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notices corrigéescatégorie :
FILIATION, subst. fém.
Étymol. et Hist. 1. xiiies. « lien de parenté unissant l'enfant à son père ou à sa mère (surtout en dr.) » (Cout. d'Artois, éd. E. J. Tardif, p. 112); 2. a) 1302 filiacion « état d'une église, d'une abbaye qui doit son origine à une autre » (Lett. de l'Abbé de Citeaux, II, 78, 1042, A. C. d'Or ds Gdf. Compl. : les abbaies de la filiacion de Thart); b) 1752 « succession des choses issues les unes des autres » (Voltaire, Défense de Milord Bollingbroke, p. 38 ds Littré); 3. av. 1720 « lien de descendance directe entre ceux qui sont issus les uns des autres » (Hamilton, Mémoires de Grammont, éd. Sté Bibliophiles fr., p. 53). Empr. au b. lat. filiatio dr. « lien de parenté unissant l'enfant à son père ou à sa mère ».

Mise à jour de la notice étymologique par le programme de recherche TLF-Étym :

Histoire :
A. I. « lien de descendance immédiate unissant un enfant à son père ou à sa mère » (droit). Attesté depuis ca 1300 (CoutArtT, titre 49, Par quantes manieres et par queles prueves pueent iestre faites, page 112 Criemes de droit, douquel aucuns est condempnés de canon, ou quant il se regehist et confiesse dou fait. Notoires de fait : li uns est presumptueus, et li autres manifiés. Fais presumptueus est en patrenele filiation, si conme il est dist en droit escrit, que mere est adiès certaine, et si vulgo concepit ; pater vero hic est, por ce que les meres le demonstrent). - 
A. II. « lien de descendance directe unissant l'ensemble des générations d'une même famille ». Attesté depuis 1713 (Hamilton, Mémoires Grammont, chapitre 4, page 48 = Littré = TLF : S'étant heureusement avisé de lui demander le nom de famille de Madame son épouse, Sénantes, fort en généalogie, comme sont tous les sots qui ont de la mémoire, se mit à celle de Mme de Sénantes par un embrouillement de filiations qui ne finissoit point). - 
A. III. « lien de continuité des races, des différentes formes de vie, issues les unes des autres ». Attesté depuis 1840 (Thierry, Considérations, volume 1, chapitre 1, page 42 = Frantext : La chronologie des temps qui n'ont point d'histoire, l'origine et les migrations des peuples, la filiation des races et celle des langues, furent pour la première fois établies sur des bases relationnelles). - 
B. I. « lien unissant un élève vis‑à‑vis d'un maître, généralement dans une œuvre, une profession (rapport de dépendance spirituelle) ». Attesté depuis 1811 (Jouy, Hermite Chaussée‑d'Antin, volume 1, page 9 = Frantext : Comme j'ai mes entrées dans tous les spectacles, pour des raisons que je pourrai vous déduire en tems et lieu, il n'est pas rare qu' on me voie dans la même soirée à l' opéra, au théâtre Feydeau et à la comédie‑française. C'est d'ailleurs, je vous en préviens, le seul trait de ressemblance que j'aie avec M De R. Je connais, non pas la filiation, mais la succession de tous les comédiens des grands théâtres ; j'ai assisté à tous les débuts d'acteurs et d'actrices, à tous les succès et à toutes les chutes, depuis l'année 1769 : vous voyez que je suis en mesure de vous donner des anecdotes et des nouvelles de coulisses). - 
B. II. « lien de continuité entre des institutions issues les unes des autres, ou ayant les mêmes origines ». Attesté depuis 1840 (Sand, Compagnon, Avant‑propos, page 37 : La filiation qui s'établirait entre toutes les sociétés secrètes serait une clef nouvelle pour pénétrer dans les arcarnes de l'histoire, et les grands principes de vérité y puiseraient une autorité immense). - 
B. III. a. « filiation divine, qualité de fils de Dieu, par nature (Jésus) ou par adoption (les chrétiens) » (théologie). Attesté depuis 1362 (Mir. st Sev., 1129, in DMF 2009 : Abraham, nous avons creance En aourer, bien vueil c'on l'oye, Un seul Dieu, non si seul que joye Ne prengne en filiacion. Par vos livres m'entencion Vous mousterray, qu'en deité A de personnes trinité ; Et ce fu du prophète dit : Ipse me invocavit Pater meus, et cetera, C'est a dire qu'il l'appella Père, et ce père dit : J'ay fil). - 
B. III. b. « dépendance d'une Église, d'une abbaye par rapport à une autre qui l'a fondée ». Attesté depuis 1302 (Lettre de l'Abbé de Citeaux, in GdfC = Analecta divionensia, volume 10, page 648, in Google, Recherche de livres : Et tous [en totes] les abbaies de la filiacion de Thart). Première attestation lexicographique depuis 1680 (Richelet 1680 : Filiation,s f. Terme de Bernardin. Religieux Bernardins fondez par un pere d'ordre. [Je suis d'une telle filiation]). - 
C. « enchaînement logique de choses issues les unes des autres ». Attesté depuis 1752 (Voltaire, Défense de Milord Bollingbroke [= ?], in Littré = TLF : On voit chez les Grecs une belle filiation d'idées romanesques). On relève filiation avec ce sémantisme en 1788 (Esprit des journaux, septembre 1788, volume 9, dix‑septième année, page 218, in Google, Recherche de livres : Vous voulez, Monsieur, qu'on suive à peu‑près Condillac sur l'origine et la filiation des idées). - 

8bOrigine :
Transfert linguistique : emprunt au latin fīlīatio subst. fém. « lien unissant le Christ et son père » (attesté depuis Marius Victorinus, TLL 6, 750). Cf. von Wartburg in FEW 3, 519b, filiatio.Le mot filiation est d'abord employé vers 1300, dans la langue juridique, au sens de « lien de descendance immédiate unissant un enfant à son père ou à sa mère » (A. I.). Au début du 14e siècle, il désigne, par analogie, l'état d'une abbaye qui doit son origine à une autre (B. III. b.) et dès la seconde moitié du 14e siècle, on rencontre le mot comme terme religieux au sens de « filiation divine, qualité de fils de Dieu par nature ou par adoption » (B. III. a.). Au cours du 18e siècle, il se généralise à l'ensemble des générations d'une même famille (A. II.) et s'oriente vers un sens figuré pour décrire un enchaînement logique de choses issues les unes des autres (C.). Par extension, au 19e siècle, filiation sert à établir un rapport de dépendance spirituelle qui, tout d'abord, unit un élève à un maître dans une œuvre ou dans une profession (B. I.), puis, par la suite, celle‑ci s'étend non seulement au lien de continuité des races et des différentes formes de vie (A. III.), mais aussi à celui des institutions ayant les mêmes origines (B. II.).


Rédaction TLF 1980 : Équipe diachronique du TLF. - Mise à jour 2009 : Cécile Haut.. - Relecture mise à jour 2009 : Nadine Steinfeld ; Yan Greub ; Stephen Dörr.