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NEZ, subst. masc.
Étymol. et Hist. I. A. 1. a) Ca 1100 «organe saillant de la face, siège de l'odorat» (Roland, éd. J. Bédier, 1646: Tresqu'al nasel tut le elme li fent, Trenchet le nés e la buche e les denz); b) 1176-81 «mufle» (Chrétien de Troyes, Chevalier Lion, 3437); 2. 1121-34 pendre devant le nés «menacer» (Philippe de Thaon, Bestiaire, 146 ds T.-L.); xiiies. [ms.] pendre au nés (Proverbes français, éd. J. Morawski, var. du no355, v. note p.99); 3. fin du xves. tirer les vers du né (Moralité de pouvre peuple, 452 ds Mél. Lommatzsch, 1975, p.170); 4. 1559 [éd.] se laisser mener par le nez (Amyot, Vie des hommes illustres grecs et romains, Caton, t.1, fo237 ro); 5. 1585 ne pas regarder plus loin que le bout de son nez (Noël du Fail, Contes d'Eutrapel, éd. J. Assézat, t.2, p.26); 6. 1640 faire un pied de nez à qqn (Oudin Curiositez); 7. 1821 à vue de nez (Desgranges, Petit dict. du peuple, p.99); 8. 1857 se manger le nez (Goncourt, Journal, p.322); 9. a) 1858 faire son nez, avoir le nez long «faire triste mine, avoir l'air confus» (Larch., p.614); b) 1949 belgicisme faire de son nez (Hanse); 10. a) 1872 se piquer le nez «s'enivrer» (Poulot, loc. cit.); b) 1934 avoir un verre dans le nez (Montherl., loc. cit.). B.1. 1550 fourrer le nez quelque part (Bonivard, Chroniques de Genève, I, 211 ds FEW t.7, p.32a); 2. 1585 fermer la porte au nez à (qqn) (Noël du Fail, op. cit., t.2, p.97); 3. a) 1608 [éd.] au nez de (qqn) (Regnier, Satyre, IX, 22 ds OEuvres, éd. G. Raibaud, p.93); b) 1852 à son nez et barbe (Humbert, Nouv. gloss. genev., p.57); 4. 1660 nez à nez (Oudin Fr.-Esp.); 5. 1821 avoir (qqn) dans le nez «en vouloir (à quelqu'un)» (Ansiaume, Arg. bagne Brest, fo5 ro, § 14). II. 1. 1572 «sens de l'odorat» (Budé, Traicté d'aulcuns mots et maniere de parler appartenans à la vénerie, p.21 d'apr. FEW t.7, p.30b); 2. 1587 avoir bon nez «avoir de la sagacité, du flair» (Cholières, Les Apresdisnées, II ds OEuvres, éd. P.Lacroix, t.2, p.64). III. 1. 1573 «proue» (Dupuys, s.v. beaupré); 2.1831 géogr. «cap» (Will.); 3. 1903 nez de gouttière (Nouv. Lar. ill.); 4.1911 aéron. piquer du nez (Lar. mens., déc. II, 277b ds Quem. DDL t.16, s.v. piquer). Du lat. nasus «nez d'homme; sens de l'odorat; finesse du goût; moquerie; goulot d'un vase, anse». Le belgicisme faire de son nez vient prob. du sud-néerl. van «de» zijn «son» neus «nez» maken «faire» (cf. Baet. Pensées 1971). Au sens III 2, empr. au norv. naes de même sens (Falk-Torp).