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AFFRES, subst. fém. plur.
Étymol. ET HIST. − 1460 affre « transe, épouvante » (Cent nouvelles nouvelles, LXXV ds Gdf. Compl. : Il leur dit que, jour de sa vie, n'eut si belles affres qu'il avoit a cette heure eues). À partir du xviies. le mot ne s'emploie plus guère qu'au plur., il est considéré comme vieilli et ne subsistant pratiquement plus que dans l'expr. les affres de la mort. Renouveau du mot au xxes., supra. Empr. au prov. affre « effroi, épouvante », 2emoitié du xves. (Istorio de Sanct Poncz, 4525-4526, publ. par l'abbé P. Guillaume ds R. Lang. rom. XXXI, p. 536 : O los quals ors desmesuras! L'es ung tres grant affre de veyre), lui-même sans doute d'un got. *aifrs « âcre, amer » et « horrible, terrible » (cf. pour les deux sens de l'étymon germ. J. Brüch, Der Einfluss der germanischen Sprachen auf das Vulgärlatein, Heidelberg, 1913, p. 37), le sens d'« horrible, terrible » étant passé en prov. puis en fr., le sens d'« âcre, amer » dans l'ital. afro « âcre (en parlant de fruits) »; ce dernier mot, attesté plus tôt que les mots gallo-rom., est sans doute d'orig. ostrog., alors que le mot prov. est d'orig. wisigot. (Cf. Gam. Rom.1t. 1 1936, p. 385). V. Günther, ds FEW t. 151, s.v. *aifrs, tout en proposant l'étymon got., signale deux arguments contre l'hyp. d'un got. *aifrs, le got. étant valable sur le plan de l'ext. géogr. : 1. En ce qui concerne l'a. h. all. : l'adj. a. h. all. eiuer « amarus, horridus » (Diez5, II c, s.v. afre) attesté seulement dep. Notker (Graff t. 1 1834 col. 100 s.v. eipar) et sur lequel on fonde ce got. *aifrs, n'est pas nécessairement anc. mais pourrait être une formation second. à partir de l'a. h. all. aipar « id. » (Braune-Mitzka, Ahd. Gr. § 139, Anm. 5). L'alternance eipar/eiver ne peut donc servir de modèle à celle de abrs « fort, violent » (Feist 1939) / *aifrs, supposée pour le got. 2. En ce qui concerne l'indo-eur. : un got. *aifrs n'est possible que si l'on peut faire remonter l'ags. āfor « amer, sur » ainsi que l'a. h. all. eiuer à une base indo-eur. avec -p- (et non -bh-) c.-à-d. à un germ. -f- à partir de quoi seulement une alternance gramm. germ. f/b̄ est concevable. Or pour l'ags. āfor on suppose plutôt un indo-eur. -bh-, c.-à-d. *aibhro- (cf. Kluge 1967 s.v. eifer; Pokorny, Indogermanisches etymol. Wörterbuch 11).