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LOUCHE1, adj. et subst.
Étymol. et Hist. A. 1. 1181-90 lois adj. masc. «qui ne voit pas bien» (Chrétien de Troyes, Perceval, éd. F. Lecoy, p. 816); ca 1200 lousche adj. masc. «id.» (Escoufle, éd. Fr. Sweetser, 6702); 2. a) ca 1300 «qui ne regardent pas dans la même direction (des yeux)» (Guillaume de St Pathus, Mir. de St Louis, éd. P.-B. Fay, p. 67, 123); b) fin xives. «id. (d'une personne)» (Roques t. 2, 11837: strabo: louchez, qui a les yeux de travers). B. 1. a) 1611 lousche «trouble (du vin)» (Cotgr.); b) 1676 terme d'émaillerie (Félibien, p. 422: émaux louches, c'est-à-dire qu'il y a un certain noir, comme une fumée qui obscurcit la couleur de l'émail); 2. fig. a) 1647 «qui n'est pas clair, qui est ambigu» (Vaug., p. 113: construction louche); b) 1740-55 «qui est trouble, suspect» (Saint-Simon, Mémoires, 56, 189 ds Littré: L'affaire [du quiétisme] ... reprit couleur, couleur qui commença à devenir fort louche pour M. de Cambrai); 1740-55 subst. (Id., ibid., 256, 196 ds Littré: le louche qui s'était mis entre le duc d'Orléans et lui); 1784 il y a du louche (Beaumarchais, Mariage de Figaro, III, 5). Généralisation de la forme fém. losche (1188, Partenopeus de Blois, éd. J. Gildea, 6282), du lat. lusca, fém. de luscus «qui ne voit pas bien» qui a donné lois en a. fr. Luscus a dû subir une ext. de sens en lat. pop. (cf. les dér. lusciosus, luscitiosus «qui voit mal») et signifier «qui a la vue faible; qui louche» (cf. au sens de «myope» le sarde luscu, et l'esp. lusco et au sens de «qui est atteint de strabisme, qui louche» losc dans les dial. de l'extrême nord de l'Italie; ainsi que l'asturien llisgu et le galicien lisco, lisgo). Louche (lois), qui se dit presque exclusivement en parlant d'une personne en a. fr., signifie d'une manière générale, bien que le sens ne soit pas toujours très net, «qui ne voit pas bien».