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SOMNOLENT, -ENTE, adj.
A. −
1. Qui somnole, qui est dans un état intermédiaire entre la veille et le sommeil. Un amusant tableau à faire: la barbe, le matin, au bord de la Seine. Une rangée d'hommes assis somnolents sur le quai, et le barbier allant de l'un à l'autre, et les réveillant de leur demi-sommeil avec un: « C'est à toi! » et opérant dans la lumière matinale du jour (Goncourt, Journal, 1893, p. 404).Elle rêvait, assise dans la balançoire, un livre sur les genoux, les yeux à demi fermés, somnolente de lassitude heureuse, le corps et l'esprit flottant dans l'air printanier (Rolland, J.-Chr., Matin, 1904, p. 201).
2. Qui est habituellement, naturellement porté à la somnolence. Blanche savait que pendant trois quarts d'heure, elle se battrait en vain contre ce petit garçon somnolent, aussi dénué d'attention, aussi vidé de pensée et même de vie qu'une chrysalide abandonnée (Mauriac, Myst. Frontenac, 1933, p. 35).Le feu de bois qu'on y entretient tout le jour semble surtout destiné aux trois énormes chats de Siam, au pelage bistre, lourds de graisse, majestueux et somnolents, qui, généralement, occupent les trois fauteuils (Martin du G., Notes Gide, 1951, p. 1384).
3. MÉD. Qui est dans un état de torpeur, d'assoupissement causé par une maladie, une affection. Suivant sa localisation, les symptômes varieront. Au début, les agneaux sont tristes et somnolents (Garcin, Guide vétér., 1944, p. 136).La malade croit à une ménopause précoce, mais il n'y a pas de bouffées de chaleur. Elle est fatiguée, frileuse, indifférente, somnolente (Quillet Méd.1965, p. 492).
4. Qui reflète, qui traduit une somnolence habituelle ou passagère. [Rosalie] était tout au charme [des paroles de Numa Roumestan]. La table lui semblait agrandie, transfigurés les visages las et somnolents des quelques convives (A. Daudet, N. Roumestan, 1881, p. 35).Je crus qu'il allait tomber. Mais il continuait à sourire, d'un air somnolent (Sartre, Nausée, 1938, p. 106).
B. −
1. P. anal. Qui semble engourdi, qui montre un manque d'activité. Les canaux somnolents entre les quais de pierre Songent, entre les quais rugueux, comme en exil, Sans paysage clair qui se renverse au fil De l'eau qui rêve (Rodenbach, Règne sil., 1891, p. 224).Des marchands de malles (...) de « cannelés » Louis XVI, se succèdent sans interruption dans ces couloirs où les boutiques ont partout le même air somnolent, qu'on leur voit dans des rêves (Carco, Nostalgie Paris, 1941, p. 48).
Qui manque de dynamisme, d'animation. Sonyeuse (...) où jusqu'à dix ans j'ai passé la plupart de mes journées, admis dans la quiétude du somnolent domaine grâce à la liaison toute botanique de mon père et du vieux jardinier gardien (Lorrain, Sens. et souv., 1895, p. 76).C'est bien ennuyeux d'aller se coucher avec les poules, et que faire dans ce bourg somnolent? En fin de compte, nous entrons dans un cabaret où des paysans se versent à boire (T'Serstevens, Itinér. esp., 1963, p. 266).
2. P. méton. Qui engendre la somnolence, s'accompagne de somnolence. Ennui, bien-être somnolent. Et elle s'affaissa sur elle-même, vaincue par cette étrange torpeur, dominée par cette ivresse somnolente de l'opium qu'elle avait avalé (Ponson du Terr., Rocambole, t. 1, 1859, p. 727).Il se tournait et se retournait dans une torpeur somnolente en dénombrant toutes ses raisons de mécontentement ou d'amertume (Duhamel, Cécile, 1938, p. 123).
C. − Au fig.
1. [En parlant de qualités intellectuelles ou affectives] Qui est en sommeil, à l'état latent, qui manque de vivacité. Il ne faut pas confondre cette ferveur de la vie obscure avec la conscience somnolente (Mounier, Traité caract., 1946, p. 280).Il est utile au progrès de notre science qu'une critique exigeante, voire injuste, vienne réveiller une sympathie somnolente, en train de glisser à la complaisance et à la facilité (Marrou, Connaiss. hist., 1954, p. 99).
2. [En parlant d'un peuple, d'une civilisation] Qui fait preuve d'inertie, de paresse, qui est sans projet, en déclin. L'esprit de l'Égypte est absolu et somnolent comme les colosses allongés sur sa pierre tombale (Faure, Hist. art, 1909, p. 46).La vie rude, active, aventureuse au centre d'un monde somnolent, la fusion dans ce creuset ardent de trois civilisations déclinantes (Arts et litt., 1935, p. 64-16).
REM.
Somnolescent, -ente, adj.,hapax, synon. de somnolent, -ente.[L'abbé Birotteau] resta, selon son habitude, plongé dans les rêvasseries somnolescentes pendant lesquelles la servante avait coutume, en lui embrasant la cheminée, de l'arracher doucement à ce dernier sommeil par les bourdonnements de ses interpellations et de ses allures (Balzac, Curé Tours, 1832, p. 192).
Prononc. et Orth.: [sɔmnɔlɑ ̃], fém. [-ɑ ̃:t]. Att. ds Ac. dep. 1835. Étymol. et Hist. 1. Av. 1429 « qui somnole, qui est porté à la somnolence » (Jean Gerson ds Littré); 1495 sompnolent (Bernard de Gordon, Pratique, VII, 8 ds Gdf. Compl.); 2. 1834 état somnolent (Boiste); 3. 1838 lecture pesante et somnolente (Barb. d'Aurev., Memor. 2, p. 247). Empr., à diverses reprises, au b. lat.somnolentus « assoupi », dér. de somnus (sommeil*). Le mot est att. en a. prov. sous la forme sompnolent dès le xives. (Rayn.). Fréq. abs. littér.: 243. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 24, b) 254; xxes.: a) 629, b) 497. Bbg. Vaganay (H.). Notes sur la lang. du 16es. R. Philol. fr. 1933, t. 45, p. 149.