Police de caractères:

Surligner les objets textuels
Colorer les objets :
 
 
 
 
 
 

Entrez une forme

options d'affichagecatégorie :
FOURBU, UE, part. et adj.
I.− Forme part. de l'anc. verbe fourboire.
A.− [Le suj. désigne une pers.; le compl. d'obj. un animal] Fatiguer excessivement. (Quasi-)synon. crever.Je trottai pendant deux grandes heures dans la campagne pour me rafraîchir; et, sans m'en apercevoir, j'avais presque fourbu ma bête (Balzac, Méd. camp.,1833, p. 245).J'avais fourbu deux chevaux sous moi (Martin du G., Devenir,1909, p. 165).
B.− P. anal. [Le compl. d'obj. désigne une pers.] Harasser de fatigue. La vie m'a forcée, fourbue, estropiée (Rolland, J.-Chr.,Amies, 1910, p. 1182).Elle est allée à une soirée dansante qui l'a fourbue (Butor, Passage Milan,1954, p. 270).
II.− Adjectif
A.− Vieilli, MÉD. VÉTÉR. Atteint de fourbure. Dessoler un cheval fourbu (Ac.1878).
B.− Usuel
1. [En parlant d'un animal] Extrêmement fatigué. Cette heure de repos et une musette d'avoine (...) avaient rendu un peu de vigueur au pauvre vieux cheval fourbu (Gautier, Fracasse,1863, p. 149).Un pigeon voyageur (...) s'est échoué dans le grenier, fourbu, affamé (Léautaud, Journal littér.,1907-09, p. 246).
2. [En parlant d'une pers.] Harassé de fatigue. (Quasi-)synon. épuisé, exténué.Le pauvre Grégorio était lui sur les dents, rompu, brisé, fourbu (Balzac, Œuvres div.,t. 3, 1836-48, p. 523).Je suis las jusque dans la moelle des os, triste à mourir, éreinté, fourbu (Flaub., Corresp.,1875-76, p. 179).Il gisait, esquinté, fourbu, incapable de réunir deux idées dans sa cervelle (Huysmans, Là-bas,t. 2, 1891, p. 82):
Pendant des mois et des mois, il s'était essoufflé à la [une femme] poursuivre. Après un repos de trois mois, la poursuite recommençait, mais dans d'autres conditions : il était rendu, fourbu, il ne fournirait pas la course. Elle comprenait qu'il souffrait, elle lui prit la main. Mauriac, Myst. Frontenac,1933, p. 269.
Au fig., rare
a) [En parlant d'une faculté hum.] Un bain de verdure, (...) voilà ce qu'il faudrait (...) à mon imagination fourbue (Lorrain, Phocas,1901, p. 304).
b) [En parlant de chose concr. ou abstr.] Usé, défraîchi à force d'avoir servi. Pour de pauvres prêtres (...) qui s'obstinent à faire semblant de courir derrière des paradoxes fourbus, la démocratie n'est toujours qu'un thème inépuisable aux discussions et controverses du séminaire (Bernanos, Gde peur,1931, p. 439).
Prononc. et Orth. : [fuʀby]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1546 « fatigué » couillon forbeu (Rabelais, Tiers-Livre, éd. M. A. Screech, XXVIII, 77); 1563 cheval forbeu « atteint de fourbure » (J. Massé, Art. vétérin. ds DG). Emploi adj. du part. passé de l'anc. verbe soi forboire « boire avec excès, se fatiguer de trop boire » (1400, Arch. Nord, B 10354, fol. 19 ds IGLF), composé de for(s)* et de boire*. Fréq. abs. littér. : 206. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 34, b) 206; xxes. : a) 388, b) 502.