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MATOU, subst. masc.
A. − Chat mâle non castré. Un matou de gouttière. Un chat gris, à poil ras, un énorme matou, signalé depuis longtemps pour ses attentats, avait bondi dans la salle à manger (A. France, Pt Pierre,1918, p.168.)Simple répartie d'homme agacé. Grondement de matou qui sort à demi la griffe, mais craint plus que tout de s'en servir (H. Bazin, Qui j'ose aimer, 1956, p.68):
1. Mes hôtes partis, les chats rampent hors de leurs abris, bâillent, s'étirent comme au sortir du panier de voyage, flairent la trace des intrus. Le matou somnolent coule du mûrier comme une liane. Colette, Naiss. jour, 1928, p.22.
B. − P. anal.
1. [Avec la sauvagerie de cet animal] Homme désagréable par son caractère ou sa physionomie. C'est un matou, un vilain matou (Ac.1835, 1878).Je m'étais présenté chez un gros et petit matou juif qui poussa des cris d'admiration en me voyant (Chateaubr., Mém., t.4, 1848, p.253).
2. [Avec l'ardeur sexuelle de cet animal] Pop. Homme ardent en amour. Costals se leva lui aussi, et rencontra son image dans la glace, ses traits crispés, ses yeux plissés de matou furieux. Le visage du mâle déçu, plein d'exaspération (Montherl., Démon bien,1937, p.1300):
2. Nous nous serrâmes tous, sur les bancs de bois chancelants, autour d'un marbre fendu. Encore fallut-il que de jeunes ouvriers de l'usine et deux marins reculassent, pour nous faire place, leurs reins de matous et leurs verres pleins d'anis. Colette, Naiss. jour, 1928, p.61.
En partic., pop. Homme qui entretient une femme ou qui est entretenu par une femme. C'est la Banban qui a vendu sa fille... Oui, elle l'a vendue, et j'ai des preuves!... Ce vieux, qu'on rencontrait matin et soir dans l'escalier, il montait déjà donner des acomptes. Ça crevait les yeux. Et, hier donc! Quelqu'un les a aperçus ensemble à l'ambigu, la donzelle et son matou (Zola, Assommoir, 1877, p.728).
Prononc. et Orth.: [matu]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. xives. [ms.] agn. matou(e) «chat mâle» (Proverbes Français, éd. J. Morawski, 623, var. ms. Ca); 1571 [éd.] matou (La Porte, Epith. ds Gdf., s.v. mitouart); 2. a) 1640 gros matou de goutiere «un gros garçon lourdaud» (Oudin Curiositez); b) 1704 «homme désagréable par sa figure et son caractère» (Regnard, Folies amour., II, 6 ds Littré); 3. 1835 pop. «homme aimant les femmes» déjà peut-être «amant, souteneur» (Balzac, Goriot, p.37). De mat-, var. de mit- (cf. mitou «gros chat» 1640 Oudin Curiositez: faire le mitou faire l'hypocrite); mitouard «chat» 1555, Du Bellay, Épitaphe d'un chat, 191 ds Divers jeux rustiques, éd. V. L. Saulnier, p.110, onomatopée servant à désigner le chat (v. aussi marmiteux), le suff. paraissant dû à marcou «chat» (ca 1515, les Sotz nouveaulx, 237 ds Rec. génér. ds Sotties, éd. E. Picot, ii, 196), du nom de personne Marcou, lui-même empr. à l'all. Markolf, v. FEW t.16, P. 526b; l'hyp. d'une dérivation à partir de la forme jurassienne mate de maître* (Guiraud, Le Champ morpho-sémantique des noms du matou ds Guir. Étymol. 1967, p.152) reste plus incertaine. Fréq. abs. littér.: 94.