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PINTE, subst. fém.
A. −
1. Ancienne mesure de capacité des liquides, variable suivant les régions (0,93 l à Paris), avant l'établissement du système décimal. Son grand pot d'étain (...) tenait trois pintes (Sue, Atar-Gull,1831, p.14).
2. P. méton.
a) Récipient contenant une pinte. Pinte d'étain. Le cabaretier, derrière un rempart de pots, de pintes, de bouteilles et de brocs (Gautier, Fracasse,1863, p.313).Je ne puis pas songer au pays sans revoir La maison, le buffet et ses vaisselles peintes, La table, le poiré qui mousse dans les pintes (Coppée, Poés.,t.1, 1875, p.292).Des pintes qui tout à coup rayonnent, Sur le comptoir, en pyramides de couronnes (Verhaeren, Villes tentac.,1895, p.151).
b) Vx. Quantité de liquide contenu dans ce récipient. Boire une pinte de lait. Une tisanne de bois de genièvre et de salsepareille, faite avec une once de chacun de ces bois qu'on jette dans deux pintes d'eau bouillante, et qu'on laisse ensuite infuser pendant vingt-quatre heures dans un vaisseau couvert (Geoffroy, Méd. prat.,1800, p.450).Dès le matin, après s'être lesté de quelques pintes de vin du cru, il chaussait une paire de bottes qui datait au moins du temps de la Fronde (Sand, Hist. vie,t.1, 1855, p.282).Pour une monnaie de nickel, qui valait à peine un sou, on avait une pinte de bière fraîche, qui moussait doucement dans des pots de grès, sur les tables d'auberge (Moselly, Terres lorr.,1907, p.241).
Loc. verb. vieillies. Boire chopine* et pinte; mettre pinte sur chopine*.
Loc. verb. fig., fam. Se faire, s'offrir, se payer une pinte de bon sang. Bien s'amuser. Mon avant-dernière maîtresse, elle, c'était une autre histoire... Et ce que nous nous en faisions aussi une pinte de bon sang, le soir, autour de la table, le repas fini! (Mirbeau, Journal femme ch.,1900, p.48).Il s'était amusé de lui, tout son soûl; il ne trouvait pas que ce fût payer trop cher, au prix de quelques gros mots, la pinte de bon sang qu'il s'était faite à ses dépens. Ç'avait été une bonne farce: s'il en eût été l'objet, il en eût ri tout le premier (Rolland, J.-Chr.,Révolte, 1907, p.490).
B. −
1. Mesure de capacité anglo-saxonne, valant 0,568 l en Grande-Bretagne, 0,473 l aux États-Unis et 1,136 l au Canada. Un petit séjour à Paris vous fera comprendre la contenance de ces pots et leur usage qui ne sont pas les mêmes que les pintes anglaises (Cendrars, Bourlinguer,1948, p.311).
2. P. méton.
a) Récipient contenant une pinte. La pinte d'argent, où l'étudiant boit la bière et le cidre, est aussi le plus souvent un cadeau fait au collège par un ancien élève (Bourget, Ét. angl.,1888, p.182).Les plus vieux se souviennent du temps où le lait se vendait dans des pintes en verre (Dubuc-Boul.Québéc.1983, p.142).
b) Quantité de liquide contenu dans ce récipient. [Il] mangea un rosbif aux pommes et s'enfourna deux pintes d'ale, excité par ce petit goût de vacherie musquée que dégage cette fine et pâle bière (Huysmans, À rebours,1884, p.180).
C. − Région. (Suisse). Débit de boissons, bistrot. Deux pintes, l'Auberge communale et le Café de l'Ours mariaient leur toiture aux constructions environnantes (A.-L. Chappuis, Le Troupeau errant,Vulliens, 1972, p.8).
Prononc. et Orth.: [pε ̃:t]. Homon. peinte (fém. de peint). Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist.1. Ca 1200 désigne le contenu de la mesure (Jean Bodel, Jeu St Nicolas, éd. A. Henry, 262); 2. 1294 «unité de mesure de capacité» .I. poçon ... d'une pinte (doc. Arch. Tournai ds Gdf. Compl.); 3. a) 1353 «vase dont l'aspect rappelle celui de la mesure de capacité pour les liquides» (Vaisselle du roi Jean ds Havard t.4, col. 324); b) 1875 «mesure de capacité usitée en Angleterre» (Lar. 19e); 4. 1681 helvétisme «cabaret» (Registre des Mandements du Conseil d'Etat de la Principauté de Neuchâtel, II, 354). D'apr. FEW t.8, p.525a, du b. lat. pincta, part. passé fém. de pingere (peindre*), qualifiant à l'origine un subst. fém. désignant une mesure de capacité étalonnée [canna, hemina, quarta...] et signifiant «pourvu d'une marque». Pincta est relevé en 1249 à l'empl. subst. au sens de «mesure pour les liquides»: pinctam olei ds Du Cange, s.v. pincta 2. L'angl. pint «pinte» est relevé dep. 1384, NED, d'où 3 b. Fréq. abs. littér.: 63.
DÉR.
Pinter, verbe.a) Empl. trans., pop. Boire (des boissons alcoolisées) avec excès. Elle pinte en ce moment un poison étonnant: ça doit être du curaçao vert (Martin du G., Thib.,Belle sais., 1923, p.836).Empl. abs. Dès qu'ils apprenaient un décès par là autour, les gens se promettaient ces sépultures où s'empiffrer, pinter, s'en donner jusqu'à la garde (Pourrat, Gaspard,1922, p.109).b) Empl. pronom. réfl., pop. Se pinter (la gueule). S'enivrer. (Dict.xxes.). c) Au part. passé., pop. Être pinté. Être ivre (Dict.xxes.). [pε ̃te], (il) pinte [pε ̃:t]. Att. ds Ac. dep. 1694. 1resattest. 1269-78 «boire» pinter quarte ou pinte (Jean de Meun, Rose, éd. F. Lecoy, 6797), ca 1500 «boire beaucoup, avec excès» pinter ensemble (Therence en franç., fol. 13 vods Gdf. Compl.), xvies. en parlant d'un ivrogne (Noël nouveau de la description ou forme de la messe ds A. de Montaiglon, Rec. de poésies fr. des XVeet XVIes., t.7, p.50), xviies. id. (Vaux-de-Vire d'O. Basselin, XLIX ds Vaux-de-Vire d'O. Basselin et de J. Le Houx, Paris, 1858, p.87); de pinte, dés. -er. Fréq. abs. littér.: 11.
BBG.Popelar (I.). Das Akademiewörterbuch von 1694. Tübingen, 1975, p.23; p.18 (s.v. pinter).