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DISSON(N)ANCE,(DISSONANCE, DISSONNANCE) subst. fém.
Rupture d'une harmonie.
A.− MUS. Rupture de l'harmonie d'un accord ou d'une ligne mélodique par l'introduction d'une ou plusieurs notes qui leur sont étrangères. Les dissonances sont la seconde, la quarte, la septième et la neuvième (Cherubini, Cours contrepoint et fugue,1835, p. 2):
1. L'oreille accepte des intervalles augmentés, diminués, qui l'endolorissaient d'abord. La septième majeure, non plus que la seconde mineure, n'est proscrite. Et, que l'oreille prenne goût à ces dissonances de même que, dans un autre domaine, l'œil à des disharmonies picturales plus subtiles, il va sans dire. Gide, Journal,1928, p. 874.
SYNT. Dissonance diatonique. Introduction de deux notes étrangères à un accord et appartenant à la même gamme diatonique (d'apr. E. Durand, Traité harm., 209). Préparer une dissonance. Introduire la note dissonante d'un accord dans l'accord consonant qui le précède. C'est la préparation de la dissonance qui consiste à la faire entendre préalablement (Lavignac, Cours harm. théor. et prat., p. 62). Résoudre, sauver une dissonance. Rétablir l'harmonie en faisant suivre l'accord dissonant d'un accord consonant. Milhaud assaisonna de dissonances non résolues tragédies antiques ou grands drames (Dumesnil, Hist. théâtre lyr., 1953, p. 213).
P. ext., usuel. Ensemble de sons désagréables à l'oreille (cf. disson(n)ant II).
B.− P. anal.
1. PEINT. Assemblage disparate de couleurs. Un vert livide, un jaune brun, un rouge sombre, forment comme une dissonance pour les yeux (Staël, Corinne,t. 2, 1807, p. 302).
2. LITTÉRATURE
a) Répétition de sons désagréables à l'oreille. Synon. cacophonie; anton. consonance.L'univers poétique (...) s'introduit (...) par la densité des images, des figures, des consonances, dissonances (Valéry, Variété III,1936, p. 63).
b) Désaccord entre le style et les idées. Ce déluge de crudités, d'aigreurs et de dissonances dans le style [Le Lys dans la vallée] (Amiel, Journal,1866, p. 319).
C.− Au fig.
1. Désaccord existant entre deux ou plusieurs personnes, dû aux divergences de caractère, de point de vue, etc. Il n'y avait entre eux ni heurt ni dissonance (Daniel-Rops, Mort,1934, p. 75):
2. Nous nous sentons avec les sentiments d'autrui, tantôt en harmonie, et tantôt en dissonance. Mais comme le ton de nos propres sentiments varie sans cesse, l'harmonie de nos rapports ne peut être qu'instantanée, et le plus souvent l'ouvrage du hasard. Bonstetten, Homme Midi,1824, p. 200.
2. Contradictions affectant les sentiments, le caractère d'un individu. Je n'étais sensible qu'aux dissonances, au désordre qui m'emplissait (Camus, Chute,1956, p. 1513).
Spéc., PSYCHOL.
Dissonance cognitive. État de tension dans lequel se trouve un individu confronté à une situation contraire à ses convictions ou à ses habitudes d'agir ou de penser. Réduction des dissonances. Mécanisme par lequel l'individu modifie son jugement pour s'adapter à une situation de conflit. La dissonance cognitive a été formulée la première fois en tant que théorie par Léon Testinger (1957) (Thinès-Lemp.1975).
Rem. Attesté en outre ds Mucch. Psychol. 1969, Sociol. 1970, Commun. 1971, Ancelin 1971, Piéron 1973.
CARACTÉROL. (d'apr. Mounier). Discordance intérieure (dissonance intime) ou conflit avec le milieu (dissonance de comportement) (cf. Traité caract., 1946, p. 371, 372 et disson(n)ant III).
Prononc. et Orth. : [disɔnɑ ̃:s]. Mais [ss] double ds Land. 1834, Fél. 1851, Littré, DG et, facultativement, ds Barbeau-Rodhe 1930 et Warn. 1968. Le mot est admis avec 1 n ds Ac. 1694-1932. Cf. aussi le reste des dict. gén. (Lar. 19e-Lar. Lang. fr., Littré qui écrit pourtant consonnance fidèlement à Ac. dont il constate l'incohérence, Guérin 1892, Rob., Quillet 1965). Le mot n'est écrit avec 2 n que ds Land. 1834 et Besch. 1845. Au sujet de 1 ou 2 n dans la famille de son, cf. conson(n)nance. Étymol. et Hist. 1380 [ms. xves.] dissonance est une noise de deux sons (Evr. de Conty, Probl. d'Aristote, BN 210, fo229dds Gdf. Compl.); ca 1450 au fig. dissonnance (A. Greban, Mystère de la Passion, éd. O. Jodogne, 2368). Empr. au b. lat.dissonantia « dissonance, désaccord » dér. du lat. impérial dissonare, v. dissoner. Fréq. abs. littér. : 142. Bbg. Gohin 1903, p. 369. − Merlattau (P.). La Musique et les mots. Vie Lang. 1973, p. 511.