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DÉGOURDIR1, verbe trans.
[Le compl. désigne un être ou un obj. immobilisé, inerte ou froid] Redonner vie, mouvement ou chaleur à.
A.− [Le compl. est un nom de chose]
1. [Le compl. désigne le corps hum. ou une de ses parties] Éliminer, faire cesser l'engourdissement. Dégourdir son genou, ses jambes, ses doigts. Synon. réchauffer.La bonne chaleur du feu eut tôt dégourdi ses membres ankylosés (Foch, Mém.,t. 1, 1929, p. 31).Je désapprouve le bain d'eau chaude pour dégourdir la main; c'est le bain de « sable » chaud qu'il faut (Gide, Corresp.[avec Valéry], 1942, p. 526).
[Avec un pron. réfl. compl. indir. et parfois un compl. d'obj. dir. désignant un membre] Se dégourdir les jambes, les doigts; se frotter les mains pour se les dégourdir; aller se dégourdir; marcher, faire un tour sur la route pour se dégourdir.
P. anal. Les autres (...) s'en furent chez les marchands de vin pour se dégourdir le nez à la vapeur des punchs (Courteline, Ah! Jeun.,1890, 2, p. 215).La ville commençait de se dégourdir en grognant (Duhamel, Cécile,1938, p. 258).
Au fig. Les sens reposés se dégourdissent peu à peu (Jouffroy, Mél. philos.,1833, p. 239).La plupart, pour se dégourdir, corsent le jus d'un petit rhum ou d'un cognac (Dabit, Hôtel Nord,1929, p. 48).
2. P. métaph. ou au fig.
a) [Le compl. est un nom de chose concr.] Mettre en mouvement, en activité. Laissez-moi dégourdir vos petites économies (Reybaud, J. Paturot,1842, p. 260).Heureuse de trouver enfin une occasion de dégourdir un peu sa petite langue (Sand, Consuelo,t. 1, 1842-43, p. 194):
1. Un perron (...) offre un siège naturel aux commères qui y passent de longues heures à dégourdir leurs langues... Fabre, Barnabé,1875, p. 230.
b) [Le compl. est un nom abstr.] Dégourdir les idées. Dégourdir les esprits routiniers (Delécluze, Journal,1827, p. 369).Vous avez (...) une pratique du mariage qui doit dégourdir mon innocence de célibataire (Maupass., Bel-Ami,1885, p. 215):
2. Depuis deux jours, l'aspect de ce jeune homme avait éveillé dans son cœur [de Marguerite] des sentiments inconnus, et dégourdi dans son intelligence des pensées jusqu'alors inertes. Balzac, La Recherche de l'absolu,1834, p. 210.
B.− Fam. [Le compl. désigne un nom de pers.]
1. Débarrasser (quelqu'un) de sa gaucherie, de sa timidité; faire acquérir de l'aisance, voire de la hardiesse. Paris le dégourdissait trop (Zola, Page amour,1878, p. 957).Une technique sociale destinée à dégourdir l'adolescent, à l'armer des réflexes rapides, des gestes mesurés (Bloch, Dest. du S.,1931, p. 126).C'est une aventure qui a beaucoup dégourdi ces gens-là (Anouilh, Répét.,1950, IV, p. 103).
Emploi pronom. réfl. Si tu ne réussis pas à te dégourdir un peu, tu es immariable (Butor, Passage Milan,1954, p. 36).D'après ses lettres suivantes elle eut vite fait de se dégourdir. Elle suivait des cours à l'Université, elle allait au concert (Beauvoir, Mém. j. fille,1958, p. 302).
2. Spéc. [Dans les jeux de l'amour] Synon. fam. déniaiser.Quelque coquette qui s'amuse à dégourdir Trissotin (Pailleron, Âge ingrat,1879, I, 9, p. 42).
Emploi pronom. réfl. Synon. se déniaiser :
3. ... il allait avoir seize ans vers la fin d'août; il était temps, pour lui, de se dégourdir un peu. Il se rappelait (...) une petite bonne... Larbaud, Fermina Marquez,1911, p. 179.
Prononc. et Orth. Cf. dégourdir2. Étymol. et Hist. Cf. dégourdir2. Fréq. abs. littér. : 86.