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REMORQUER, verbe trans.
A. −
1. MAR. Traîner un bâtiment dépourvu de moyen de propulsion à l'aide d'une remorque. Remorquer en flèche, en arbalète, en pointe. De Malte une superbe frégate anglaise nous a escortés et même remorqués jusqu'ici (Lamart.,Corresp.,1832, p. 294).Nous remorquons d'abord une cange de provision (Fromentin,Voy. Égypte,1869, p. 51).
2. NAV. FLUVIALE. Faire avancer un bateau en le tirant à partir du bord par un câble. Synon. haler.En remorquant un bateau, des buffles bruns laissent tomber dans ses flots [du Tibre], comme un fardeau, leur ombre velue (Quinet,All. et Ital.,1836, p. 177).De l'autre côté du Rhin, au pied d'une longue et sombre colline, treize chevaux remorquaient lentement un autre bateau qui les aidait de ses deux grandes voiles triangulaires enflées au vent du soir (Hugo,Rhin,1842, p. 107).
Au part. passé avec valeur d'adj. Nous longeons un canal où passent des navires remorqués et des bateaux qui reviennent d'Amsterdam (Du Camp,Hollande,1859, p. 152).
B. − P. ext.
1. Traîner derrière soi un véhicule ou un objet auquel on est attaché et qui ne se déplace pas par lui-même. Dans certains cas, aussi, on utilisa des avions remorquant une boucle magnétique à la surface de la mer (Le Masson,Mar.,1951, p. 55).La société du chemin de fer (...) imposa aux machines concurrentes de parcourir 116 kilomètres en remorquant une charge de 20 tonnes à 16 kilomètres à l'heure (P. Rousseau, Hist. techn. et invent.,1967, p. 261).
2. P. anal. Faire avancer quelqu'un ou quelque chose en le tirant. Marion se présenta remorquant à travers la première pièce le grand et gros Kolb (Balzac,Illus. perdues,1843, p. 606).Tandis que je le remorquais au long du sentier escarpé, un rameur nous a vus et m'a fait signe de venir dans sa barque (Gide,Carnets Égypte,1939, p. 1072).
P. métaph. Tout me lasse: je remorque avec peine mon ennui avec mes jours, et je vais partout bâillant ma vie (Chateaubr.,Mém., t. 1, 1848, p. 337).L'amour du Christ est premier; il doit remorquer mes études théoriques, non l'inverse (Malègue,Augustin, t. 1, 1933, p. 250).
Au part. passé. L'autre un colérique et haineux prêtre (...) remorqué par les saint-simoniens, et ne sachant où il va (Vigny,Journal poète,1835, p. 1033).
Au fig. Entraîner à sa suite. En continuant votre promenade dans l'église, toujours remorqué par le bedeau, vous arrivez à la grille du chœur (Hugo,Rhin,1842p. 102).
Prononc. et Orth.: [ʀ əmɔ ʀke], (il) remorque [-mɔ ʀk]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1478 « traîner à sa suite par un système d'attelage » ici, en parlant d'un bateau (Comptes du roi René, éd. Arnaud d'Agnel, t. 1, p. 172); 1751 p. ext. « traîner à sa suite » (une personne) (Caylus, Les Etrennes de la Saint-Jean ds Œuvres badines, t. 10, p. 441: il saisit Eulalie par ses beaux cheveux, qui flottaient au gré des eaux [...] il la remorqua jusque sur la rive, et la fit echouer sur un gazon). Empr. à l'ital.rimorchiare « remorquer », att. dep. 1431 (Viag. di P. Quirino ds Jal1, s.v. belingiero), issu d'un lat. vulg. *remulculare, forme élargie de remulcare (att. chez Sisenna, 70 av. J.-C., et dans une gl. du viiies., v. FEW t. 10, p. 246a), dér. de remulcum « câble de remorquage ». Le m. fr. remocquer, att. en 1449 (René d'Anjou) et en 1495 (v. Gdf. Compl.) est empr. à l'a. prov. remocar (Floretus, xive-xves. ds Levy Prov.); remolquer, att. de 1541 (Granvelle) à 1660 (Oudin; v. FEW t. 10, p. 245b) est empr., peut-être par l'intermédiaire de l'esp., au cat. remolcar, att. dep. 1258 (doc. lat. médiév. ds Jal1, s.v. ormejare); l'a. prov. et le cat. sont tous deux issus du lat. remulcare. V. Vidos, pp. 559-562, et Hope, p. 219. Fréq. abs. littér.: 78. Bbg. Spitzer (L.). Z. fr. Spr. Lit. 1917, t. 44, p. 219.