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VIEILLISSEMENT, subst. masc.
A. − [À propos d'une pers.]
1. Fait de vieillir ou d'avoir vieilli, d'avancer en âge, de s'affaiblir en perdant progressivement ses forces physiques ou morales, ses capacités intellectuelles. Vieillissement d'une personne; signes du vieillissement; être atteint, frappé de vieillissement. C'est la certitude de devoir-mourir qui donne à la maladie, au vieillissement, à la perte de conscience leur valeur de pressentiment; parce que je dois mourir, mes jours sont « comptés » et le vieillissement est comme une soustraction opérée sur un capital qui s'épuise (Ricœur, Philos. volonté, 1949, p. 433).
En partic. Période se situant après la maturité pour aboutir progressivement à la vieillesse. Période du vieillissement. Qui grandit près d'un étang n'oublie jamais (...) On y revient toujours avec le vieillissement (...) et comme on se sent près de la mort! (La Varende, Nez-de-Cuir, 1936, p. 183).
2. BIOL., PHYSIOL. Processus par lequel un organisme humain subit une série de transformations entraînant la dégénéres-cence de certaines cellules, ce qui provoque l'affaiblissement et le ralen-tissement des fonctions vitales et des modifications d'ordre physique, physiologique et psychique. Vieillissement (progressif) de l'organisme; causes, conséquences, mécanismes, processus du vieillissement; vieillissement des tissus, des cellules; vieillissement biologique ; étude du vieillissement. Ce qu'il y a de proprement vital dans le vieillissement est la continuation insensible, infiniment divisée, du changement de forme. Des phénomènes de destruction organique l'accompagnent d'ailleurs, sans aucun doute. À ceux-là s'attachera une explication mécanistique du vieillissement. Elle notera les faits de sclérose, l'accumulation graduelle des substances résiduelles, l'hypertrophie grandissante du protoplasme de la cellule (Bergson, Évol. créatr., 1907, p. 19).Les prétendus remèdes contre le vieillissement, les déficiences sexuelles ou l'obésité trouvent parmi eux [les empiriques] des zélateurs fervents (Bariéty, Coury, Hist. méd., 1963, p. 814).
Vieillissement précoce, accéléré, rapide. Évolution anormalement rapide des phénomènes qui entraînent des modifications physiques, l'altération des fonctions physiologiques et psychiques d'un individu. Il y avait des mois de souffrance, une déchéance physique momentanée, un vieillisement précoce qui, pas un instant, ne se laissaient oublier (Martin du G., Thib., Épil., 1940, p. 784).
Vieillissement de.Altération, dégradation physique ou psychique (d'un organe, d'une partie du corps, d'une faculté) due aux atteintes de l'âge. La maladie qui hâte le vieillissement de son corps retarde celui de son esprit (Proust, Temps retr., 1922, p. 930).Ce n'est pas le vieillissement du visage qui inquiète, s'il arrive qu'on s'en aperçoive, mais la mobile physionomie intérieure d'une femme (Chardonne, Éva, 1930, p. 32).
3. [À propos d'un coll.]
a) DÉMOGR. Vieillissement de la/des population(s). Augmentation du nombre des personnes âgées par rapport à la population totale. Anton. rajeunissement.Le vieillissement de la population dans les économies évoluées menace les conquêtes accomplies, directement par alourdissement des charges de vieillesse et de maladie (Perroux, Écon. XXes., 1964, p. 358).Le vieillissement des populations, conséquence de la baisse de la natalité et non de celle de la mortalité (...) revêt (...) une grande importance sociologique (Traité sociol., 1967, p. 284).
b) [Dans une entreprise] Vieillissement du personnel. Augmentation de la moyenne d'âge du personnel par rapport à une époque antérieure. Il serait (...) imprudent (...) de procéder dans certains services à des licenciements massifs d'agents jeunes. Tous les inconvénients du vieillissement actuel du personnel s'en trouveraient aggravés (Pineau, S.N.C.F. et transp., 1950, p. 22).
B. − [À propos d'un inanimé]
1. État de ce qui vieillit, perd de sa fraîcheur, s'abîme, se détériore avec le temps ou, au contraire, traverse les ans sans grand dommage. Les toiles s'altèrent à l'usage par vieillissement et sous l'action de la lumière (Guillemin, Constr., calcul et essais avions, 1929, p. 32).Le climat (...) de Madrid (...) est le plus favorable au vieillissement de la peinture (Lhote, Peint. d'abord, 1942, p. 35).
2. Fait de se démoder, de perdre de son actualité, de sa vogue, de ne plus répondre aux besoins, aux aspirations ou aux techniques d'une époque. Synon. obsolescence.Vieillissement d'une culture, d'une doctrine, d'une pensée. Les communistes sont coincés entre le vieillissement du mythe matérialiste et la crainte d'introduire la division (...) dans leurs troupes (Sartre, Sit. III, 1949, p. 225).Le vieillissement de l'outillage et la relative stagnation technique de la fabrication du superphosphate faisaient lentement augmenter le prix réel de cet engrais (Industr. fr. engrais chim., 1954, p. 46).
C. − Spécialement
1. INDUSTR. Transformation, modification de certaines propriétés d'une substance, d'un matériau par le simple effet du temps ou par le traitement spécial auquel on le soumet. Vieillissement du bois. Les essais sur le vieillissement du caoutchouc dans l'eau de mer ont été exécutés au laboratoire du Centre National de la Recherche Scientifique à Bellevue (Romanovsky, Mer, source én., 1950, p. 48).
Vieillissement d'un alliage, d'un métal. ,,Variation, en fonction du temps, à la température ambiante ou au cours d'un léger chauffage, des propriétés du métal ayant subi un traitement préalable`` (Norme NF A02-010, mars 1966 cité par Constr. métall. 1975).
Vieillissement (naturel ou spontané). Vieillissement produit à température ambiante (d'apr. Constr. métall. 1975).
Vieillissement artificiel. Vieillissement hâté par divers procédés (chauffage, variations thermiques, rayons ultraviolets, action mécanique etc.) (d'apr. Rama 1973).
2. ŒNOL. Vieillissement des vins, des alcools. Opération qui consiste à donner à un vin des qualités et un bouquet qu'il n'avait pas précédemment.
Vieillissement (naturel). Vieillissement obtenu après une longue conservation en fûts et un long stockage en bouteilles. Que de soins sont prodigués depuis la vendange jusqu'à une longue période « d'élevage », durant plusieurs années, et que de patience demande ensuite un long vieillissement en bouteilles de toute une gamme de vins fins nantis de leurs titres de noblesse: appellation d'origine et millésime (Brunerie, Industr. alim., 1949, p. 76).
Vieillissement artificiel. Procédé activant le vieillissement des vins (agitation à l'air, oxygénation, chauffage, phénomènes vibratoires, etc.). Les nouveaux tonneaux géants, qui facilitent de subtiles mixtures et le vieillissement artificiel (Chardonne, Dest sent., I, 1934, p. 16).
Rem. gén. Ce mot, bien qu'enregistré ant. par les dict., n'apparaît dans les textes qu'à partir de 1904.
REM.
Vieillissure, subst. fém.,hapax. Fait de vieillir ou d'être vieux; souffrance due aux atteintes de la vieillesse. Je sens se refermer sur moi cette vie trop calme, où j'étouffe et d'où je ne saurais échapper qu'avec un nouveau déchirement. Faiblesse et vieillissure extrêmes (Gide, Et nunc manet, 1951, p. 1149).
Prononc. et Orth.: [vjεjismɑ ̃]. Att. ds Ac. dep. 1798. Étymol. et Hist. 1564 (Thierry, Dict. fr. lat.); 1596 (Hulsius), att. sporadiquement dans qq. dict. − 1675, Oudin Esp.-Fr.; à nouv. au xviiies. 1798 (Ac.: Vieillissement. Etat de ce qui vieillit, acheminement à la vieillesse - le vieillissement d'un mot, d'un usage); 1872 en partic. vieillissement artificiel des vins (Littré). Dér. de vieillir*; suff. -ment1*; cf. envieillissement « action de vieillir » (parallèle à envieillissure « id. » att. une fois en 1311, Gdf.) att. de la fin du xves. (Oresme, Politiq., 2e p., fo44d, éd. 1489, ibid.) à 1700 (Pomey). Fréq. abs. littér.: 134. Bbg. Domenach (J.M.). Vieillesse et vieillissement. Esprit. 1963, t. 31, no137, pp. 721-723.