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KIKI, QUIQUI, subst. masc. et adj.
I. − Subst. masc.
A. − [Sous la forme quiqui] Arg., vieilli. Abattis de volaille, rognures et résidus de boucherie dont les chiffonniers font des bouillons ou qu'ils revendent aux restaurateurs à bon marché (d'apr. Delvau 1866; Rigaud, Dict. jargon paris., 1878; France 1907).
B. − [Sous la forme quiqui ou kiki] Arg. et fam. Cou, gorge. Les six anciennes ménesses du barbouze barbouzeux y étaient pendues par le kiki (Stollé, Contes, Barbe-bleue, 1947, p. 1).
Serrer le kiki/quiqui à qqn. Serrer quelqu'un à la gorge. Ferme, ferme (...), criait le Merlan en serrant le kiki à sa môme (Bruant1901, p. 128).
[La cause est émotionnelle] Synon. étrangler (v. ce mot I B 2).Un type qui a les foies, ça lui serre le kiki à ne pas pouvoir dire « pain », mais surtout ça lui fait perdre le septentrion! (Vercel, Cap. Conan,1934, p. 171).
Au fig. Faire subir une contrainte insupportable. Synon. étrangler (v. ce mot II B 1).Il faut serrer le quiqui aux évêques. Le serment préalable, n'y a que ça de vrai (L. Daudet, Lys sangl.,1938, p. 97).
Couper le kiki/quiqui à qqn. Couper la gorge à quelqu'un. P. méton. Faire taire quelqu'un brusquement. Au bout de vingt-cinq pas, le Boche me dit : − Vous savez, ne croyez pas, je me suis perdu... − Ta gueule! fis-je pour lui couper le quiqui (Cendrars, Main coupée,1946, p. 181).
II. − Loc. fam. Faire kiki, faire des quiquis. Faire des caresses, des chatouilles. La mère de Jacques lui fait même kiki dans le cou (...). Il ne rit pas. − Ces noyaux lui font peur!... Ces noyaux sont des boutons (Vallès, J. Vingtras, Enf., 1879, p. 45).
III. − Adj. [Sous la forme kiki, abrév. de riquiqui, rikiki (fam.); en parlant d'une chose, d'une apparence] Médiocre, mesquin. Ça fait un peu kiki, un peu radin (...) un peu roadster (Colette, Chatte,1933, p. 54).Le mobilier est terriblement kiki. Les fauteuils ont l'air de faire la retape et de vous pousser leur mauvais coussin sous la croupe (Duhamel, Combat ombres,1939, p. 49).
IV. − Loc. fam. C'est parti, mon kiki! Ça y est, ça démarre, ça marche (d'apr. Riv.-Car. 1969; Car. Argot 1977). Tout à l'heure, le ramassage du dépôt va s'effectuer et après, c'est parti, mon kiki... Demain, vous passez devant le tribunal des flagrants délits et vous prenez quinze jours ferme et sans appel... (Blondin, Monsieur Jadis ou l'école du soir, Paris, Gallimard, 1972, p. 137).
Prononc. : [kiki]. Étymol. et Hist. I. 1. 1856 quiqui interprété par Sain. Lang. par., p. 350 comme « bouillon gras fait à partir d'abattis », cf. 1866, Delvau : Quiqui : Abatis de toutes sortes de choses, têtes de chats, os de lapins, cous d'oies, etc. (Goncourt, loc. cit.); 1877 « petit animal, poussin (?) » (Zola, Assommoir, p. 692); 1878 « volaille » (Rigaud, op. cit.); 2. 1883 serrer le kiki à qqn « l'étrangler » (G. Macé, Notes ds Esn.). II. 1879 faire kiki (Vallès, loc. cit.). III. 1933 kiki « petit, chiche » (Colette, loc. cit.). I prob. par aphérèse de quiquiriqui désignant le chant du coq (1851, Lamart., Tailleur pierre, p. 533), terme très répandu dans les dial. du Centre, où il a aussi le sens de « jeune coq » dès le xviies. à Toulouse : P. Goudelin, Œuvres, éd. J.-B. Noulet, glossaire; de même dans le Bournois kirlikiki, et à Alençon la forme apocopée quiqui désignant un oiseau dans le lang. enfantin; le mot serait formé sur l'onomatopée kik- pour exprimer le cri en question (FEW t. 2, p. 671a; v. aussi REW3no4699a); au sens I 2 Chautard (Vie étrange arg., p. 230) signale l'expr. faire un gars au kique dès 1876; le prov. mod. connaît la formation onomatopéique cacaraca « chant du coq » « gosier » et coupa lou cacaraca « couper le sifflet, le gosier » (Mistral). II prob. formation expressive pour désigner un petit geste d'affection. III prob. par aphérèse de rikiki, riquiqui*.