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OCCASIONNEL, -ELLE, adj.
A. −
1. [Correspond à occasion II] Qui est l'occasion (de quelque chose). Je crois pouvoir discerner la circonstance occasionnelle qui a fait trébucher votre esprit chancelant (A. France,Révolte anges, 1914, p.1155).La réaction subjective dont l'idée n'est que le signe occasionnel (Massis,Jugements, 1923, p.61):
1. ... c'est sa séparation [de chaque être vivant] de ce corps plus grand, qui constitue la naissance; mais cette naissance peut être le simple résultat de la vie du grand corps et du développement du petit qui en est la suite, sans qu'il y ait besoin d'aucune action particulière et occasionnelle. Cuvier,Anat. comp., t.5, 1805, p.3.
2. PHILOS., didact. Cause occasionnelle. Circonstance qui, sans être déterminante, génératrice d'un fait, constitue l'antécédent constant qui provoque son apparition. Anton. cause efficiente (v. ce mot A).Le besoin, en effet, est la vraie cause occasionnelle de l'exercice de toute puissance (Renan,Avenir sc., 1890, p.171).J'étais la cause occasionnelle de leurs discordes et de leurs réconciliations; les causes profondes étaient ailleurs (Sartre,Mots, 1964, p.69).
En partic., [Chez Malebranche] gén. au plur. ,,Circonstances à la faveur desquelles, par suite d'une détermination universelle, mais totalement libre, Dieu produit les effets que nous attribuons aux antécédents`` (Foulq.-St-Jean 1962). Les corps n'agissent pas sur l'âme; ils ne sont pas les causes effectives; mais seulement [selon Malebranche] les causes occasionnelles des mouvements qui s'élèvent en elle; l'âme, à son tour, n'agit pas sur les corps, elle n'est que l'occasion de leurs mouvements (Cousin,Hist. gén. philos., 1861, p.450):
2. Dieu seul est véritablement cause. Ce qu'on désigne sous le nom de cause naturelle n'est point une cause réelle et véritable, mais simplement (...) une cause occasionnelle, qui détermine Dieu, en conséquence de lois générales, à manifester de telle façon son action, seule efficace. V. Delbosds R. de Métaphys. et de Mor., janv. 1916, p.148.
B. − [Correspond à occasion III A]
1. [En parlant d'une chose] Qui n'existe, ne se produit ou qui n'est tel que dans certaines circonstances dues au hasard. Synon. accidentel, de circonstance, exceptionnel, fortuit.Aide, dépense, rencontre occasionnelle; domicile, travail occasionnel. On sait que les Allemands ont déménagé de Saint-Quentin les pastels de La Tour, pour les installer dans un petit musée occasionnel: Maubeuge (Léautaud,Théâtre M. Boissard, 1943, p.41).[Les Gaulois] formaient (...) un ensemble de tribus fort jalouses de leur indépendance et agitées de haines héréditaires ou de rivalités occasionnelles (L'Hist. et ses méth., 1961, p.687):
3. Il fallait créer des tribunaux pour chaque procès, créer une armée quand on avait une guerre à faire, se créer un revenu au moment où on avait besoin d'argent; tout était occasionnel, accidentel, spécial; il n'y avait aucun moyen de gouvernement central, permanent, indépendant. Guizot,Hist. civilis., leçon 4, 1828, p.26.
Emploi subst. masc. sing. à valeur de neutre. Je lui répondis que la vie précisément ne nous laissait que trop souvent voir avec quelle vertigineuse vitesse l'occasionnel se mue en fatalité (Du Bos,Journal, 1923, p.346).
2. [En parlant d'une pers.] Qui accomplit une tâche qu'elle n'accomplit pas habituellement ou professionnellement; qui n'est tel que par occasion. Client, collaborateur, indicateur (de police), voleur occasionnel; prostituée occasionnelle; main-d'oeuvre occasionnelle. La sûreté fonctionne moins par des agents officiels que par des agents occasionnels (Barrès,Scènes et doctr., t.1, 1902, p.181).La liste des usagers réguliers ou occasionnels de la météorologie (Météor. fr., 1963, p.21).
Souvent péj. Jacques tenait furieusement tête aux missionnaires. Le révérend prenait à partie l'irréligion de ce pays où il prêchait (...). Les ouailles occasionnelles l'attristaient (La Varende,Pays d'Ouche, 1934, p.139).Le prosateur ne saurait se révéler poète occasionnel sans faire l'aveu d'une inanition (Colette,Pays. et portr., 1954, p.223):
4. Les libraires qui méritent cette réputation justifient l'opinion qu'un pays doit posséder un cadre de libraires professionnels et ne pas se contenter, pour la diffusion de la pensée, du concours de vendeurs occasionnels, pour lesquels un livre n'est rien de plus qu'un paquet de chicorée. Civilis. écr., 1939, p.18-2.
Emploi subst. La majeure partie des pervers ne sont pas des constitutionnels mais des occasionnels (Mounier,Traité caract., 1946, p.56).
REM.
Occasionnalité, subst. fém.Caractère occasionnel, fugace, fortuit de quelque chose. Aussi est-ce après coup et quand il est trop tard que l'occasion dégage le mieux sa navrante occasionnalité, son goût ineffable et sa valeur infinie; l'occasion perdue devient l'occasion par excellence grâce à l'effet rétroactif du Plus-jamais (Jankél.,Je-ne-sais-quoi, t.1, 1980 [1957], p.145).
Prononc. et Orth.: [ɔkazjɔnεl]. Ac. 1718-1798: occasionel; dep. 1835: -onnel. Étymol. et Hist. 1. 1674-75 cause occasionnelle (Malebranche, Recherche de la vérité, VI, III ds Foulq.-St-Jean 1962); 2. 1796 «que l'occasion seule fait naître» (Dusaulx, Voy. Barège, t.1, p.VIII). Dér. de occasion*; suff. -el (-al)*. Fréq. abs. littér.: 87.