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AVIDE, adj.
A.− [Emploi sans compl.]
1. [En parlant d'une pers. ou d'un animal] Qui a un désir ardent, immodéré de nourriture; vorace, glouton. Il est si avide qu'il dévore plutôt qu'il ne mange (Ac. 1798-1932-35, Besch. 1845, Lar. 19e, Rob., Quillet 1965), enfant avide (Lar. 19e, Littré), chien très avide (Lar. 19e) :
1. Ma haine est née, peu à peu, à mesure que je me rendais mieux compte de ton indifférence à mon égard, et que rien n'existait à tes yeux hors ces petits êtres vagissants, hurleurs et avides. Mauriac, Le Nœud de vipères,1932, p. 87.
2. Les mouettes avides et indolentes tournèrent un peu au-dessus du village, cherchant leur pâture, puis s'en allèrent... Sartre, La Mort dans l'âme,1949, p. 83.
2. [En parlant d'une pers., de son comportement, de ses sentiments] Qui exprime un désir ardent, passionné de quelque chose.
a) [Dans le domaine de l'expression corporelle ou le comportement] Écouter d'une oreille avide (DG) :
3. Grâce à Gaspard, quand la compagnie arriva, la faim se mit à table et la fatigue s'évanouit. Ah! on ne remarqua pas, cette fois, que les patates nageaient dans trop de jus. Quoiqu'il ne sentît rien, c'était du bon jus chaud, avec des morceaux de choses nourrissantes, un régal pour toutes ces bouches avides. Benjamin, Gaspard,1915, p. 40.
4. ... il a des yeux d'une acuité, d'une portée incomparable. De longs yeux gris-bleu, couleur d'acier neuf, sous des paupières lourdes, au regard froid, étincelant, avide, aux prunelles incessamment dardées. Rien ne leur échappe, rien ne leur donne le change. Pesquidoux, Chez nous,1923, p. 177.
b) [Dans le domaine des sentiments] Une avide espérance (Littré) :
5. Derrière la grille du parloir où Andrea fut introduit, il aperçut, avec ses yeux dilatés par une curiosité avide, la figure sombre et intelligente de M. Bertuccio qui regardait aussi, lui, avec un étonnement douloureux, les grilles, les portes verrouillées et l'ombre qui s'agitait derrière les barreaux entre-croisés. A. Dumas Père, Le Comte de Monte-Cristo,t. 2, 1846, p. 646.
c) Spéc., péj. Qui manifeste une avarice immodérée. C'est un homme avide (Ac. 1798-1932-35, Besch. 1845, Quillet 1965), une âme avide et basse (Besch. 1845, Ac. 1835-1935) :
6. ... il avait du talent, des moyens; l'empereur croyait même qu'il avait été attaché, fidèle. « Mais il était aussi par trop avide, disait-il, il aimait trop l'argent. Quand je lui dictais et qu'il lui arrivait d'avoir à écrire des millions, ce n'était jamais sans un mouvement sur toute sa figure, un lèchement de lèvres, une certaine agitation sur sa chaise, qui, plus d'une fois, m'avait porté à lui demander ce que c'était, ce qu'il avait, etc. » Las Cases, Le Mémorial de Sainte-Hélène,t. 1, 1823, p. 875.
7. ... peu de nations me semblent s'être trouvées dans des circonstances moins favorables à la poésie. Des populations hétérogènes, enfermées dans les mêmes murs, empruntant aux nations voisines leurs usages, leurs arts et leurs dieux; une société toute artificielle, récente et sans passé; la guerre continuelle, mais une guerre de cupidité plus que d'enthousiasme; un génie avide et avare. Michelet, Hist. romaine,t. 2, 1831, p. 66.
Rare, emploi subst. Personne avide, avare (Lar. 19e, Nouv. Lar. ill.) :
8. Le sage rachète la liberté du bien et du beau en abandonnant sa chair aux avides, qui, tandis qu'ils mangent ces dépouilles matérielles, le laissent en repos, ainsi que ce qu'il aime. Renan, Souvenirs d'enfance et de jeunesse,1883, p. 128.
B.− Avide de
1. Avide de + subst.
a) [Subst. concr.] Avide de nourriture. Gourmand, vorace, insatiable de... Être avide de viande, de fruits (Lar. 19e).
P. anal. Être avide de sang, de carnage. Aimer le combat, la guerre, se plaire à verser le sang :
9. ... malgré les intrigues de Bailly et de Lafayette; malgré tous les journaux royalistes, vingt-huit bataillons de la garde citoyenne ont refusé de voter les remerciements que le roi demandait pour M. Bouillé; et que celui du Val-de-Grâce a protesté contre, en disant : « que loin d'être un héros animé par le patriotisme, Bouillé peut n'être qu'un homme avide de sang et de carnage, et que la victoire peut lui mériter, après un examen impartial, plutôt des supplices que des lauriers! » Erckmann-Chatrian, Histoire d'un paysan,t. 1, 1870, p. 350.
P. ext., CHIM. et BIOL. [En parlant de substances d'un tissu] Apte à absorber ou à fixer une grande quantité de liquide ou de gaz :
10. Les tissus vivants sont avides d'oxygène et l'arrachent au plasma sanguin. Ce qui signifie, en termes physico-chimiques, qu'ils ont un pouvoir réducteur élevé, qu'un système compliqué de certaines substances chimiques et de ferments leur permet d'employer l'oxygène atmosphérique à des réactions productrices d'énergie. Carrel, L'Homme, cet inconnu,1935, p. 93.
b) [Subst. abstr.] Avide de richesse, d'honneur, de gloire, etc. Qui désire passionnément une chose, qui la recherche ardemment. Être avide de gloire, d'honneur(s) (Ac. 1798-1935, Besch. 1845, Guérin 1892, Rob.) :
11. Les opinions d'un homme forment sa philosophie, mais la philosophie d'un peuple est sa législation; raison pour laquelle les hommes avides de domination, imposent au peuple, comme des lois, leurs propres opinions, et veulent faire une doctrine générale de leurs sentimens particuliers. Bonald, Législ. primitive,t. 1, 1802, p. 14.
12. À partir de 1700 environ, autour de Philippe D'Orléans au Palais Royal, autour de la duchesse du Maine à Sceaux, se groupe une société avide de jouissance, dont l'idéal de vie n'est plus le faste et la grandeur, mais l'agrément et le confort. J. Viaux, Le Meuble en France,1962, p. 84.
2. Avide de + verbe à l'inf.
Laud. (Être) avide de + verbe.(Être) impatiemment désireux de + verbe :
13. Tel était Barthélemy à quinze ans : âme modérée, affectueuse et fine, esprit vif, curieux, délié, avide de savoir, ne mettant rien au-dessus des belles et nobles études qui se cultivent paisiblement à l'ombre des Académies et des Musées... Sainte-Beuve, Causeries du lundi,t. 7, 1851-62, p. 189.
14. Maier assurait, quelque quatre siècles plus tard, qu'Albert Le Grand aurait travaillé durant trente ans à faire des métaux bien choisis. D'autres prétendent qu'il a pu payer, en trois ans, toutes les dettes de son évêché de Ratisbonne... Il semble que les diverses « sorcelleries » dont on le rendit responsable se seraient bornées, modestement, à des expériences chimiques ou physiques, à des tentatives (non couronnées de succès sans doute) de transmutation de métaux, travaux où son esprit avide d'apprendre et de créer pouvait se donner carrière. M. Caron, S. Hutin, Les Alchimistes,1959, p. 34.
PRONONC. : [avid]. Passy 1914 note une durée mi-longue pour la 2esyll. du mot. Enq. : /avid/.
ÉTYMOL. ET HIST. − 1. 1470 fig. « rempli d'un désir immodéré » (Le Livre de la discipline d'amour divine, fo36a, éd. 1537 ds R. des Ét. Rabelaisiennes, t. 9, p. 301 : Son amour ardante et fervente... vous fait avide et famelique de son amour et dilection); spéc. 1687 « rempli d'un désir immodéré d'argent, de biens » (La Bruyère, 8 ds Littré : L'on remarque, dans les cours, des hommes avides qui se revêtent de toutes les conditions pour en avoir les avantages); 2. 1567 « qui a un désir immodéré de nourriture » (G. Bouchet, Recueil de tous les oyseaux de proye ds Gdf. Compl. : Par ce moyen seront [les oiseaux qu'on veut faire chasser] rendus plus sains, plus appetissez, plus avides, ... a la proye); 3. 1704 « qui exprime le désir (en parlant d'une partie du corps) » (Trév. : On regarde avec des yeux avides une beauté qu'on aime). Empr. au lat. avidus attesté au sens 1 dep. Ennius (Ann., 85 ds TLL s.v., 1426, 27), synon. de avarus (Plaute, Persa, 409, ibid., 1424, 40), attesté au sens 2 « gourmand, glouton » dep. Plaute (Rud., 1238, ibid., 1425, 9) et au sens 3 (Pline, Nat., 14, 141, ibid., 1427, 55).
STAT. − Fréq. abs. littér. : 1 358. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 2 606, b) 1 675; xxes. : a) 1 335, b) 1 850.