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RÉGLISSE, subst.
A. − Subst. fém., BOT. Plante herbacée, vivace de la famille des Légumineuses papilionacées qui croît dans le sud de l'Europe, dont le rhizome très développé est utilisé en pharmacie et en confiserie. Réglisse hérissée, officinale; réglisse de Bayonne, d'Alicante. Sirop de réglisse. Il est préparé avec une décoction de racine de réglisse, du sucre et du miel. Il a une couleur brunâtre et une saveur très-sucrée (Kapeler, Caventou,Manuel pharm. et drog., t. 2, 1821, p. 671).La réglisse (...) dont on récolte les racines au bout de trois ans, se cultive en Italie, en Calabre, en Espagne et dans le midi de la France (Brard1838).
Réglisse d'Amérique, de montagne, sauvage. Noms donnés à diverses plantes dont les racines ont un goût sucré ou dont les feuilles ont une forme voisine. (Dict. xxes.).
B. − Subst. masc. ou fém., p. méton., PHARM., CONFIS.
1.
a) Racine de cette plante utilisée telle quelle en bâton à mâcher ou en poudre pour la préparation d'infusions, de boissons rafraîchissantes. Mâcher, sucer de la réglisse; du bois de réglisse; poudre de réglisse. Rue Saint-Denis, ils [deux enfants] entraient dans la gourmandise; ils souriaient aux pommes tapées, au bois de réglisse, aux pruneaux (Zola,Ventre Paris, 1873, p. 777).Chez les grands animaux, on remplacera les sirops par des cuillerées à soupe de miel avec un peu de térébenthine, du soufre ou du kermès, avec de la poudre de réglisse (Garcin,Guide vétér., 1944, p. 93).
b) Préparation à base de racine de réglisse. Tisane de réglisse; sirop de réglisse. Quand elle fut au château, elle alla droit vers les cuisines, but cinq quarts de l'eau de réglisse préparée pour les blessés (Montherl.,Songe, 1922, p. 188).V. supra ex. de Kapeler et Caventou.
2.
a) Préparation obtenue en faisant bouillir plusieurs fois des racines de réglisse, qui après évaporation totale (suc de réglisse) ou partielle (jus de réglisse) donne un extrait sec sous forme d'une pâte noire et luisante ou un extrait liquide brun foncé destiné à diverses préparations en pharmacopée ou en confiserie. Lorsqu'il [l'opium] est falsifié avec du suc de réglisse, il a une saveur sucrée (Kapeler, Caventou,Manuel pharm. et drog., t. 2, 1821, p. 494).Moi qui suis une nature simple, je me borne à boire du vin blanc coupé d'eau de Seltz, avec du sucre et un peu de citron. Anaïs abuse du vinaigre et Marie du jus de réglisse, si concentré qu'il tourne au noir (Colette,Cl. école, 1900, p. 250).
b) Préparation à base de suc de réglisse. Bâton, grain, pâte à réglisse; bonbon, pastilles de réglisse; réglisse en bâton. [Du comptoir] il hésita, tira des sous de sa poche, les posa sur le rebord et prit en échange un de ces rouleaux de réglisse qui ressemblent à des lacets de bottine et que sucent les collégiens (Cocteau,Enfants, 1929, p. 19).Je grignotais un de ces faux objets qui me plaisaient tant − un martinet en réglisse (Beauvoir,Mém. j. fille, 1958, p. 20).
3. P. anal. (de forme et/ou de couleur)
a) Couleur brun noir. J'ai sur la figure, jusqu'au milieu du front, une plaque de réglisse comme les vieux matelots (Flaub.,Corresp., 1851, p. 288).Ce n'est pas cet ange qui s'avance vers nous dans sa simarre [longue robe] de pourpre et de réglisse qui est appointé pour nous faire mourir de remords et de désespoir! (Claudel,Convers. Loir-et-Cher, 1935, p. 93).En appos. Une planche de livres courait, épousant tous les angles, le long des murs peints à la chaux et décorés d'une frise ocre égyptien et noir réglisse (Arnoux,Gentilsh. ceinture, 1928, p. 90).Empl. adj. Lafcadio voulut s'élancer; le geste qu'il fit pour ouvrir la portière laissa couler le veston réglisse à ses pieds (Gide,Caves, 1914, p. 832).
b) Arg., pop. Vin. Plumet a dû s'envoyer dans l'entonnoir mon bidon d'réglisse qu'i d'vait m'apporter. Et d'autres avec, et il est tombé saoul qué'qu'part par là (Barbusse,Feu, 1916, p. 25).
c) Fam. Crottin de chèvre ou de mouton. Douze moutons bien sales et trottinant parmi leurs réglisses bêlaient dans le pacage contigu (H. Bazin,Mort pt cheval, 1949, p. 188).
Prononc. et Orth.: [ʀeglis]. Ac. 1694, 1718: re-; dep. 1740: ré-. Étymol. et Hist. Ca 1180 licorece (Vie St Gilles, 854 ds T.-L.); ca 1200 ricolice (Aye d'Avignon, 72, ibid.); fin xiies. ricolisse (Moniage Guillaume, II, éd. W. Cloetta, 3397); 1260 regulisse (Étienne Boileau, Métiers, 32 ds T.-L.); ca 1393 reglisse (Ménagier, éd. G. E. Brereton et J. M. Ferrier, p. 263, l. 29); 1835 condamnation de l'empl. masc. (Omnibus lang., Platt, Dict. lang. vicieux, p. 358; Pomier, Loc. vicieuses Hte-Loire, p. 189); 1850 réglisse d'Amérique (Dorvault, L'Officine, p. 486 ds Quem. DDL t. 21). Empr. au lat. de basse époqueliquiritia, altér., sous l'infl. de liquor (v. liqueur), de glycyrrhiza empr. du gr. γ λ υ κ υ ́ ρ ρ ι ζ α « racine douce, réglisse ». L'a. fr. ricolece, altér. de licorece par métathèse, étant devenu reglisse sans doute sous l'infl. de règle* à cause de la commercialisation de la réglisse en longs bâtons. FEW t. 4, p. 174b et 175a. Fréq. abs. littér.: 45. Bbg. Quem. DDL t. 5, 21.