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SOUFFLANT, -ANTE, part. prés., adj. et subst.
I. − Part. prés. de souffler*.
II. − Adjectif
A. −
1. Qui souffle ou sert à souffler, à provoquer un effet de souffle.
a) [En parlant d'un être animé] Qui souffle. Au haut de la glace (...) une carte portant le nom, Claudius, au milieu de quatre amours joufflus et soufflants, dont on voit le souffle gravé, − comme dans les vieilles cartes, les vents cardinaux, − et sur les raies de leurs souffles, aux quatre coins, ces quatre mots: Bonheur, Santé, Succès, Fortune (Goncourt,Journal, 1861, p. 873).
[P. méton.,] [en parlant des narines, des naseaux] Toutes les vaches (...) venaient à nous, entourant notre ballon d'un cercle étrange et comique de cornes, de gros yeux et de naseaux soufflants (Maupass.,Contes et nouv., t. 2, Voy. Horla, 1887, p. 1330).
En partic. [En parlant d'un cétacé] Qui rejette de l'eau par les évents. Ce qu'il a pris pour des îles, ce sont des baleines soufflantes! (Claudel,Chr. Colomb, 1929, 1repart., p. 1149).
b) [En parlant d'un inanimé concr.] TECHNOL. Qui produit artificiellement un mouvement d'air. Appareil, cylindre, peigne soufflant. Les ventilateurs soufflants prennent (...) directement l'air dans l'atmosphère et le refoulent par une conduite (Ser,Phys. industr., 1888, p. 669).
MÉTALL. Machine soufflante. Machine destinée à envoyer de l'air dans les hauts fourneaux, les convertisseurs et les appareils d'aciérie (d'apr. Bader-Th. 1962). Les anciens récupérateurs consistaient en espèces de chambres en briques réfractaires où se brûlaient les gaz des hauts-fourneaux pour chauffer les tuyaux en fonte dans lesquels passe le vent de la machine soufflante (Ch. Durand, Industr. minérales Lorr., 1893, p. 48).
2. En partic. [En parlant d'un être animé] Qui respire avec peine, bruyamment, qui est essoufflé. Suant et soufflant. La grande voiture accourut, avec ses quatre chevaux toujours au galop, crottés jusqu'au dos, fumants et soufflants (Maupass.,Contes et nouv., MlleFifi, 1881, p. 160).Je la vis revenir vers moi, rouge, soufflante. Elle s'assit à mes côtés et gémit: − Ces temps orageux me fatiguent, j'ai beaucoup de tension, ces jours-ci (Mauriac,Nœud vip., 1932, p. 196).
[P. méton.]
[En parlant de la respiration] Pénible et bruyant. Un profond silence, troublé seulement par la respiration irrégulière et soufflante du général (G. Leroux,Roul. tsar, 1912, p. 60).[En parlant de la poitrine] Haletant. Les cheveux dans la face, la poitrine soufflante, boueuses, tuméfiées, elles [les laveuses] se guettaient, attendant, reprenant haleine (Zola,Assommoir, 1877, p. 399).
[En parlant de la voix] Haletant, saccadé. Je n'omettrai pas le plus vieux devoir humain, Reliant ma parole soufflante à ces bouches éteintes (Claudel,Gdes odes, 1910, p. 291).« Liseron, ma petite, il y a des gens qui veulent la guerre... » Il avait dit cela d'une voix creusée, soufflante (Aragon,Beaux quart., 1936, p. 286).
En partic. [En parlant d'un animal] Qui fait du bruit en soufflant pour manifester sa colère ou sa peur. Les mères [lapines], avec leurs grandes oreilles anxieuses, les regardaient de biais, soufflantes, clouées de peur (Zola,Faute Abbé Mouret, 1875, p. 1265).
LING. Consonne soufflante. ,,Consonne dont l'articulation est caractérisée par la perception d'un souffle: le terme s'applique proprement aux sifflantes, mais souvent aussi aux fricatives en général`` (Mar. Lex. 1951). Pour le prononcer [le V] on laisse sonner la voix, ce qui le classe parmi les consonnes soufflantes et vocales en même temps (La Madelaine,Chant, 1852, p. 159).
PATHOL. [En parlant d'une partie du corps] Atteint par un souffle cardiaque. L'examen de la poitrine montrait encore des zones soufflantes (Ménétrier, Stévenin dsNouv. Traité Méd.fasc. 31927, p. 504).
P. anal., littér. [En parlant d'une machine à vapeur] Qui fonctionne mal, qui fait un bruit anormal, désagréable, proche de la respiration haletante. Un interminable convoi de wagons vides que traîne à petite allure une locomotive soufflante, chauffée à blanc (Martin du G.,Thib., Été 14, 1936, p. 740).
B. − Au fig.
1. [En parlant d'un animé] Essoufflé, fatigué, épuisé, à bout de course. Il voyait l'Allemagne posée inerte et soufflante sur l'Europe comme une bougie encrassée (Giraudoux,Bella, 1926, p. 202).
2. [En parlant d'un animé ou d'un inanimé] Pop., fam. Qui étonne, stupéfie au point de couper le souffle. Synon. époustouflant (pop., fam.), étonnant, renversant (fam.), stupéfiant.Record soufflant; c'est soufflant! Des hold-up, on nous en a proposé pas mal! Il y en a eu de plus palpitants, d'aussi ingénieux et de pareillement humoristiques, mais jamais d'aussi soufflants (Parents, 9 janv. 1975, p. 11, col. 3).
III. − Substantif
A. − Subst. masc., arg.
1. Arg. du milieu. Arme à feu, pistolet. Synon. calibre (arg.), flingue (pop.), pétard.Il ne voulait pas se rendre [ce Boche] et tirait avec son soufflant (Esn.Poilu1919, p. 496).
2. Arg. milit. ,,Soldat trompette`` (Esn. 1966).
B. − Subst. fém.
1. Arg. milit. ,,Trompette`` (France 1907).
2. TECHNOL. Compresseur utilisé pour le soufflage de l'air nécessaire au fonctionnement d'un haut fourneau ou d'un convertisseur. Soufflante à gaz, à piston; soufflante d'aciérie, de haut fourneau. Avec trois ou quatre larges roches évidées en entonnoir et aboutissant à une fêlure étroite, le hasard avait fait là une espèce de vaste soufflante informe, bien autrement puissante que ces anciens grands soufflets de forge de quatorze pieds de long, lesquels donnaient en bas, par chaque coup d'haleine, quatre-vingt-dix-huit mille pouces d'air (Hugo,Travaill. mer, 1866, p. 272).
Prononc.: [suflɑ ̃], fém. [-ɑ ̃:t]. Étymol. et Hist. 1. a) α) Déb. du xiies. « qui souffle » (Benedeit S. Brendan, éd. I. Short et Br. Merrilees, 1125: De fous sufflanz li venz enruit); β) ca 1275 « qui respire avec difficulté » (Adenet Le Roi, Enfances Ogier, éd. A. Henry, 2527: souflans); b) α) 1807 machine soufflante (A. Brongniart, Traité de minéral., t. 2, p. 322 ds Littré); β) 1931 subst. fém. « compresseur » (Exposition coloniale intern., Guide officiel, p. 224, Annonce ds Quem. DDL t. 15); c) 1964 « qui étonne » (Lar. encyclop.); 2. 1701 « revolver, pistolet » (d'apr. Cellard-Rey); 1752 « fusil, pistolet » (Le Roux); 3. phonét. a) 1852 consonne soufflante (La Madelaine, loc. cit.); b) 1933 subst. fém. (Mar. Lex.). Part. prés. de souffler*. Fréq. abs. littér.: 471 (soufflante: 35). Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 199, b) 1 111; xxes.: a) 1 123, b) 561. Bbg. Sain. Arg. 1972 [1907] p. 79.