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RAILLEUR, -EUSE, adj. et subst.
I. − Adjectif
A. −
1. Qui raille ou a l'habitude de railler quelqu'un ou quelque chose. Synon. moqueur, persifleur; anton. admirateur, respectueux.Cette autre mise en position était due à la railleuse Valérie, qui, sous prétexte de rajeunir son maire, l'avait doté d'un ridicule de plus (Balzac, Cous. Bette, 1846, p. 281).− Ça te change, dit Gavroche, tu es moins laid, tu devrais garder toujours ça. Montparnasse était joli garçon, mais Gavroche était railleur (Hugo, Misér., t. 2, 1862, p. 155).Pourquoi, dit-il, railleur, hésitez-vous à me dire que vous sortez de chez d'Estrème? (Abellio, Pacifiques, 1946, p. 241).
P. anal. Un peu furieux de nos chants d'oiseaux, Vous nous couronnez de railleurs roseaux! (Desb.-Valm., Mél., 1859, p. 210).
2. [P. méton.] Qui exprime ou qui manifeste qu'on (se) raille (de) quelqu'un ou quelque chose. Synon. moqueur, goguenard; anton. admirateur, respectueux.Air, geste, regard railleur; mine, lèvre, intonation, indulgence railleuse; yeux railleurs. Un homme de trente ans au plus, à l'œil fin, à la bouche railleuse, était assis devant un bureau chargé de papiers et de cartons (Sandeau, Sacs, 1851, p. 49).Je sors de votre école, mon oncle, répondit avec une déférence à demi railleuse le prétendu marquis (Ponson du Terr., Rocambole, t. 3, 1859, p. 327).− En voulez-vous..., mon ci-devant? Et la foule, secouée de joie railleuse, suivit: − Il faut en prendre un peu tout de même, marquis! (Adam, Enf. Aust., 1902, p. 152).Madame de Kerich passa (...) et lui jeta, sans s'arrêter, un bonjour railleur (Rolland, J.-Chr., Matin, 1904, p. 205).
B. − Qui consiste en une (des) raillerie(s) ou contient une (des) raillerie(s). Synon. moqueur.Mot railleur; fable, histoire railleuse. Chaque parole dure ou railleuse qui m'échappait était une faute (Musset, Confess. enf. s., 1836, p. 271).Moqueuse, elle soutint son regard, puis elle lui partit au nez d'un éclat de rire si railleur, qu'il en fut tout décontenancé (Moselly, Terres lorr., 1907, p. 221):
... Bainville écrivait des chroniques de première page, qu'il signait Léonce Beaujeu, généralement railleuses, incisives et d'un bon sens ailé, comme sa conversation. L. Daudet, Brév. journ., 1936, p. 99.
II. − Subst. Personne qui raille ou a l'habitude de railler. La race des railleurs. Et au moindre sourire malin, je me sentais le besoin de poignarder le railleur (Michelet, Mémor., 1822, p. 206).Vous n'avez plus de rivale! fut le dernier mot de ce froid railleur (Balzac, Splend. et mis., 1847, p. 656).Il rappelle en railleur à demi mondain la fameuse querelle des cordeliers sur la forme de leur capuchon (Sainte-Beuve, Port-Royal, t. 4, 1859, p. 327).
Empl. en nom de qualité. Ce railleur de Dubus était tout ému, hier, presque pâle, parce qu'on lui apprenait qu'un journal quelconque avait parlé de lui (Renard, Journal, 1890, p. 58).J'en étais tout attendri au fond de moi, et ce railleur de Rouveyre l'a bien vu (Léautaud, Journal littér., 3, 1910, p. 14).
REM.
Raillard, -arde, adj. et subst.a) Adj. α) Qui raille ou a l'habitude de railler. Synon. railleur.Au royaume d'Utopie, situé devers Chinon, régnait (...) le bonhomme Grandgousier (...) bon raillard en son temps, aimant à boire sec et à manger salé (Sainte-Beuve, Tabl. poés. fr., 1828, p. 269).À sa droite, une impassible et raillarde brute prétorienne surmontée d'un panache éclatant (Bloy, Journal, 1892, p. 19). β) Qui exprime ou manifeste que l'on raille quelqu'un ou quelque chose. Ton raillard. Bien au contraire régnait chez eux une certaine jovialité sur une note raillarde (Goncourt, Journal, 1878, p. 1232).b) Subst. Personne qui (se) raille (de) quelqu'un ou quelque chose. Synon. railleur.Il aurait voulu que ce méchant raillard de Scapin le vît en cette gloire et ce triomphe (Gautier, Fracasse, 1863, p. 241).
Prononc. et Orth.: [ʀ ɑjœ:ʀ], [-a-], fém. [-ø:z]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. 1410-17 subst. fém. railleresse « celle qui raille, qui se moque » (Troilus, éd. L. Moland et C. d'Héricault, Nouvelles fr. du xives., p. 293); 1464 subst. masc. railleur (Maistre Pierre Pathelin, 1497, éd. R. T. Holbrook, p. 78); 2. 1632 adj. (Corneille, La Veuve, II, 4). Dér. de railler*; suff. -eur2*. Fréq. abs. littér.: 496. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 747, b) 1 286; xxes.: a) 706, b) 357.
DÉR.
Railleusement, adv.a) D'une manière qui montre que l'on (se) raille (de) quelqu'un ou quelque chose. Synon. moqueusement.C'est sérieux, dit-elle en voyant le jeune homme qui la contemplait railleusement en se moquant de son attitude penchée (Zola, Curée, 1872, p. 323).Je vous ai dit déjà que je n'aime personne. Léonard sourit railleusement (Estaunié, Empreinte, 1896, p. 209).b) En guise de raillerie. Merci de ta psychologie, et de ta morale, interrompit railleusement Pierre (Vogüé, Morts, 1899, p. 395).Au milieu de « toutes ses grand'mères », comme dit railleusement l'ambassadeur de Russie, il se croit au tribunal de la reine de beauté (Maurois, Disraëli, 1927, p. 267). [ʀ ɑjøzmɑ ̃], [ʀa-]. 1reattest. 1834 (Sainte-Beuve, Volupté, t. 1, p. 114); de railleur, suff. -(e)ment2*. Fréq. abs. littér.: 34.