doit se tournebouler le cerveau pour faire des phrases curieuses (Léautaud, Journal littér., 1, 1906, p. 309).
b) Se tournebouler pour (qqn). S'inquiéter, se tracasser pour (quelqu'un). Évariste, pour lequel je me morfonds et me tourneboule si ridiculement, se moquerait bien de moi si jamais il se doutait de cette fidélité de chien (...) de toutes les idées qui m'ont passé ou me passeront par la caboche (Arnoux, Algorithme, 1948, p. 278).
3. Part. passé en empl. adj.
a) adj. attribut. M. Nivoloz était trop hagard et tourneboulé pour s'aviser de quoi que ce fût (Arnoux, Solde, 1958, p. 146).
b) adj. épith. L'auteur de l'article de l'Intransigeant dit que le succès fait par une coterie littéraire à Ubu roi a amené Jarry à se faire un personnage singulier, vivant avec un tabou, et écrivant des choses tourneboulées (Léautaud, Journal littér., 2, 1907, p. 74).Il s'endormait la tête toute tourneboulée (Queneau, Enf. du limon, 1938, p. 10).
ÉBÉN. Objet tourneboulé. Objet fait au tour. Empl. subst. masc. Les psycho-tortillons d'Hilde Vangel, de Brand, de Peer Gynt, de Rosmer, du vieux Solness, architecte des tours-maisons et des tourneboulés (...) ne nous en imposent plus (L. Daudet, Entre-deux-guerres, 1915, p. 187).
B. − Empl. intrans. Tourner en rond, sur soi-même, aller et venir. L'on eût dit dès lors qu'elle revenait d'un lointain voyage, un peu vieillie seulement (...) mais toujours active, tourneboulant (Estaunié, Bonne dame, 1891, p. 40).
P. métaph. Vous m'écrasez (...) de la hauteur des milliers de pieds cubes de l'atmosphère intellectuelle dans laquelle vous planez, vous gravitez, vous tourneboulez (Goncourt, Journal, 1872, p. 854).
REM.
Tourneboulant, -ante, part. prés. en empl. adj.,fam. [Corresp. à supra B] Gianni apparaissait comme le centre et l'axe du mouvement giratoire de toutes ces machines tourneboulantes (E. de Goncourt, Zemganno, 1879, p. 57).
Prononc. et Orth.: [tuʀnəbule], (il) tourneboule [-bul]. V. tourner. Étymol. et Hist. 1566 trans. et pronom. « bouleverser, tourner et retourner » (Du Pinet, Pline, II, 38, VIII, 45 ds Hug.), att. au propre et au fig. jusqu'au déb. du xviies. (v. Hug.), repris dans la lexicogr. dep. Boiste 1803 (qui cite Montaigne). Altér., d'apr. boule* de l'a. fr. tourneboeler att. au xiiies. au sens de « tourner la tête » (fig.). (Des Taboureurs ds Jongleurs et trouvères, 164 ds T.-L.), dér. de tourneboele, tournebouele « culbute » att. dans l'expr. faire la tourneboele du xiieau xves. (v. T.-L. et Gdf.), lui-même comp. de tourne, forme verbale de tourner* et de l'a. fr. buele « entrailles » (v. boyau), v. FEW t. 13, 2, p. 70.
DÉR.
Tourneboulage, tourneboulement, subst. masc.,fam. État de trouble, de déraison, de dérangement passager de l'esprit. Le vent, l'étape, le dessin ferme vous ont guéri des billevesées, des mélancolies et des tourneboulements (Arnoux, Rhône, 1944, p. 148).Il devenait épouvantable. Son tourneboulage, son envie d'homme (...) le rendaient (...) comment vous dire? insubissable (Genevoix, Assassin, 1948, p. 121). [tuʀnəbula:ʒ], [-lmɑ ̃]. V. tourner. 1resattest. a) 1889 tourneboulage (A. Daudet d'apr. Rob. 1985), 1948 (Genevoix, loc. cit.), b) 1944 tourneboulement (Arnoux, loc. cit.); de tournebouler, a suff. -age*, b suff. -ment1*.