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PAROISSE, subst. fém.
A. −
1. Circonscription ecclésiastique dans laquelle s'exerce le ministère d'un curé. Territoire, église de la paroisse. La paroisse n'avait que trois chasubles: une violette, une noire et une d'étoffe d'or (Zola, Faute Abbé Mouret, 1875, p.1216).À Paris, je fréquente quelques maisons excellentes de la paroisse Sainte-Clotilde (Renan, Drames philos., Jour an, 1886, p.707):
1. Le samedi, le cérémoniaire affichait les noms de ceux qui seraient de service le lendemain à la cathédrale et dans les diverses paroisses de la ville. Aux dimanches ordinaires, on n'envoyait dans les paroisses qu'un diacre et un sous-diacre, mais aux jours de grande fête s'ajoutaient à eux un cérémoniaire, un thuriféraire et deux acolytes. Billy, Introïbo, 1939, p.82.
SYNT. Paroisse mondaine, pauvre, riche; clergé, curé, vicaire de la paroisse; les oeuvres, les pauvres de la paroisse.
Proverbe. Il faut placer le clocher au milieu de la paroisse. V. clocher1C.
Expr. fam.
a) Vx. [En parlant d'éléments de la parure] De deux paroisses. Composé d'éléments disparates, mal assortis. (Dict.xixes.).
[En parlant de pers.; p.allus. à l'habit bicolore des bedeaux desservant deux paroisses fusionnées] Porter habit de deux paroisses. Louvoyer entre deux attitudes, deux partis (Dict.xixes.).
b) [En parlant de pers.]
Être de la même paroisse. Être du même avis:
2. Venir comparer celle-ci [Eugénie de Guérin] et MmeSwetchine, catholique à catholique, c'est trop proche et trop aisé; il n'y a pas assez d'intervalle ni d'ouverture pour les points de vue: elles sont de la même paroisse. Sainte-Beuve, Nouv. lundis, t.9, 1865, p.245.
Ne pas être de la paroisse. Être étranger (à quelque chose). Ce que femme veut, Dieu le veut. Voilà, en sept mots, toute la charte parisienne. Mais je ne suis pas de la paroisse (Brillat-Sav., Physiol. goût, 1825, p.11).
Prêcher* pour sa paroisse.
Fam., péj. Coq de (la) paroisse. Le plus riche habitant d'un bourg, d'un village. C'est le coq de sa paroisse. C'est un coq de paroisse (Ac. 1835-1935).
c) [En parlant de choses ou de pers.] De toutes les paroisses. De toute provenance. Sur la planche supérieure du grand meuble sont les grands livres, les grands manuscrits de toutes les paroisses, que leur format expulse des rayons de la bibliothèque (E. de Goncourt, Mais. artiste, t.2, 1881, p.108).Des mendiants, de toutes les paroisses, des vieilles qui avaient le gros-cou, des idiots jaunes comme de la chandelle, à longs cheveux raides, des estropiés couverts d'ulcères (Pourrat, Gaspard, 1922, p.108):
3. «Je n'ai, m'a-t-il dit, que cette chance de me rappeler à son souvenir (...)» −Et vous estimeriez une femme capable de garder des souvenirs de toutes les paroisses? dit Modeste. Balzac, Modeste Mignon, 1844, p.250.
2. Division territoriale dans laquelle s'exerce le ministère d'un pasteur protestant ou, p.ext., d'un chef spirituel d'une religion quelconque. Ce que vous me dites des paroisses de Londres m'a d'autant plus intéressé que j'y ai vu la confirmation entière de mes idées en cette matière (Tocqueville, Corresp.[avec Reeve], 1836, p.29):
4. ... l'iman, toujours souriant, s'excusa du piètre tapis sur lequel nous marchions: ce tapis n'était guère qu'une loque. Mais les tapis de mosquée coûtent cher, et la paroisse de Mehmed Sokoli n'est point riche. Farrère, Homme qui assass., 1907, p.260.
3. P. méton.
a) Église de la paroisse. Aller à la messe à sa paroisse; clocher de la paroisse. L'église des Minimes, notre paroisse, où j'allais, tous les quinze jours, m'agenouiller et parler à voix basse, le coeur battant, de ce qui se passait en moi (Bourget, Disciple, 1889, p.84):
5. C'est toujours le personnel obligé de ces peintures mystiques: la Vierge (...) et le donateur qui a commandé au peintre l'ex-voto pour sa chapelle ou sa paroisse. Gautier, Guide Louvre, 1872, p.83.
b) Ensemble des habitants ou des fidèles de la paroisse. Curé estimé de sa paroisse. Après l'évangile, le curé monta en chaire, demanda la bénédiction au P. abbé, fit l'éloge des moines et exprima, au nom de la paroisse, le regret de les voir partir (Huysmans, Oblat, t.2, 1903, p.231).Les vertus de Noémi que M. le curé a choisie entre toutes et qui édifie la paroisse (Mauriac, Baiser Lépreux, 1922, p.161):
6. Thomas Gourvennec gagna le choeur (...) et se signa comme un prêtre. Tous se signaient à leur tour. «Mes chers frères», leur dit-il, et il entama un discours véhément contre les mauvais chrétiens. La paroisse l'écoutait sans surprise, avec une attention fidèle. Queffélec, Recteur, 1944, p.26.
B. − HISTOIRE
1. [Sous l'Ancien Régime] Circonscription administrative rurale correspondant à la paroisse. Assemblée, conseil de paroisse; députés de paroisses. J'ai revu le tombeau de M. de Longaunay (...). Son titre de noble est seulement effacé. Tous les noms des paroisses dont il était seigneur y sont encore (Chênedollé, Journal, 1803, p.1).Dans nos pays, plus les paroisses sont pauvres, de maigre sol, plus les communaux sont grands (Pourrat, Gaspard, 1930, p.89):
7. ... nous tous, ouvriers, bourgeois, paysans, nous irions nous assembler à l'hôtel de ville, pour dresser un cahier de nos plaintes et doléances, et nommer des députés qui porteraient ce cahier à l'endroit qu'on nous dirait plus tard (...). Dieu merci, nous avions des plaintes à mettre dans les cahiers de chaque paroisse. Erckm.-Chatr., Hist. paysan, t.1, 1870, p.120.
2. [Au Canada] ,,Municipalité rurale administrée par un conseil municipal et qui n'est ni une municipalité de village, ni une municipalité de canton, ni une municipalité de partie de canton, ni une municipalité de comté`` (Canada 1930). Le maire de la paroisse (Guèvremont, Survenant, 1945, p.55).
Prononc. et Orth.: [paʀwas], [-ɑs]. ,,Les Parisiens âgés disent parwas (...), avec un a fermé. C'est la prononciation la plus commune en province`` (Rouss.-Lacl. 1927, p.121). Martinet-Walter 1973 [-as], [-ɑs] (11/6). Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1. 1155 «circonscription ecclésiastique où s'exerce le ministère d'un curé» (Wace, Brut, éd. I. Arnold, 5244); 1174-76 (Guernes de Pont-Sainte-Maxence, St Thomas, éd. E. Walberg, 3312); 2. 1174-87 barroche «église de la paroisse» (Chrétien de Troyes, Perceval, éd. F. Lecoy, 6231: Se tu es an leu ou il ait Mostier, chapele ne barroche); 1287 l'uis de la barroche (doc. ds Gdf. Compl.); 3. fig. a) 1376 estre paroissien de la grant paroisse aus chiens «être du nombre de ceux qui se laissent mener à la baguette [comme des chiens]» (Modus et Ratio, 118, 779-80, éd. G. Tilander; v. le gloss.); b) av. 1520 [estre] de deux paroisses «être faux, trahir» (Rec. Trepperel, I, Sotties, éd. E. Droz, XV, 405, p.334); 4. 1636 «l'ensemble des paroissiens» (Monet: Parroisse, cors des parroissiens). B. 1283 «circonscription rurale» (Philippe de Beaumanoir, Beauvaisis, éd. A. Salmon, 1387). Du lat. chrét. parochia désignant le territoire d'un ressort eccl., spéc. le ressort d'une église épiscopale, un diocèse (employé dans ce sens, concurremment avec diocesis jusqu'à la fin du xies., ca 1076 ds Nierm.); fin ive-début ves. St Jérôme, Paulin de Nole ds Blaise Lat. chrét.; −au plur. des paroisses, d'abord communautés chrétiennes situées hors de la cité épiscopale: début ves., ibid.; −de là des églises de campagne: ves., Sidoine Apollinaire, ibid.; −fin viiies. le ressort d'une église paroissiale, Nierm.; puis au Moy. Âge l'ensemble des paroissiens: xiies. ds Blaise Latin. Med. Aev. Le lat. parochia est une altération d'une forme ant. paroecia (Hier., Ep., 82, 8 et passim ds Blaise Lat. chrét.; transcr. du gr. eccl. π α ρ ο ι ́ κ ι α «séjour dans un pays étranger» Septante Sagesse, XIX, 10; Actes, XIII, 17 [désigne le séjour en Égypte]; puis «communauté, église particulière» début ives.; «diocèse» 2emoitié ives. ds Archéol. chrét. t.13, 2epartie, col. 2199) sous l'infl. du lat. class. parochus «régisseur des magistrats en voyage» (transc. du gr. π α ́ ρ ο χ ο ς de π α ρ ε ́ χ ω «fournir, offrir, présenter»). π α ρ ο ι ́ κ ι α est dér. de π α ́ ρ ο ι κ ο ς proprement «celui qui habite à côté, près» désignant les étrangers, ceux qui n'ont pas droit de cité (Septante Gen. XV, 3), de π α ρ ο ι κ ε ι ̃ ν «demeurer auprès de; séjourner dans un pays comme étranger» (Septante Gen. XII, 10 [à propos d'Abraham séjournant en Égypte]), les chrétiens se considérant comme citoyens de l'au-delà, de passage dans la cité terrestre. Fréq. abs. littér.: 1059. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 1270, b) 1508; xxes.: a) 2092, b) 1352. Bbg. Hélin (M.). Christianitas. Arch. Lat. Med. Aev. 1959, t.29, p.229. _Herbillon (J.). Paroisse et sart «division administrative». R. belge Philol. Hist. 1969, t.47, pp.480-481. _Richard (W.) 1959, p.98.