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EXTÉNUATION, subst. fém.
A.− Vieilli. [Correspond à exténuer A] Diminution, amaigrissement du corps. Dans l'espèce de torpeur que lui procurait l'exténuation de son corps et de son âme, elle se prit à rêver d'une allégresse religieuse (Bloy, Femme pauvre,1897, p. 195).
Au fig. Atténuation, affaiblissement d'une idée, d'une pensée, d'un attribut de la personne. Il appréhendait, je le sais, cette exténuation de sa raison, et pourtant, il la dilatait jusqu'à l'angoisse (Abellio, Pacifiques,1946, p. 375).Faire de l'inconnaissable une simple exténuation quantitative du connaissable (Jankél., Je-ne-sais-quoi,1957, p. 3):
Il faut avouer que cette régression ne peut être que feinte, suggérée par une sorte de torsion, de régression et même de reniement de la conscience claire qui tente de passer à la limite de sa propre exténuation. Ricœur, Philos. volonté,1949, p. 83.
Spéc., vx, RHÉT. Figure qui consiste à diminuer, affaiblir l'importance d'une idée. (Quasi-)synon. atténuation, litote.Affirmer que la langue française est inapte à ce jeu [l'understatement], c'est oublier sa haute époque et la richesse d'une rhétorique qui dispose de trois mots : exténuation, litote, tapinose, figures de style qui consistent justement à substituer à la véritable pensée une autre, voisine, mais plus retenue (Morand, Eau sous ponts,1954, p. 104).
B.− Peu usité. [Correspond à exténuer B] État d'extrême fatigue, d'épuisement. En somme, la propriété, après avoir dépouillé le travailleur par l'usure, l'assassine lentement par l'exténuation (Proudhon, Propriété,1840, p. 266).J'avais besoin de ce spectacle, de cet air, de cette rénovation, après mon exténuation de Gênes, l'air dévorant de Nervi, la fatigue de la route (Michelet, Journal,1854, p. 247).
Rem. On rencontre ds la docum. exténu(e)ment, subst. masc. a) Synon. de exténuation A. Chaque forme, vidée de ses signes particuliers, ne cède à la toile qu'un trait lointain, secret, ou qu'un ton rare jusqu'à l'exténument (Lhote, Peint. d'abord, 1942, p. 159). b) Synon. de exténuation B. Ce fut une semaine de temps gâché, d'échecs, d'exténuements (Schaeffer, Recherche mus. concr., 1952, p. 103).
Prononc. et Orth. : [εkstenɥasjɔ ̃]. Cf. é-1. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1398 extenuacion de corps (Somme maistre Gautier, ms. B.N. fr. 1288 [xves.] fo21 vods DG). Empr. au lat. class. extenuatio « action de rendre mince, atténuation ». Fréq. abs. littér. : 12.