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AMBIVALENCE, subst. fém.
Étymol. ET HIST. − 1. a) 1911 psychol. et psychanal. « caractère de ce qui comporte deux composantes opposées » (Ch. Ladame, cr. ds Revue neurologique, t. 22, vol. 2, 1911, pp. 125-126 de Bleuler, Zur Theorie des Schizophrenen Negativismus, -Zurich-, Psych. neurol. Wochensch. nos18, 19, 20, 21, p. 171, 184, 189, 195, 1910 : Le négativisme est un symptôme compliqué [...] D'après Bleuler les causes [...] sont : [...] L'ambivalence qui, à la même idée, réveille deux émotions opposées et à la même pensée, deux pensées de force opposée); b) 1924 (S. Freud trad. en fr. par S. Jankélévitch, Totem et Tabou, Paris, Payot, chap. II : Le tabou et l'ambivalence des sentiments, p. 55 : Si donc il nous était possible de découvrir la même ambivalence, le même conflit entre deux tendances opposées dans les prescriptions tabou); 2. 1936 p. ext. « caractère de ce qui se présente sous deux aspects » (J. Maritain, Humanisme intégral, p. 121 : [...] ce que nous avons dit de l'ambivalence fatale de l'histoire temporelle). Empr. à l'all. Ambivalenz, lui-même formé de l'élément préf. d'orig. lat. ambi « tous les deux » et du lat. valentia « puissance, valeur ». Ce terme all. semble avoir été introduit dans le lang. de la psychanal. par le psychiatre suisse Eugen Bleuler (1857-1939) dès 1910 (E. Bleuler, Vortrag über Ambivalenz ds Zentralblatt für Psychoanalyse, 1, 266 d'apr. Lapl.-Pont. 1967, p. 21, note 1) et a été largement employé par S. Freud (Zur Dynamik der Übertragung, 1912 etc. d'apr. Lapl.-Pont. 1967; Totem und Tabu, 1912).