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* Dans l'article "INQUISITION,, subst. fém."
INQUISITION, subst. fém.
A. − Enquête, recherche méthodique, rigoureuse. Il n'est pas d'alphabet conventionnel qui ne cède à l'inquisition d'un spécialiste (Mille, Barnavaux,1908, p. 228).
B. − Enquête indiscrète, arbitraire menée par une autorité politique ou religieuse contre une personne, une catégorie de personnes, parfois contre leurs biens :
1. En 1597, Boris (...) prescrivit les recherches les plus rigoureuses contre les serfs fugitifs. De là une inquisition insupportable, aussi odieuse aux gentilshommes qu'aux paysans eux-mêmes. Mérimée, Faux Démétrius,1853, p. 49.
En partic. Inquisition fiscale. Contrôle de l'assiette des impôts par les agents du fisc. À la fureur des socialistes qui n'admettent l'inquisition fiscale que contre les bourgeois (Morand, Londres,1933, p. 79).
HISTOIRE
(Tribunal de l') Inquisition, Sainte Inquisition. Juridiction instituée par l'Église catholique au début du xiiiesiècle dans divers pays d'Europe pour lutter contre les hérésies et la sorcellerie avec l'appui du bras séculier et qui connut un développement tout particulier en Espagne; ensemble des membres de cette juridiction. Inquisition espagnole, cachots de l'Inquisition. Galilée a été livré à l'inquisition pour avoir dit que la terre tournoit (Staël, Allemagne, t. 1, 1810, p. 24).L'Espagne de Philippe II où l'Inquisition brûle, tenaille et roue (Faure, Espr. formes,1927, p. 260).
Inquisition d'état. [Dans l'anc. république de Venise, du xvieau xviiiesiècle environ] Tribunal secret composé de trois magistrats aux pouvoirs illimités. Venise, je vais vous le dire, c'est l'inquisition d'état, c'est le conseil des Dix (Hugo, Angelo,1835, p. 13).
C. − Fait d'une personne qui cherche à découvrir de façon indiscrète quelque chose concernant une autre personne, qui se mêle sans raison ou exagérément des affaires de quelqu'un. Échapper à l'inquisition de qqn. Louise (...) était intimidée par l'inquisition des regards des bourgeoises (Champfl., Bourgeois Molinch.,1855, p. 103):
2. « Eh! dit-il, je ne puis remuer ni pied ni patte sans que tu sois inquiète. Il ne faudra bientôt plus bouger. C'est une inquisition qui m'obsède. Je veux être comme il me plaît, triste, gai, sans être condamné à subir un interrogatoire (...) » Duranty, Malh. H. Gérard,1860, p. 257.
REM. 1.
Inquisitionner, verbe trans.Soumettre (quelqu'un) à une inquisition. Art de sonder ou inquisitionner (Proudhon, Créat. ordre,1843, p. 66).P. Plaisant. (en emploi intrans.). Avoir une attitude d'inquisiteur. Brave homme au demeurant et susceptible de bien faire quand il a fini de déposer, mais à la barre il inquisitionne avec fureur (Verlaine, Œuvres posth., t. 3, Prose, 1896, p. 205).
2.
Inquisitoire, adj.,dr. pénal. Procédure inquisitoire. ,,Procédure criminelle où le juge, saisi par une plainte, une dénonciation ou la rumeur publique, prend l'initiative de la poursuite et, à la différence de la procédure accusatoire, dirige la marche du procès`` (Lep. 1948). Cf. accusatoire.Relatif à cette procédure. Procédure mixte mêlant les caractères inquisitoires aux caractères accusatoires (Belorgey, Gouvern. et admin. Fr.,1967, p. 47).
Prononc. et Orth. : [ε ̃kizisjɔ ̃]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. Ca 1175 « enquête, recherche » (B. de Ste-Maure, Chron., éd. C. Fahlin, 9966); ca 1260 dr. (Assises de Jérusalem, éd. A. Beugnot, t. 1, p. 396. Livre de J. d'Ibelin, CCXLVIII); 1265 relig. « enquête concernant la foi » (Li Livres de Jostice et de plet, éd. P. Rapetti, p. 12 : quant l'en ara soupecenos un home de bogrerie... li esveques et le prelaz... devent fere l'inquisicion de la loi sor li et demander li de la foi); spéc. 1559 [ou 1565-67] (Papiers d'Etat du Card. de Granvelle, éd. Ch. Weiss, t. 5, p. 677 : que ladicte loy...ne soit en aulcune manière appellée inquisition, à cause que naturellement, il n'y a chose qui soit tant odieuse à ces nations septentrionales [provinces de Basse-Allemagne] que ce vocable de l'inquisition d'Espagne); p. ext. 1686, 21 juin « perquisition qui relève de l'arbitraire » (Bayle, Lett. à Lenfant ds Littré). Empr. au lat.inquisitio, -onis « recherche, information, enquête » à l'époque class.; au Moy.-Âge « interrogatoire de témoins, poursuite, procès » (Blaise Latin. Med. Aev.), spéc. « enquête concernant la foi » (1223, 20 avr., Statuts du comte de Toulouse contre les hérétiques ds Devic et Vaissète, Hist. gén. de Languedoc, 1879, t. 8, col. 964; v. aussi Y. Dossat, Les crises de l'Inquisition toulousaine au xiiies., 1959, notamment pp. 105-151 : Les débuts de l'Inquisition). Fréq. abs. littér. : 272. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 528, b) 293; xxes. : a) 501, b) 246.