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PERCEPTION, subst. fém.
I.− Acte de percevoir, son résultat.
A.− [En tant qu'acte]
1.
a) PHILOS., PSYCHOL. Opération psychologique complexe par laquelle l'esprit, en organisant les données sensorielles, se forme une représentation des objets extérieurs et prend connaissance du réel. Perception tactile, visuelle; perception spatiale; théorie de la perception. Un des effets du vêtement est de rendre le corps plus présent et plus sensible à lui-même par des perceptions de la peau (Alain,Beaux-arts,1920,p. 68)La perception est plus que la simple sensation : c'est la sensation suivie de l'acte intellectuel qu'elle suscite immédiatement et par lequel elle est interprétée (Méd. Biol.t. 31972) :
1. Nos perceptions du monde physique s'organisent en nous (...) sous forme d'images qui représentent avec le plus de fidélité possible ce qui se passe autour de nous. Mais perceptions, sensations, ne tombent jamais dans un terrain neutre; elles engendrent immédiatement une réaction affective, une émotion, qui varient selon la nature de ce qui les provoque, mais aussi selon la nature de celui qui les reçoit. Huyghe, Dialog. avec visible,1955, p. 313.
Troubles de la perception. Les troubles de la perception peuvent (...) être dus à des altérations des organes sensoriels, des voies nerveuses et des centres correspondants à des perturbations des centres d'intégration gnosique (...) à une atteinte de la personnalité ou à une modification de la conscience ou de la relation au monde (Lafon1969).
PSYCHANAL. Perception externe. La psychanalyse fait la distinction entre la perception externe et la perception interne, la première étant fondée sur des sensations dérivées des organes des sens, la seconde étant fondée sur la conscience que l'on prend des processus mentaux « internes » (Rycr.1972).
b) GRAMM. Verbe de perception. Verbe qui désigne une opération des sens :
2. La proposition infinitive, sans être absolument de règle après les verbes de perception (regarder, voir, écouter, entendre, sentir, etc.), y est du moins très habituelle; sans doute parce que ces verbes forment avec l'infinitif complément une unité sémantique si étroite que la langue en fait un bloc. Le Bidois1967, p. 308.
2. Acte de prendre connaissance par l'intuition, par l'intelligence ou l'entendement. La perception du bien et du mal s'obscurcit à mesure que l'intelligence s'éclaire; la conscience se rétrécit à mesure que les idées s'élargissent (Chateaubr., Mém., t. 4, 1848, p. 584).L'acte le plus simple de l'intelligence renferme la perception de Dieu; car il renferme la perception de l'être et la perception de l'infini (Renan, Avenir sc.,1890, p. 478).
PSYCHOL. Perception interne. ,,Connaissance que le moi possède de ses états et de ses actes par la conscience`` (Lal. 1968). Notre perception interne paraît bien ne porter que sur des états de notre corps (G. Marcel, Journal,1914, p. 22).V. supra ex. de Rycr. 1972.
B.− [En tant que résultat]
1. PSYCHOL. Ce qui est perçu par l'intermédiaire des sens. Synon. percept.L'intelligence se règle (...) sur des perceptions présentes ou sur ces résidus plus ou moins imagés de perceptions qu'on appelle les souvenirs (Bergson, Deux sources,1932, p. 126).Les perceptions de la vue sont plus riches que celles des autres sens (Foulq.-St-Jean1962) :
3. Si maintenant nous remplaçons la trace physiologique par une « trace psychique », si nos perceptions demeurent dans un inconscient, la difficulté sera la même : une perception conservée est une perception, elle continue d'exister, elle est toujours au présent... Merleau-Ponty, Phénoménol. perception,1945, p. 473.
2. Prise de conscience, sentiment plus ou moins précis de quelque chose. Synon. aperception.Pour le psychologue, c'est le fond qui est significatif, et le fond commun est, ici comme là, dans l'À rebours, de M. Huysmans comme dans l'Adolphe de Benjamin Constant, une mortelle fatigue de vivre, une morne perception de la vanité de tout effort (Bourget, Nouv. Essais psychol.,1885, p. 112).Il avait ressenti la perte de ses amis, jusqu'à la perception de l'angoisse essentielle (Béguin, Âme romant.,1939, p. 181).
Avoir la perception de. Quel épicier il y a dans cet homme de talent et cet artiste qui s'appelle Loti! J'ai la perception de son goût odieusement bourgeois (Goncourt, Journal,1889, p. 961).Aristide eut la perception de l'impair qu'il venait de commettre et s'en étonna lui-même (Vogüé, Morts,1899, p. 315).
II.− Action de percevoir (un revenu, un impôt, une taxe). Il y a encore près de Strasbourg deux tours pareilles consacrées à une perception d'impôt sur les passants (Hugo, Rhin,1842, p. 177).L'Ukraine ferait annuellement un don gratuit au tsar, mais la perception aurait lieu sans l'intervention des collecteurs moscovites (Mérimée, Cosaques d'autrefois,1865, p. 265):
4. ... et le droit de guet et de garde qui subsista en argent, même après la démolition des donjons; et le droit de gîte, de prise et pourvoirie (...). Mais l'impôt exécré, celui dont le souvenir grondait encore au fond des hameaux, c'était la gabelle odieuse, les greniers à sel, les familles tarifées à une quantité de sel qu'elles devaient quand même acheter au roi. Toute cette perception inique dont l'arbitraire ameuta et ensanglanta la France. Zola, Terre,1887, p. 78.
En partic. Recouvrement des impôts directs; p. méton., emploi, bureau de celui qui est chargé de ce recouvrement. Adressez-vous à la perception (Ac.1935).C'étaient des promesses de bureaux de tabac, de perceptions (A. Daudet, N. Roumestan,1881, p. 11).
REM.
Perceptuel, -elle, adj.a) Philos. Relatif à un mode de penser concret, dirigé par la perception (supra I A 1 a), par opposition au mode de penser abstrait ou conceptuel. Nous sommes organisés de façon à percevoir vivement ce qui est insolite, inconnu, ce qui n'est pas encore intégré dans notre petit univers habituel. Le bruit qui nous alarme ou nous intrigue, la tache colorée qui mobilise d'abord notre attention, sont ensuite entendus ou vus « à moitié » une fois qu'ils sont devenus familiers. Ce qui nous permet d'éviter une indigestion perceptuelle permanente (Réalités,juin 1969, p. 89, col. 2).b) Psychol. Test perceptuel. Le test perceptuel est un test sociométrique qui s'adresse à l'esprit du patient et non à la réalité sociale. On peut se dispenser de poser des questions. On demande au patient de se mettre à la place des personnes de son groupe qu'il préfère et en particulier d'évaluer quels sentiments elles ont à son égard. Ce test est fondé sur le fait que chaque individu cherche à percevoir intuitivement (M. Cornaton, Groupes et société, Toulouse, Privat, 1972, p. 54).
Prononc. et Orth. : [pε ʀsεpsjɔ ̃]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. a) Ca 1370 « recouvrement des revenus d'ue te2re,.. » (Oresme cité ds Meunier, Oresme, p. 191 : la perception des fruiz et le labeur ne sont pas equalz); 1372 (Ratif. de test. par le roi Ch. V, A.N.P., pièce 4544ds Gdf. Compl.); b) 1829 « office du percepteur » (Boiste); c) 1903 « bureau du percepteur » (Nouv. Lar. ill.); 2. 1611 « acte par lequel le sujet prend connaissance des objets qui ont fait impression sur ses sens » (Cotgr.); 1746 p. ext. « ce que l'esprit perçoit » (Condillac, Essai, part. 1, section 2, chap. 4, p. 76). Empr. au lat. perceptio « action de saisir par l'esprit, connaissance » (de percipere « percevoir »); perception a vécu en a. fr. au sens partic. de « fait de recevoir l'Esprit Saint » et « fait de recevoir le corps du Christ » (fin xiies. -ca 1350, v. T.-L.), sens empr. au lat. chrét. (v. Blaise Lat. chrét.). Fréq. abs. littér. : 2 431. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 3 044, b) 1 913; xxes. : a) 1 604, b) 5 751. Bbg. Greimas (A.-J.). Nouv. dat. Fr. mod. 1952, t. 20, p. 304. − Lerch (E.). Passion und Gefühl. Archivum romanicum, 1938, t. 22, p. 340.