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ACA, AGA, subst. masc.
Étymol. ET HIST. − Pleuvoir d'aca, Duméril, Dict. pat. norm., 1849 cité par Steffen, Die Ausdrücke für « Regen » und « Schnee » im Frz., Rätoromanischen und Italien. 1935, p. 136. Acas « averse », P. Martellière, Glossaire du Vendômois, 1493, p. 4; Verr.-On. t. 1 1908, p. 8. Aqua « id. », Id., ibid., p. 41. Acas d'eau « pluie abondante », J.-M. Rougé, Le Folklore de la Touraine, 1943. Acadeau, Acadiau « averse, trombe d'eau », P. Martillière, ibid.; Rougé, ibid.; Verr.-On., ibid., p. 8; Jaub. 1855, p. 39; J.-M. Simon, Glossaire du parler Solognot, 1942. Laca, laca d'eau « id. », Verr.-On., ibid., p. 507. Agas, Id., ibid., p. 20. Agas d'eau, Sologne Bourbonn., 13; Rougé, ibid.; L. Vincent, La langue et le style rustiques de George Sand dans les « Romans champêtres », 1916, p. 353; Colette, Sido, 1929, p. 57. Agaste « averse », Verr-on., ibid., p. 20; Trév. 1721-1771 s.v. : pluie abondante qui survient tout d'un coup... une agaste d'eau... Ce mot n'est en usage qu'à la campagne. Terme dial. du nord-ouest et du Centre, issu du syntagme il pleut d'aca, formé par agglutination de la prép. à et de l'a. fr. caz, quaz (1100, choir a quaz « tomber comme une masse » Rol., éd. Bédier, 1267 : Li paiens chet cuntreval a un quat; fin xie-début xiies. prendre un quas « s'écraser sur le sol en tombant de très haut » Chans. de Guillaume, vers 1294-95, éd. N. V. Iseley : Contre tere en prist le cors un quas, Tote la langue li turnad une part) dér. de l'a. fr. (sei) quassier « se tasser, s'écraser » (B. de Sainte-More ds T.-L.; cf. 1606 cad d'eau, Nicot 1606 s.v. : cad d'eau, vehemens aque casus c'est grande chute d'eau quand il tombe de la pluye à flac et en grande abondance), du lat. vulg. *coactiare « presser » dér. de coactus, part. passé de cogere « presser ». Forme laca, par agglutination de l'art. déf.; formes agas, agaste par contamination du m. fr. agaster, dep. 1473 « ravager, commettre des dégâts » (cf. ang. agât « dégât » Verr.-On., ibid., p. 20), voir gâter. Hyp. d'un croisement entre les formes issues du lat. aquatio et de *il pleut à cas, a. fr. cas « chute » (Streng, cité par Steffen, op. cit., 136) n'est pas acceptable, la genèse et l'évolution du syntagme aca, acadeau prouvant qu'il ne doit rien au lat. aqua; d'autre part quaz, caz, aca signifient « masse » et ne doivent rien à cadere, casus, la notion « chute » étant dès l'orig. contenue dans le verbe avec lequel ces mots sont en relation syntagmatique (cheoir, abatre...); contamination graphique probable de cadere seulement dans le syntagme cad d'eau 1606. De même la genèse et l'évolution des formes exposées sup. font écarter les étymons gallo-rom. *lacca « flaque » (L. Spitzer ds Lit. Blatt für german. und rom. Philol., XL, col. 251-252, repris par Steffen, op. cit., 136), et bret. caoud-glao « ondée, giboulée » (Jud ds Vos. rom. II, 243).