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MAILLE2, subst. fém.
A. − NUMISM. [Sous les Capétiens] Monnaie de très faible valeur, valant un demi-denier. Un jongleur amuse son public et tente de lui soutirer quelque monnaie (...). Aussi ne dédaigne-t-il pas la maille, la simple maille, dont il faut deux pour faire un denier (Faral,Vie temps st Louis,1942, p. 196).
B. − Loc. fig.
Vieilli. Sans sou ni maille. Sans argent aucun. N'avoir ni sou ni maille. N'avoir aucun argent. Charles ne nous est de rien, il n'a ni sou ni maille; son père a fait faillite (Balzac,E. Grandet,1834, p. 110).Fils d'un fermier franc-comtois; orphelin à dix ans, sans sou ni maille; goujat de ferme, puis valet de charrue, voilà son entrée dans la vie (Farrère,Homme qui assass.,1907, p. 36).
Avoir maille à partir avec qqn, avec qqc. Avoir un différend avec quelqu'un, des difficultés avec quelque chose. Il est bien douloureux d'avoir maille à partir avec le suffrage universel (Baudel.,Curios. esthét.,1857, p. 185):
.C'est ici que tu as couvé ta couvée, que tu as soigné les maladies, que tu as veillé près des berceaux, que tu as eu «maille à partir» avec des nurses et des institutrices. Mauriac, Noeud vip.,1932, p. 102.
Prononc. et Orth.: [mɑ:j] et [-a-]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Ca 1130 numism. (Lois de Guillaume le Conquérant, éd. J. E. Matzke, p.5, § 1); 2.ca 1135 ne pas valeir maaille «ne rien valoir» (Couronnement de Louis, éd. Y. G. Lepage, rédaction AB, 2409); 3.a) α) 1174 ne porter maaille ne denier «n'avoir pas le sou» (Guernes de Pont-Sainte-Maxence, St Thomas, 4453 ds T.-L.); β) 1736 n'avoir ni sou ni maille (Marivaux, Télémaque travesti, p. 121); b) 1616 avoir maille à départir (avec qqn) «avoir un différend» (A. de Montluc, La Comédie des Proverbes ds Anc. Théâtre Français, t. 9, p. 50); 1655 avoir maille à partir [«à partager»] (Molière, Etourdi, I, 7). Du lat. médiév. medalia «demi-setier» (ixes. ds CGL t. 1, p. 299; cf. aussi Nov. Gloss.), issu par dissimilation de *medialia, plur. neutre pris comme fém. sing. de l'adj. *medialis «qui se trouve au milieu», lui-même dér. de medius «demi» (cf. aussi l'ital. medaglia, l'esp. meaja, cat. malla, au sens de «monnaie»). Cf. la forme latinisée mailla (1082-1106, Angers ds Nov. Gloss.).
STAT. Maille1 et 2. Fréq. abs. littér.: 493. Fréq. rel. littér.: xixes.: a)767, b)897; xxes.: a)784, b)489.