× Annonce

Chers usagers du portail lexical du CNRTL,

Après vingt ans de bons et loyaux services, la version actuelle du portail sera prochainement remplacée par une nouvelle version au 1er juillet 2026. Cette nouvelle version apporte une refonte complète de l'interface adaptée à tous les supports (ordinateurs, tablettes, smartphones) et inclut également de nouvelles ressources.

Vous pouvez d'ores et déjà vous familiariser avec la nouvelle version ici : Portail lexical

En vous remerciant,

L'équipe du CNRTL
Police de caractères:

Surligner les objets textuels
Colorer les objets :
 
 
 
 
 
 

Entrez une forme

notices corrigéescatégorie :
ACCOUTRER, verbe trans.
Étymol. ET HIST. − [1295 emploi pronom. « s'installer » (J. de Meung, Le Testament, 1809 ds Le Roman de la Rose, éd. Méon ds T.-L. : Luxure confont tout la ou elle s'acoutre, Car maint droit heritier desherite tout outre) hapax]. I.− 1. xiiies. trans. « mettre en place (qqc.) » (Rutebeuf, Œuvres complètes, II, 438, éd. Kressner, ibid. : Mauvès samblant d'amors me moustre Cil qui m'efforce que j'acoutre Tant de vin en mon ventre, et boute, Se le hanap ne boi tout outre); id. « disposer (qqc.) » (Renart, III, 98 ds DG : les hardeillons moult bien acoutre Desor son dos); 2. 1525 « préparer, accommoder (des aliments) » (Exec. test. de Jehan Chotin, A. Tournai ds Gdf. Compl. : Lors iceulx executeurs communicquerent avecq le dit cuisinier, afin de savoir quelz vivres ilz feroient acoustrer pour les disner et sonne du dit feu); 1569 « préparer une terre pour la cultiver » (Calvin, Serm. sur le liv. de Job 15, XXXIII, 191 ds Hug. : Comme un laboureur, quand il veut semer, il faut qu'il face passer la charrue devant, il faut que la terre soit accoustree); 3. 1509 « orner, décorer » (Lemaire de Belges, Illustr., II, 17, ibid. : La littiere fut tantost preste et accoustree de royaux aornemens); 4. 1549 « arranger qqn de la belle manière, le maltraiter, en dire du mal » (Estienne, Dict. françois-lat. : Je t'accoustreray tantost bien mal, ego nunc te non mediocri mactabo infortunio B. ex Plauto). II.− 1509 emploi pronom. « se vêtir, se parer » (Lemaire de Belges, op. cit., I, 39 ds Hug. : La Nymphe s'accoustra de ses plus riches habillemens); 1680 « habiller d'une manière grotesque » (Rich. t. 1 : acoutrer v. a. habiller, ajuster, parer [il y avoit des singes acoutrez en charlatans. Abl. Luc.]). 2 hyp. 1. D'un lat. vulg. *ac-cons(u)turāre (dér. de *consutura, couture*; Diez5, I, s.v. cucire; G. Paris ds Romania, XIX, 287) qui aurait signifié à l'orig. « rapprocher en cousant, raccommoder » d'où « préparer, orner », cf. développement sém. de bâtir*. La conjug. aurait d'abord été *acostur (prés. 1), nous acostrons (prés. 4) avec généralisation du rad. d'apr. les formes (faibles); témoin des formes du type *acostur, l'a. fr. racousturer, 1remoitié xiiies. « recoudre (une plaie) », 2emoitié xiiies. « raccommoder (un vêtement) ». L's- devant consonne s'étant amui dans la prononc. au xives., sa présence, dans les formes tardives en -st-, n'est pas un argument en faveur de cet étymon, car il peut très bien avoir été réintroduit. Tobler (ds Sitzungsberichte der Akad. der Wissenschaften zu Berlin, 1889, 2, LI, 1092-1097) oppose à cet étymon le fait que les verbes dér. de subst. en -ura conservent tous leur -u- : amesurer, afaiturer, empasturer 2. Dér. de coutre*, lat. culter « coutre », Tobler, loc. cit., convient du point de vue phonét., un -s- graph. ayant pu être ajouté au xives., voir sup. Cf. aussi navarr. acutrar « cultiver la terre », REW3, 2382 et Puissergnier (Hérault) acoutri « préparer la terre à la charrue » FEW, t. 2, 1503a. L'évolution sém. serait alors : − soit « équiper d'un soc » > « équiper, préparer, disposer »; − soit en partant du sens « couteau tranchant » (Rohlfs ds Z. fr. Spr. Lit., XLIX, 174; cf. bressan « couteau servant à dégrossir les blocs de bois ») « ébaucher » > « préparer » (> « parer, vêtir »), cf. évolution sém. de habiller*. L'a. prov. acotrar, xiiies. « équiper, parer » ds Rayn. est empr. au fr.; ds prov. mod. acoutra, acoutri « cultiver, disposer, préparer » (Mistral t. 1 1879) se rencontrent prob. le continuateur de l'a. prov. acotrar « équiper » et le dér. mod. de coutro « coutre ». Dans les 2 hyp., l'évolution sém. fait difficulté. De plus des contaminations sont possibles : Tobler, loc. cit. voit dans l'attest. de 1295, J. de Meung, une forme de accoter* avec introd. possible d'un -r- parasite dans le groupe -te. L'étymon lat. cultura (Scheler 1873) au sens de « soin, mise, toilette » fait difficulté du point de vue sém., les représentants rom. de cultura étant tous dér. du sens « culture de la terre ». L'étymon lat. culcita « couette » (courte-pointe*) Ulrich ds Z. rom. Philol. III, 226, no3, est à rejeter, le sens de « couvrir, vêtir » étant secondaire par rapport à celui de « préparer ».