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* Dans l'article "RATATINER,, verbe trans."
RATATINER, verbe trans.
A. − Empl. trans.
1. Qqc. ratatine qqc.
a) Réduire la taille d'une chose en la déformant. Synon. rabougrir, racornir, rapetisser.Le phylloxéra a complètement ratatiné les feuilles (Hachette1980).
b) P. ext., pop. Endommager gravement, mettre hors service, détruire. Synon. pop. bousiller.La bombe a ratatiné la maison (Quillet1965).
2.
a) Fam. Qqc. ratatine qqn.Synon. rabougrir, racornir, rapetisser.
[Le suj. désigne un agent phys., un phénomène physiol.] Rendre quelqu'un plus petit et plus maigre. L'âge, au lieu de la ratatiner [une femme], comme il arrive, la rendait énorme (Green,Journal, 1934, p. 274).
Au fig. [Le suj. désigne un affect ou un événement, un acte susceptible de provoquer une émotion] Diminuer la personnalité, le caractère de quelqu'un, le priver d'une partie de ses ressources morales ou intellectuelles. Empl. abs. Je souffrais de quelque chose de mesquin, de subalterne où l'élan de mon imagination était gêné, irrité. C'était insupportable au matériel et au moral. Cela refroidit, ratatine (Barrès,Cahiers, t. 1, 1896, p. 35).
b) Pop. Qqn ratatine qqn.Battre quelqu'un; p. méton., tuer quelqu'un. On n'aime pas les Boches dans la famille. Tu vas voir maman tout à l'heure. Quand on va lui dire qu'on en a ratatiné deux, elle fera un gâteau maison (Fallet,Banl. Sud-Est, 1947, p. 317).V. compte ex. 1, fils I A 1 b ex. de Camus.
Se faire ratatiner.Se faire tuer. − Tu es sûr que tu as envie de te faire ratatiner? − J'ai pas envie de me faire ratatiner: j'ai envie de descendre un Fridolin (Sartre,Mort ds âme, 1949, p. 152).Au fig. Se faire battre au jeu; échouer dans une compétition. (Ds Rob.).
B. − Empl. pronom.
1. Qqc. se ratatine.Diminuer de taille ou de volume; se déformer en desséchant. Synon. se racornir.Le parchemin se ratatine au feu (Ac.).Le poumon n'étant plus gonflé par l'air inspiré qui fuit en partie, se rapetisse et se ratatine (Garcin,Guide vétér., 1944, p. 112).
En partic. [Le suj. désigne un fruit ou un végétal] Se dessécher en perdant plus ou moins sa forme naturelle, ses couleurs ou sa consistance. Synon. se flétrir.Ces fruits cueillis trop tôt, qui se ratatinent, se momifient, au lieu de mûrir (Martin du G.,Notes Gide, 1951, p. 1404).P. métaph. Tout ce qui est arrivé depuis [un événement] se ratatine, se dessèche, ne forme plus qu'une espèce de comprimé sans suc (Arnoux,Solde, 1958, p. 165).
2. Qqn se ratatine
a) Familier
Devenir plus petit et plus maigre (sous l'effet de l'âge, de la maladie). Synon. se rabougrir, se rapetisser, se tasser.Petite, maigre, blafarde, vêtue de cette mince robe noire qu'on eût dit taillée dans la toge d'un plaideur, elle s'était ratatinée (Zola,Curée, 1872, p. 371).Le duc (...) avait diminué en prenant de l'âge; il s'était rétréci, ratatiné, abrégé d'une dizaine de centimètres (Morand,Fin siècle, 1957, p. 175).
P. anal. Se ramasser sur soi-même, se faire tout petit. Synon. se recroqueviller.Désirée s'assit près de l'âtre et elle se ratatina, se fit petite, la tête basse, les pieds juchés sur les bâtons de la chaise (Huysmans,Sœurs Vatard, 1879, p. 231).J'ai voyagé, depuis Laroche, avec une nourrice énorme qui me gênait bien. Quel fessier! J'avais beau me ratatiner: elle croulait sur moi (Renard,Corresp., 1901, p. 247).
b) Pop. Se ratatiner dans, sur qqc.Heurter violemment (avec des dommages physiques ou corporels souvent importants). Ce fou du volant s'est ratatiné contre un platane (Lar. Lang. fr.).
REM.
Ratatinage, subst. masc.Synon. rare de ratatinement (infra dér.).Il y a, dans le ratatinage nerveux de sa petite tête, du repoussant (Goncourt,Journal, 1873, p. 951).
Prononc. et Orth.: [ʀatatine], (il) ratatine [-tin]. Att. ds Ac. dep. 1762. Étymol. et Hist. 1. a) 1606 ratatiné « flétri, ridé (en parlant du gland d'un chêne) » (Nicot, s.v. chesne); b) 1637 « rapetissé par l'âge ou quelque maladie (en parlant d'un vieillard) » (L. C. Discret, Alizon, V, 4 ds Gdf. Compl.); 2. a) 1662 se ratatiner « se rapetisser en desséchant » (Richer, Ovide bouffon, 445 ds Brunot t. 3, p. 224); 1690 se ratatiner « se flétrir, se rider » (Fur.); b) 1835 ratatiner « rider, flétrir » (Balzac, Goriot, p. 19); c) 1932 « tuer » (d'apr. Esn.). Mot expr. formé sur le rad. tat- qui, avec des suff. dimin., évoque la diminution, l'amoindrissement d'un état, d'une action (cf norm. tatiner « chuchoter », Tournai tatonner « grommeler, murmurer », tatin « petite quantité » ca 1550 ds Hug.; v. FEW t. 13, 1, p. 127b-128 et Bl.-W.3-5). Anciennement on disait retatiner (1508 « effacer les plis », M. Menot, Carême de Tours ds Revue du 16es., t. 7, p. 118; 1611 retatiné adj. « ratatiné », Cotgr.). La substitution de la voy. a à la voy. e s'explique sans doute par la volonté de renforcer la valeur onomat. du mot. Fréq. abs. littér.: 155.
DÉR.
Ratatinement, subst. masc.Action de ratatiner, fait de se ratatiner; état d'une chose, d'une personne qui (s')est ratatinée. Ratatinement d'un fruit. M. Mouillac avait (...) ce ratatinement de physionomie des vieux, dont les ans ont parcheminé chaque muscle (Estaunié,Simple, 1891, p. 15).Au fig. Il faut lire cet ennuyeux ouvrage [l'Intelligence de Taine], parce qu'il est un remarquable spécimen du ratatinement de l'intelligence (L. Daudet,Stup. XIXes., 1922, p. 98).La pseudo-civilisation mercantile du capitalisme libéral a provoqué une réduction, un ratatinement de la théorie globale et plénière de l'évaluer (Perroux,Écon. XXes., 1964, p. 474). [ʀatatinmɑ ̃]. 1resattest. 1845 « action de se ratatiner » (Calmeil, La Folie, t. 2, p. 211); 1873 « état d'une femme ratatinée » (Goncourt, Journal, p. 958); de ratatiner, suff. -(e)ment1*.