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ÉTOUFFEMENT, subst. masc.
A.− Action d'étouffer; résultat de cette action.
1. [Correspond à étouffer I A 1] Il lui fallait [à Laurent] un crime sournois, accompli sans danger, une sorte d'étouffement sinistre, sans cris, sans terreur, une simple disparition (Zola, T. Raquin,1867, p. 55):
1. ... en Extrême-Orient les populations scrupuleusement bouddhistes (...) s'interdisent par préceptes religieux de tuer tout animal et répugnent donc à l'étouffement artificiel nécessaire de la chrysalide dans le cocon... Brunhes, Géogr. hum.,1942, p. 162.
2. [Correspond à étouffer I A 2] Étouffement horrible, insupportable; étouffement de colère, de sanglots; être pris d'étouffement. On m'a même dit qu'il [Fauvet] était tout le temps malade : l'asthme, l'emphysème, des crises d'étouffement (Duhamel, Cécile,1938, p. 105).
2. L'étouffement ne venait pas de l'irrespirabilité d'une atmosphère nullement confinée, ne rappelant en rien l'odeur des pièces closes. Il s'offrait aux narines avec l'air pur, refoulait sans le faire disparaître son intact et aigu oxygène. On étouffait sans savoir pourquoi. Malègue, Augustin,t. 1, 1933, p. 198.
B.− P. ext. Atmosphère étouffante, chaleur qui gêne la respiration. Au théâtre, dans l'étouffement des loges, elle quitte son jupon de dessous (Renard, Journal,1887, p. 7):
3. Alors, toutes les six [les ouvrières], elles sirotèrent lentement leur café, au milieu de la besogne interrompue, dans l'étouffement moite des linges qui fumaient. Zola, Assommoir,1877, p. 545.
C.− Au fig.
1. [En parlant d'un bruit, d'un son] Action d'étouffer, d'assourdir un son; résultat de cette action. Il n'y eut plus, au-dehors, sous la fenêtre, dans l'étouffement de la neige, qu'un roulement sourd (Zola, Bête hum.,1890, p. 168):
4. ... celui-ci [le secrétaire] s'inclina (...) et me précéda dans le corridor où il suivit scrupuleusement, lentement le milieu du tapis-chemin de moquette rose propre à l'étouffement des pas. Billy, Introïbo,1939, p. 129.
2. [En parlant d'une chose abstr.] Action d'empêcher quelque chose d'exister, de se développer; résultat de cette action. Étouffement d'une affaire, de la personnalité; étouffement d'un scandale :
5. ... quelles sont les suites pénales de la fraude au jeu? Les sanctions sont le plus souvent privées, et tellement privées qu'elles se recouvrent du secret le plus épais. Trois séries de circonstances convergent vers l'étouffement comme solution raisonnable. Jeux et sp.,1967, p. 489.
3. [En parlant d'une pers.] Contrainte affective, intellectuelle ou morale provoquée par l'action du milieu de vie. Ma mère n'était point heureuse à Nohant, elle y souffrait, elle y subissait un étouffement moral, une contrainte, une irritation comprimée de tous les instants (Sand, Hist. vie,t. 2, 1855, p. 421):
6. Toute l'oppression de Plaute ou de Samson tournant la meule, de Sisyphe roulant le rocher; tout l'étouffement d'un peuple en esclavage − entre autres peines, celles-là, toutes, je les ai toutes connues. Gide, Paludes,1895, p. 143.
4. [En parlant d'un pays, d'une ville] Arrêt plus ou moins total de certaines activités sous l'effet de facteurs extérieurs. C'était pourtant dans ce Paris déjà menacé d'étouffement que la circulation atteignait alors la plus grande rapidité qu'on lui ait connue (Romains, Hommes bonne vol.,1932, p. 203):
7. L'Autriche n'était plus dangereuse, la Prusse ne l'était pas encore, tandis que l'Angleterre, victorieuse sur les mers, nous menaçait d'étouffement. Bainville, Hist. Fr.,t. 1, 1924, p. 260.
Prononc. et Orth. : [etufmɑ ̃]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. Ca 1300 estouffement (Gloss. de Salins ds Gdf. Compl.). Dér. du rad. de étouffer*; suff. -(e)ment1*. Fréq. abs. littér. : 288. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 79, b) 468; xxes. : a) 629, b) 527.