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HUMAIN, -AINE, adj. et subst. masc.
I. − Adjectif
A. − Qui est formé, composé d'hommes. Genre humain; concentration, race, société humaine. Dans les cadres régionaux où se sont accommodés des groupes humains (Vidal de La Bl., Princ. géogr. hum., 1921, p. 104) :
1. Dans ces tanières de Paris et de Londres où gîte le couple humain, l'enfant assiste aux batailles et aux étreintes, à cette morne mêlée d'où lui-même est sorti. Mauriac, Journal, 1937, p. 191.
B. − [Se réfère à l'ensemble des propriétés qui font qu'un homme est un homme]
1. Qui appartient à l'homme, qui lui est propre. Boire du sang humain (Chateaubr., Génie, t. 2, 1803, p. 581).Soulager les souffrances humaines (Poincaré, Valeurs sc., 1905, p. 1) :
2. À ces mots, mes yeux se remplirent de larmes; et, couvrant ma tête du pan de mon manteau, je me livrai à de sombres méditations sur les choses humaines. Volney, Ruines, 1791, p. 15.
3. S'il n'y avait pas d'œil humain pour contempler cet horizon, ni d'oreilles pour entendre la mer assoupie, son murmure ne serait pas un hymne à la joie; les apparences ne contiennent d'humain que ce que nous y avons mis. Mauriac, Journal, 1937, p. 111.
En partic. [P. oppos. à divin] Moyen humain; foi humaine. Qu'il se demande par la voie simplement humaine, ce que c'est que la nature, ce que c'est que la raison des êtres (Saint-Martin, Homme désir, 1790, p. 68).Notre justice humaine est d'une telle ineptie que ce n'est presque jamais le coupable qui est puni (Green, Journal, 1944, p. 179) :
4. ... jusqu'au début de ce siècle, maintes Vierges des grands pèlerinages étaient noires, parce qu'étant les moins humaines, elles étaient les plus sacrées. Malraux, Voix sil., 1951, p. 518.
Rare, en emploi adv. Il voyait humain, il perdait pied dans l'esprit et dans la mode (Zola, Romanc. natur., Flaubert, 1881, p. 153).
SYNT. Acte, art, cerveau, cœur, comportement, corps, cri, entendement, esprit, génie, jugement, langage, milieu, monde, mouvement, œil, ordre, organisme, phénomène, progrès, regard, respect, sacrifice, sens, sentiment, travail, type, visage humain; âme, action, activité, angoisse, apparence, association, chair, chaleur, cité, civilisation, condition, conduite, conscience, destinée, dignité, douleur, espèce, existence, expérience, face, faiblesse, figure, force, forme, intelligence, misère, nature, parole, passion, pensée, raison, sagesse, voix humaine.
Locutions
À l'échelle humaine. À la mesure, à la proportion de l'homme, dans sa taille ou dans son entendement. Des causalités partielles dont la dernière − du moins à l'échelle humaine − serait celle de la volonté (Ricœur, Philos. volonté, 1949, p. 328).En Lui, beaucoup d'inconciliables à l'échelle humaine se concilient (Arnoux, Crimes innoc., 1952, p. 290).
N'avoir rien d'humain, ne plus avoir visage, figure humain(e). Avoir perdu l'apparence humaine. La plupart n'avaient plus visages humains (Cocteau, Poèmes, 1916-23, p. 26) :
5. « ... c'est moi seul qui ai tout fait... moi seul... » hurlait le nègre en rugissant comme un tigre, et bondissant dans cette chambre en poussant des cris qui n'avaient rien d'humain. Sue, Atar-Gull, 1831, p. 36.
Je suis homme et rien d'humain ne m'est étranger*.
2. Qui a la nature de l'homme. La Condition humaine (roman de Malraux, 1933).
a) [En parlant d'un animé] Être, individu humain; personne humaine :
6. ... le Tout-Puissant, dans un rare moment de bouffonnerie excellente (...) prit, un jour, le mirifique plaisir de faire habiter une planète par des être singuliers et microscopiques, qu'on appelle humains [it. ds le texte], et dont la matière ressemble à celle du corail vermeil. Lautréam., Chants Maldoror, 1869, p. 273.
[P. allus. à un vers de Villon de la Ballade des Pendus : Frères humains qui après nous vivez] Frère humain. Homme fraternellement uni aux autres par la même condition. Je n'ai aucune peine à reconnaître mon frère humain sous ces variétés de couleur (Alain, Propos, 1921, p. 295).
b) [En parlant d'un homme à une étape donnée de sa vie] Bébé, enfant humain. La raison est en puissance dans le fœtus humain (Renouvier, Essais crit. gén., 3eessai, 1864, p. 201).C'est un personnage à figure hideuse, semblable à un jeune embryon humain (Loti, Mariage, 1882, p. 100).
c) [En parlant d'un homme assimilé à un animal ou à une chose] La Bête humaine (roman de Zola, 1890). Ce grand roi momentanément n'était plus qu'une loque humaine soumise aux influences les plus ordinaires (Barrès, Cahiers, t. 14, 1922, p. 58).La matière étrangère, si énergiquement nommée le matériel humain (Alain, Propos, 1928, p. 774) :
7. Dans la nuit du village de guerre, l'adjudant gardait les animaux humains pour les grands abattoirs qui venaient d'ouvrir. Céline, Voyage, 1932, p. 45.
3. [En parlant d'une science ou d'une œuvre] Qui concerne l'homme, qui a l'homme comme objet d'étude. Comédie, géographie humaine; sciences humaines. En clinique humaine, à l'Institut du cancer, Cuénot et Mercier renforcent la portée de ces découvertes (Ce que la Fr. a apporté à la méd., 1946, p. 151).
C. − [Se réfère sélectivement à telle ou telle propriété considérée comme spécifique de l'homme et que n'ont pas les êtres de nature comparable]
1. Qui épouse pleinement la nature humaine dans ses qualités et ses défauts.
a) [En parlant d'une pers.] Être humain, c'est sentir vaguement qu'il y a de tous dans chacun, et de chacun dans tous (Valéry, Mauv. pens., 1942, p. 140) :
8. Je peux dire (...) que ce qui compte c'est d'être humain et simple. Non, ce qui compte, c'est d'être vrai et alors tout s'y inscrit, l'humanité et la simplicité. Et quand donc suis-je plus vrai que lorsque je suis le monde? Camus, Env. et Endr., 1937, p. 124.
Qui manifeste cette humanité.
[En parlant d'un élément physique ou moral] C'est que la voix des mers folles, immense râle, Brisait ton sein d'enfant, trop humain et trop doux (Rimbaud, Poés., 1871, p. 47).Camus était assis en face de moi (...). Sa figure si sensible et si humaine m'a vivement touché (Green, Journal, t. 5, 1948, p. 148).
[En parlant d'une manifestation du comportement] Michel Simon, chimpanzé subtil qui chante d'une petite voix si humaine et si touchante (Colette, Jumelle, 1938, p. 207).Il resta buté sur sa volonté trop humaine, sur ces mots trop humains « Je l'épouserai » (Sartre, Âge de raison, 1945, p. 221) :
9. petypon, haussant les épaules : « Une gracieuseté »! Évidemment non, ce n'est pas une gracieuseté; mais, enfin quand on a reçu une gifle, on éprouve le besoin de la rendre. C'est humain, ça. Feydeau, Dame Maxim's, 1914, 3, IV, p. 58.
b) [En parlant d'une chose] Qui est à l'échelle de l'homme, qui respecte sa nature, ses besoins. Notre parador était assez confortable, et l'on nous servit un repas presque humain que nous savourâmes avec une sensualité bien permise après tant de privations (Gautier, Tra los montes, 1843, p. 302).Un chassepot entre les mains, L'œil interrogeant la distance, Je songe à des temps plus humains, Je repasse mon existence (Monselet, Poés. compl., 1880, p. 214).
2. En partic. Qui est sensible à la pitié, qui fait preuve d'indulgence, de compréhension envers les autres hommes. Anton. inhumain :
10. Qu'y a-t-il de plus humain que ce patron qui défend son client en justice, qui le soutient de son argent s'il est pauvre, et qui pourvoit à l'éducation de ses enfants? Fustel de Coul., Cité antique, 1864, p. 332.
P. méton. [En parlant d'un comportement, d'un sentiment] Qui manifeste ce caractère. Mort, ma nature est presque morte. Il serait humain de m'achever (Cocteau, Fin Potomak, 1940, p. 151).
II. − Subst. masc.
A. − Être humain. Devant moi étoit le divin libérateur des humains (Saint-Martin, Homme désir, 1790, p. 53) :
11. C'était une journée de printemps. Les oiseaux répandaient leurs cantiques en gazouillements, et les humains, rendus à leurs différents devoirs, se baignaient dans la sainteté de la fatigue. Lautréam., Chants Maldoror, 1869, p. 235.
B. − Au sing. avec une valeur de neutre. Ce qui est humain, ce qui appartient à l'homme. Dans ce terrible colloque qu'il engage entre l'humain et le divin (Massis, Jugements, 1923, p. 285) :
12. Un Balzac, un Proust ont atteint l'humain à travers la société de leur époque. Mauriac, Journal, 1950, p. 213.
REM.
Humano-, élém. de compos.a) [Correspond à humain] α) [Le second terme est un subst. ou un adj.; le mot composé exprime une relation entre l'homme et une autre espèce]
Humano-animal. -Certaines nouvelles espèces humano-animal [sic] (Du Bos, Journal, 1927, p. 193).
Humano-divin, -ine. -La communauté humano-divine (J. Vuillemin, Essai signif. mort, 1949, p. 82).
β ) [Le second terme est un suff.]
Humanoïde, subst. et adj.(Être) qui est semblable ou comparable aux humains. Les australopithèques, très simiesques par leur cerveau, mais à station verticale et à face humanoïde (Combaluzier, Introd. géol., 1961, p. 159).
b) [Correspond vraisemblablement à humaniste]
Humano-classique. -Le mouvement de tendance humano-classique entraîne à son tour les jeunes (Arts et litt., 1936, p. 10-6).
Prononc. et Orth. : [ymε ̃], fém. [-εn]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. Adj. 1. ca 1160 « qui est propre à l'homme » (Eneas, éd. J.J. Salverda de Grave, 2516 : Ce est enfer, Ce ne est pas humains convers [séjour]); 2. ca 1165 « qui a les caractères, la nature de l'homme [d'un être animé] » (B. de Ste-Maure, Troie, éd. L. Constans, 5130); 3. ca 1175 « qui se compose d'hommes » (Id., Chron. Ducs Normandie, éd. C. Fahlin, 117 : humains lignages); 4. ca 1200 « bienveillant » (Escoufle, 174 ds Gdf. Compl. : Si bon signor ne si humain N'avront jamais); 5. 1552 « qui a l'homme pour objet » les letres humaines « la littérature profane [par opposition à la théologie ou aux Écritures] » (Rabelais, Quart Livre, éd. R. Marichal, chap. 53, p. 218). B. Subst. 1. plur. 1340 li humain « les hommes » en gén. (Mir. de l'abbeesse grosse ds Mir. de N.-D. par personnages, éd. G. Paris et U. Robert, t. I, p. 88, 906); 2. sing. av. 1630 « la nature humaine, la mesure de l'homme » (A. d'Aubigné, Debvoir des rois et des subjects ds Œuvres, éd. E. Réaume et de Caussade, t. 2, p. 44). Empr. au lat.hūmānus, attesté dans ces 2 sens dès l'époque class. (v. Gaff.), dér. de homo, -inis (homme*). Fréq. abs. littér. : 23 110. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 34 773, b) 26 689; xxes. : a) 28 547, b) 37 144. Bbg. Kamerbeek (J.). Le Titre de la Condition humaine ds sa perspective hist. Fr. mod. 1970, t. 38, pp. 440-446. - Quem. DDL t. 7 (s.v. humano-divinité); 9.