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PROVOCANT, -ANTE, adj.
Qui provoque.
A.− [Corresp. à provoquer A 1]
1. [En parlant d'une pers.] Qui excite, qui pousse autrui à réagir par une attitude ou des propos outranciers. Des garçons en goguette (...) farauds et provocants (...) brocardent les filles (Arnoux, Zulma,1960, p. 62):
1. Ah! le théâtre où tout est vrai! nous dit Camus gentiment provocant, car il sait bien que tout y est faux, que les poignards y sont de carton (...) Oui, tout y est faux dans ce royaume du trompe-l'œil, sauf Phèdre, Desdémone ou Perdican, sauf ces créatures éternelles que le mensonge du théâtre fait surgir plus vivantes que les vivants. Mauriac, Nouv. Bloc-Notes,1961, p. 201.
2. [En parlant d'une caractéristique de la pers.]
a) [En parlant d'une attitude, d'un comportement ou de ce par quoi ils se manifestent] Qui a pour effet ou pour but de provoquer. Air, regard, ton provocant; parole provocante; manifestations provocantes; refrain provocant; fougue, franchise provocante; l'intransigeance provocante de la jeunesse; l'indépendance provocante d'un jugement; crudité, effronterie, insistance, insolence, ostentation provocante; luxe provocant; chapeau provocant; singularité provocante d'une toilette. Antoine avait une façon provocante de faire sonner la fin de ses phrases, qui fouetta la colère de M. Thibault, mais l'avertit qu'il y avait lieu d'être circonspect (Martin du G., Thib.,Pénitenc., 1922, p. 721).La censure simple (...) peut être appliquée, si l'Assemblée en décide ainsi, à un député (...) qui a adressé des remarques insultantes, provocantes ou menaçantes à un ou plusieurs de ses collègues (Lidderdale, Parlement fr.,1954, p. 165).V. agressif ex. 7, allusion ex. 13, délibération ex. 2, falloir ex. 6, formulation ex. de Camus :
2. De la minute où je rencontrai ces hommes [Stravinsky, Picasso] et que nous devînmes amis, je cherchai à faire concorder leurs écoles avec celle où Raymond Radiguet semblait enseigner le contraire. Mais, en vérité, il substituait à l'insulte provocante l'insulte méprisante et un calme dur à l'orage. Cocteau, Poés. crit. II,1960, p. 188.
b) [En parlant d'une qualité, d'un trait caractéristique de qqc. ou de qqn] Qui choque, qui dérange. Une courte phrase comme celle que Barrès notait dans ses Taches d'encre : « Il y a profit, même en art, à n'être pas un imbécile », avait alors l'allure provocante d'une découverte dont maints jeunes hommes se répétaient le salutaire enseignement (Massis, Jugements,1923, p. 147).Ce qui avait fait l'originalité provocante de la politique anticyclique de style keynésien, c'était bien en effet la volonté de conjurer le retour d'une dépression aussi grave que celle des années 1929-33 (ou 1931-35 en France) (Univers écon. et soc.,1960, p. 3412).
En partic. Qui choque par son caractère évident ou excessif. La courbe provocante d'un menton; un pittoresque provocant; bêtise, laideur provocante. La poitrine, de même que le corps, effrayait par sa maigreur; mais le pied, les mains d'une petitesse provocante, accusaient une puissance nerveuse supérieure, une organisation vivace (Balzac, Paysans,1844, p. 209).Ce que Félicie pardonnait le plus difficilement à sa maîtresse, ce n'était pas son bonheur, son provocant bonheur dont il fallait prendre son parti comme on s'accommode du mauvais temps en hiver, c'était sa condescendance apitoyée envers les humbles (Green, Malfaiteur,1955, p. 13).V. bonheur ex. 32 :
3. La rue de Buci maintenant... Qui faisait l'indignée Celle qui était en colère Mais dans le fond Heureuse et fière De ta beauté éblouissante De ta provocante jeunesse De ta merveilleuse pauvreté De ta merveilleuse liberté. Prévert, Paroles,1946, p. 248.
B.− [Corresp. à provoquer A 2 c] Synon. aguichant.
1. [Gén. en parlant d'une femme] Qui cherche à exciter le désir d'un(e) éventuel(le) partenaire. Sa taille pliante et ronde, sa poitrine d'une maturité savoureuse, les coins de ses lèvres finement ombrées, tout était en elle séduction, éveil de sensualité. Elle se tenait ainsi, provocante et souple (Moselly, Terres lorr.,1907, p. 215).Comme je lui parlais de Stépha il me dit avec blâme : « Elle m'a fait de l'œil! » Les femmes provocantes lui déplaisaient : elles sortaient de leur rôle de femme (Beauvoir, Mém. j. fille,1958, p. 322).
Être provocant(e) avec qqn.Joseph s'était juré à lui-même de ne rien dire avant le moment où il se croirait digne d'attention, et il eût fallu que Brulette fût provocante avec lui pour lui arracher un mot d'amourette (Sand, Maîtres sonneurs,1853, p. 169).
2. [P. méton., en parlant du corps, des vêtements ou, le plus souvent de l'attitude d'une femme] Qui traduit ou semble traduire une invite amoureuse ou sensuelle. Seins provocants; bouche, hanche provocante; geste, rire provocant; audace, candeur, coquetterie, impudeur, nudité, pose, posture provocante; mines, œillades provocantes. Dès le seuil, ses traits s'éclairèrent : le parfum d'Anne... Un parfum provocant, plus résineux que floral, stagnant et dense, qui pénétrait jusque dans la gorge; plus qu'un parfum : une nourriture aromatique − qu'il aimait (Martin du G., Thib.,Été 14, 1936, p. 199):
4. la langouste, la tête renversée en arrière, elle le regarde avec des yeux provocants : J'ai tellement besoin d'affection! clérambard, la voix rauque : Vous en aurez! Aymé, Cléramb.,1950, III, 2, p. 146.
C.− [Corresp. à provoquer C; gén. en parlant d'une chose] Rare. La circonstance provocante de qqc. C'est ici encore que l'on étudierait l'influence provocante de la rivalité professionnelle et interprofessionnelle, de l'insatisfaction et de la réadaptation professionnelle (Mounier, Traité caract.,1946, p. 94).
Rem. V. provoquant, -ante, synon., rem. 1 s.v. provoquer.
Prononc. et Orth. : [pʀ ɔvɔkɑ ̃], fém. [-ɑ ̃:t]. Att. ds Ac. dep. 1878. Étymol. et Hist. V. provoquer. Fréq. abs. littér. : 245. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 74, b) 261; xxes. : a) 452, b) 565. Bbg. Gohin 1903, p. 235.