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ALUMELLE, ALLUMELLE, subst. fém.
Étymol. ET HIST. − 1. 1155 alemele « lame » (Wace, Brut, 7344, Ler. de Lincy ds Gdf. : [...] parmi bœles, Firent passer lor alemeles); 1458 alumelle « id. » (Compt. roy., ap. Laborde, Emaux, ibid., s.v. alemele : Pour une dague a deux taillans d'un pié et demy d'alumelle); 1452 allumelle « id. » (Le roi René, Traictié de la forme d'ung tournoy, Œuv., II, 12, Quatrebarbes, ibid. : La largeur et longueur de l'allumelle); peu empl. dès la fin du xviiies. (cf. Trév. 1704, s.v. alumelle), remplacé par lame, apr. avoir pris le sens de « vieille lame ébréchée » au xvies. (cf. FEW t. 1, s.v. lamella); subsiste surtout dans les lang. techn. (cf. infra 4); 2. p. anal. 1585 fig. allumelle « membre viril » (Cholières, 9eMatinée, p. 315 ds Hug. : Si tost que je sentiray nouvelles de ces braves fourriers, je me garderay bien de tascher mettre mon allumelle à la trampe). − 1752, Ph. J. Leroux, Dict. com., satyrique, cirt., burl., libre et proverbial; 1752 se tuer de sa propre alumelle « faire un excès de débauche » (Tabourot Des Accords, Bigarrures, I, 22 ds Hug., s.v. alemele, alumelle : Lequel de sa propre alumelle se tua prenant ses esbats Sur le corps d'une damoiselle); 3. 1694 (Simon de Val Hébert ds Mén. : Alumelle. soutane sans manche), peu us.; 4. a) 1723 technol. allumelle (Savary des Bruslons, Dict. universel de comm., d'hist. nat., d'arts mét. : Les Maîtres-Tablettiers-Peigniers appellent Allumelle, l'outil avec lequel ils polissent et achèvent leurs peignes); b) 1752 alumelle « id. » (Trév.). Empr. au lat. lamella « petite lame », Vitruve, 7, 3, 9 ds Gaff.; (Sénèque, Brevit. vit., 12 ds Forc. 1864-1926, s.v. : in aeruginosis lamellis consumit) avec agglutination du -a- de l'art.; les formes en -u- s'expliquent par contamination de allumelle*, allumette* (les allumettes pouvant ressembler à de petites lames); le sens 3 fait difficulté (anal. « couteau sans manche » / « soutane sans manche », d'apr. Mén.), il s'agirait alors d'un emploi ironique, dans l'argot des presbytères.