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RELIGIEUX, -EUSE, adj. et subst.
I. − [Corresp. à religion I]
A. − De religion, de la religion; qui est relatif, qui appartient à la religion ou à une religion. M. B. me disait que le sentiment religieux l'avait enlevé au stoïcisme. Ce sentiment religieux est le principe du véritable amour: quand on aime avec toutes les facultés de ses deux natures, il n'y a plus de combat de la volonté contre l'affection (Maine de Biran,Journal,1821, p. 340):
1. Un sentiment puissant de l'Évangile peut éloigner du catholicisme: c'est le cas des protestants. Un sentiment puissant de l'ordre catholique peut éloigner de l'Évangile: c'est le cas de M. Maurras. Le sentiment religieux est donc une chose et la croyance religieuse une autre, et les rapports de l'un à l'autre prennent des formes complexes et variées. Thibaudet,Réflex. litt.,1936, p. 130.
Empl. subst. masc. sing. à valeur de neutre. Le phénomène religieux, ce qui est du domaine de la religion. Il me dit: « Oui, mais cela, c'est mystique », avec la nuance de blâme qu'il attache toujours à ce mot, et témoignant ainsi de cet arrière-fond dressé contre le religieux, de ce que Gide appelle chez lui le côté anticlérical (Du Bos,Journal,1926, p. 19).V. intra-mondain, s.v. intra I A 1 g ex. de Philos., Relig.
[Appliqué à une pers.] Magistrat religieux (v. maître1I A 3 ex. de Guizot); législateur religieux (v. législateur I A 1 b ex. de P. Leroux); chefs religieux. Voilà des analogues bien caractérisés des fondateurs religieux de l'Orient (Renan,Avenir sc.,1890, p. 287).
SYNT. Le phénomène, le fait, le problème religieux; les choses, les formes religieuses; dogmes, mystères, principes, systèmes religieux; conceptions, convictions, doctrines, idées, opinions, vérités religieuses; culte religieux; actes, devoirs, exercices, offices, rites religieux; pratiques religieuses; éducation, instruction religieuse; instinct, sens religieux; sensibilité religieuse; indifférence, inquiétude religieuse; exaltation, ferveur religieuse; enthousiasme, fanatisme religieux; tolérance, intolérance religieuse; guerres, luttes religieuses; liberté religieuse.
[P. oppos. à politique, à civil, à laïque] Pouvoir religieux. Paris fût devenu la capitale du monde chrétien, et j'aurais dirigé le monde religieux ainsi que le monde politique (Las Cases,Mémor. Ste-Hélène, t. 1, 1823, p. 1046).Le ban et l'arrière-ban de la famille Rezeau ont été convoqués, ainsi que les autorités constituées, civiles et religieuses, de la région (H. Bazin, Vipère,1948, p. 235).V. civil I B 2 b ex. de About.
Année religieuse. [P. oppos. à année* civile] ,,Année ecclésiastique qui commence au premier dimanche de l'Avent et finit au dernier dimanche après la Pentecôte`` (DG). Synon. année liturgique.[Le Vatican] déclina l'offre de prendre l'initiative de la réforme, en déclarant ne pas faire, en principe, d'objection à une révision du calendrier civil qui lui laisserait le soin de l'année religieuse (Chauve-Bertrand,Question calendrier,1920, p. 104).
Qui relève d'une institution religieuse, d'un pouvoir religieux. [P. oppos. à civil] Enterrement religieux. Un mariage religieux, un mariage à l'église, on pourra encore faire digérer ça à mes électeurs (A. France,Île ping.,1908, p. 351).[P. oppos. à laïque et à public] L'Enseignement religieux (synon. confessionnel); écoles religieuses. Les surintendantes les dirigent [des enfants] alors vers des colonies laïques ou religieuses, suivant le désir des parents (Becquet,Organ. loisirs travaill.,1939, p. 235).
[P. oppos. à profane et à civil] Cérémonies, fêtes religieuses, monuments religieux. La France n'était pas ruinée à la fin du XIIIesiècle, pendant lequel elle reconstruisit tous les édifices civils et religieux sur des données entièrement neuves (Viollet-Le-Duc, Archit.,1863, p. 491).
[P. oppos. à profane] Le domaine, l'ordre religieux; art religieux; sujet religieux; histoire, littérature, musique, poésie, peinture religieuse; danses religieuses. Ainsi finirait cette opposition ridicule d'éducation religieuse et de science profane, de spirituel et de temporel (Proudhon,Syst. contrad. écon., t. 1, 1846, p. 122).Nadau, en Armagnac Noir, est pour les paysans la fête traditionnelle par excellence. Elle comporte deux réjouissances, l'une religieuse, la messe de minuit, l'autre profane, le réveillon (Pesquidoux,Chez nous,1923, p. 111).
[P. méton.; en parlant d'une pers. (auteur, artiste)] Dont les œuvres traitent de sujets religieux. Ècrivains, poètes religieux. Delacroix n'est pas croyant. Il sera pourtant le grand peintre religieux du siècle, parce qu'il voit dans le Christ l'image même des lumières dont il s'est mis en quête (Huyghe,Dialog. avec visible,1955, p. 339).
B. − [Appliqué à une pers. (ou à une collectivité), à un attribut, au comportement de la pers.; p. oppos. à areligieux, irreligieux, athée, incroyant, incrédule, impie]
1. Qui a une religion. Les milieux religieux. Quand les gouvernants de la France proscrivaient toute religion, les gens religieux regardaient comme leur ami quiconque ne voulait pas de persécution contre les fidèles (Constant,Journaux,1804, p. 132).On ne peut exposer l'histoire de Luther sans évoquer ce qu'étaient devenues la piété catholique et la théologie nominaliste à la fin du XVesiècle, ni celle de la France religieuse du XVIIesiècle sans montrer comment a pu se préparer l'explosion de la Régence et l'irréligion triomphante du XVIIIe(Marrou,Connaiss. hist.,1954, p. 46).
2. Qui répond aux exigences de la religion ou d'une religion par des sentiments, des pratiques de piété; qui a ou qui manifeste le sens du divin, du sacré. Être religieux, très religieux; cœur, esprit religieux; attitude, nature religieuse; dispositions religieuses; l'homme est un animal religieux. Je dis à Maurice de s'adresser à Dieu comme un bon et pieux chrétien. Il est religieux et se plaint! Oh! s'il pouvait prier, si je savais qu'il le fît! Dites-lui qu'on n'est pas religieux sans prière (E. De Guérin,Lettres,1835, p. 92).Une série d'analyses m'ayant démontré que, d'une part, il n'est pas impossible qu'un théologien éminent manque tout à fait de vie religieuse, que, d'autre part, il se rencontre des âmes profondément religieuses qui manquent tout à fait de théologie, je conclus sans hésiter de ces deux séries extrêmes d'expériences, que religion et théologie cela fait deux (Bremond,Poés. pure,1926, p. 35).
En partic., adj. et subst. [Chez les Juifs] Pratiquant. [En Israël] ceux qu'on appelle les « religieux » aspirent à l'établissement d'un régime où le Pentateuque (...) aura force de loi (M. Catane, Qui est Juif, Paris, R. Laffont, 1972, p. 98).La majorité de la judaïcité (...) serait sans doute prête à accorder à MmeNeher-Bernheim que le juif religieux est « le seul juif solide », auquel le ritualisme « permet de se sentir d'une manière singulièrement émouvante lié à ses ancêtres les plus proches et les plus lointains » (D. Schnapper, Juifs et israélites, Paris, Gallimard, 1980, p. 138).
[P. méton.]
[Appliqué à une production de l'activité humaine] Qui est empreint d'esprit religieux. Le style roman est aussi religieux que le style ogival, mais d'une autre manière (Ch. Blanc, Gramm. arts dessin,1876, p. 278).Ce serait inouï de faire avaler, à force d'art, une œuvre aussi spéciale, aussi profondément religieuse (Bloy,Journal,1892, p. 52).Si la scolastique eût été plus augustinienne, elle eût été plus religieuse et par conséquent plus vraie (Gilson,Espr. philos. médiév.,1931, p. 16).
P. anal. [Souvent antéposé] Qui semble inspiré par des sentiments religieux ou qui est propre à en inspirer.
[En parlant de certains sentiments, de certaines attitudes] Admiration religieuse, religieuse admiration; attention religieuse; respect religieux; crainte religieuse. Si devant la grandeur du mystère partout répandu l'on sent comme un frisson de religieuse horreur, vite on s'abrite derrière les épaisses certitudes des sens (Blondel,Action,1893, p. 4).J'ai toujours aimé les bêtes; mais alors elles m'inspiraient de la vénération et une sorte de terreur religieuse (A. France,Pt Pierre,1918, p. 42).La « Consultative » m'écouta, dans une attention religieuse (De Gaulle,Mém. guerre,1956, p. 158).
[En parlant d'un phénomène physique ou moral] Une atmosphère, une paix religieuse; une religieuse atmosphère. Un silence austère et religieux s'établissait dans tous les salons pendant ces whists (...). Le jeu, tout modéré qu'il était, courbait toutes ces têtes, passionnait tous ces esprits d'hommes et de femmes dans un recueillement presque grotesque (Lamart.,Nouv. Confid.,1851, p. 79).Un assez vaste espace s'étend, sous les branches puissantes, largement étalées: l'ombre y est religieuse (Gide,Voy. Congo,1927, p. 813).
[Corresp. à religion I C 2; en parlant d'une pers., d'une modalité de son action] Qui manifeste de grands scrupules, une exactitude extrême (dans l'accomplissement de quelque chose). Des soins religieux. Je n'ai jamais vu d'artiste plus sérieux, plus consciencieux, plus religieux dans son art (Sand,Hist. vie, t. 4, 1855, p. 104).Un garçon boucher (...) mettait une rapidité vertigineuse et une religieuse conscience à mettre d'un côté les filets de bœuf exquis, de l'autre de la culotte de dernier ordre (Proust,Prisonn.,1922, p. 138).
II. − [Corresp. à religion II]
A. −
1. Subst. Personne qui a prononcé des vœux de religion (v. ce mot II A), qui s'est engagée à suivre une règle autorisée par l'Église. Radegonde, l'une des épouses du roi Chlother Ier, retirée alors à Poitiers dans un monastère qu'elle-même avait fondé, et où elle avait pris le voile comme simple religieuse (Thierry,Récits mérov., t. 2, 1840, p. 245).Commencement des expulsions de religieux. Bientôt il n'y en aura plus en France. Qu'adviendra-t-il des religieuses, et, un peu plus tard, des prêtres séculiers? Plus tard encore que fera-t-on des chrétiens laïques? (Bloy,Journal,1901, p. 70):
2. J'ai entendu parler d'un religieux que l'on avait laissé tout seul à la garde de son couvent, je ne me rappelle plus si c'était en France ou en Espagne, à l'une de ces époques où sévit la persécution. Il me semble après tout que ce n'était pas un religieux, ni même un oblat, mais plutôt un de ces chrétiens naturels et spontanés que l'on pourrait appeler un laïc... Claudel,Poète regarde Croix,1938, p. 142.
SYNT. Être, devenir, se faire religieux, religieuse; religieux profès; religieux à vœux simples; religieux cloîtré, mendiant; religieux solitaire (synon. anachorète, v. ce mot ex. 2 et ermite); religieux enseignant, garde-malade; religieuses hospitalières; les religieux de Saint Benoît, de Saint Augustin; les religieuses d'une abbaye, d'un couvent; les religieuses de Port-Royal.
[Dans des relig. autres que la relig. chrét.] Chez les peuples fervents de la Mongolie et du Thibet, on voit les laïques se mettre à genoux devant les religieux d'une sainteté reconnue, pour obtenir d'eux qu'ils veuillent bien agréer des offrandes. On estime l'ensemble des religieux et des religieuses dans le Thibet au cinquième, dans la Mongolie au tiers de la population totale (Lar. 19e).
2. Adjectif
a) De(s) religieux, de(s) religieuse(s); qui lui (leur) est propre. [Associé à un n. de chose] État religieux; vœux religieux (v. religion II A); habit, voile religieux, règle religieuse. La vie religieuse peut être soit contemplative (...) soit active (...) soit mixte (Nouv. Lar. ill.).[Un religieux] me parle des souffrances de la vie religieuse qui alternent avec le bonheur. Entre les deux, on est écartelé. (...) « La vie religieuse, ce n'est pas matines, les révérends pères, la procession avec le salve regina... On ne le sait pas, parce qu'on voit ces choses de l'extérieur » (Green,Journal,1946,p. 53)[Appliqué à un coll.] Chevalerie religieuse; communauté religieuse (v. communauté B 1); congrégation, maison religieuse (v. religion II B ex. de Marcel 1938). D'autres ordres ou instituts religieux tenaient collèges ouverts, mais on ne saurait les mentionner tous: bénédictins, joséphistes, lazaristes, minimes, etc. Tous ces collèges, religieux ou ecclésiastiques, s'ajoutaient aux collèges universitaires proprement dits (Encyclop. éduc.,1960, p. 16).V. isoler II A 2 a ex. de Carrel.
b) P. ext. Qui appartient au clergé; ecclésiastique. [En parlant d'une pers.] C'étaient des visites sans nombre de dames appartenant à d'autres monastères, de pèlerins laïques ou religieux, qui venaient s'y édifier [à Port-Royal] (Sainte-Beuve,Port-Royal, t. 4, 1859, p. 531).Dans l'islâm, les personnages religieux par excellence n'ont aucune qualité supra-naturelle qu'un laïc ordinaire ne posséderait pas. Il en va de même des rabbins, et − somme toute − des pasteurs (G.-H. Bousquet, Prat. rit. Islâm,1949, p. 113).[Associé à un n. abstr.] La vocation religieuse. Les uns veulent qu'on interdise le mariage au pauvre, de sorte qu'après avoir déclamé contre le célibat religieux, on propose un célibat forcé, qui nécessairement deviendra un célibat libertin (Proudhon,Propriété,1840, p. 281).
B. − P. anal.
1. COUT. Plis religieux ou à la religieuse; plissé religieuse. Plis plats, en groupes, très fins et dépassant les uns sur les autres. Jupe courte en drap bleu marin avec garnitures de tresses de soie: elle est montée derrière à la ceinture par des plis à la religieuse, mais reste plate devant (Mallarmé,Dern. mode,1874, p. 762).
2. ENTOMOL., adj. et subst. fém. Mante religieuse ou religieuse. V. mante2.
3. Subst. fém. Religieuse ou en appos. gâteau religieuse. La religieuse est une pièce de pâtisserie faite d'éclairs au café et au chocolat alternés, dressés en faisceau sur un socle et couronnés d'un chou au chocolat ou au café, tous ces articles étant fourrés de crème pâtissière. On en prépare aussi de petit format, qui se ramènent à un petit chou monté sur un gros (Ac. Gastr.1962).
Prononc. et Orth.: [ʀ əliʒjø], fém. [-ø:z]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Déb. xiies. « qui se conforme aux exigences de sa religion, pieux » d'une personne (Benedeit, St Brendan, 1522 ds T.-L.: Religïus semblout e piu);ca 1270 (Couronnement de Renard, éd. A. Foulet, 194: Seroit raisons et tans et eure Que no vie religieuse Fust); 2. a) « Qui a fait profession religieuse, qui appartient à un ordre religieux » 1155 adj. li religius chanoine « les chanoines réguliers » (Wace, Brut, 13898 ds T.-L.); 1160-74 (Id., Rou, éd. A. J. Holden, III, 2291: Religiose gent ama, Clers et proveires honora); 1265 subst. masc. icil religios (Jostice et plet, XX, XIII, éd. Rapetti, p. 330); 1324 subst. fém. les religiouses (Arch. Somme, Paraclet ds Gdf. Compl.); b) α) xiiies. [ms.] « (d'un bien, d'une chose) qui appartient à une communauté religieuse » lieu religious (Decretales, ms. Boulogne, fol. 69a, ibid.); 1280 meson relegieuse (Arch. Loir-et-Cher, ibid.); β) 1269-78 « relatif, propre à celui qui a fait profession religieuse » robe religieuse (Jean de Meun, Rose, éd. F. Lecoy, 11024); 3. 1538 « relatif à la religion, au culte » (Est. d'apr. FEW t. 10, p. 231b; l'art n'a pu être retrouvé); 1588 ornemens religieux (Montaigne, Essais, II, 12, éd. P. Villey et V.-L. Saulnier, p. 574); 4. « scrupuleusement respectueux d'une règle » [ext. de 1] a) 1572 en parlant d'une personne (Amyot, Question platon., 9 ds Hug.); b) 1588 longue et religieuse investigation (Montaigne, op. cit., I, 54, p. 313); 5. 1580 « qui présente les caractères du comportement religieux; qui porte au recueillement » [id.] (Id., op. cit., II, 12, p. 593: le son dévotieux de nos orgues, et la harmonie si posée et religieuse de nos voix); 1803 (Chateaubr., Génie, t. 2, p. 3: Il n'y a rien de plus religieux que les cantiques que chantent avec les vents, les chênes; 6. religieuse, p. anal. de couleur, de forme a) 1555 désigne diverses sortes d'oiseaux (d'apr. FEW t. 10, p. 232 a; ne figure pas ds le gl. de P. Belon, Hist. de la nature des oyseaux, Paris, 1555); b) 1790 bot. (J.-J. Paulet, Traité des champignons, t. 1, p. 529 a ds R. Ling. rom. t. 52 1988, p. 102: Morille plissée, dite Petite religieuse); 1827 (Dict. des sc. nat., t. 45, p. 35, ibid.: Religieuses et Petites religieuses); c) 1874 plis à la religieuse (Mallarmé, loc. cit.); d) 1904 une pâtisserie (Nouv. Lar. ill.). Empr. au lat.religiosus « scrupuleux », spéc. « d'une attention scrupuleuse à l'égard du culte divin; religieux, pieux; qui éprouve des scrupules religieux »; « (d'une chose) vénéré, respecté; (d'un lieu, d'un objet) saint, consacré ». Dans la lang. chrét. « relatif à l'Église, ecclésiastique » 1remoit. iiies., St Cyprien); « qui mène une vie dégagée du monde ou vit dans un monastère » (ves., Salvien); empl. subst. « religieux, moine » (2emoit. vies., St Grégoire Le Grand), v. Blaise, Lat. chrét. Fréq. abs. littér.: 10 740. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 18 254, b) 14 336; xxes.: a) 15 634, b) 13 014. Bbg. Quem. DDL t. 5, 16.