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* Dans l'article "JUGULER,, verbe trans."
JUGULER, verbe trans.
A. − Vx ou rare
1. Saisir à la gorge; étrangler, égorger. Quant au mode d'abattage des animaux de boucherie, le souci d'obtenir des viandes bien exsangues paraît dominer, avec celui de faire souffrir le moins possible la bête à abattre (...) (les mouvements convulsifs de la bête jugulée, qui font impression, ne s'accompagnent pas de conscience) (Weill, Judaïsme,1931, p. 160).
P. métaph. Il ligota sa douleur, sauta sur elle, jugula sa tête de pleureuse, se dominant avec efficacité (Malègue, Augustin, t. 2, 1933, p. 127).
En partic. Saisir à la gorge ou tourmenter pour obtenir de l'argent. Le reste de la parabole n'est pas fait pour vous, n'est-ce pas? L'éventualité d'un seigneur qui vous jugulerait à son tour est une invention des prêtres (Bloy, Femme pauvre,1897, p. 282).
2. Au fig. [Au xixes.] Importuner sans relâche. Synon. lanciner, tourmenter.Le problème, qui le jugulait alors, était celui-ci : « Dois-je laisser passer ce trait piquant ou bien dois-je me fâcher? » (Stendhal, Lamiel,1842, p. 192).
B. − Au fig.
1. Qqn jugule qqn.Empêcher d'agir, contenir dans son action. Synon. freiner, neutraliser, retenir.Il lui écrivit : « Chère mademoiselle, je ne vous retournerai plus vos petits cadeaux, chacun d'eux, automatiquement, je le donnerai à une de mes maîtresses » (...). Elle en fut jugulée, il n'y eut plus de petits cadeaux (Montherl., J. filles,1936, p. 953).
[P. méton. de l'obj.] Juguler la presse. La presse résiste à ses détracteurs (...). On peut la juguler, la domestiquer quelque temps; on ne peut l'abattre (Coston, A.B.C. journ.,1952, p. 76).
2. Qqn/qqc. jugule qqc.Empêcher de se manifester, de se développer. Synon. arrêter, enrayer, étouffer, maîtriser, refréner, réprimer, stopper.Juguler l'inflation, un mouvement d'opinion, une révolte. L'oubli, le silence, descendent au moins en soi; si l'on arrive même à étouffer ses plaintes, à juguler le ressentiment dès qu'il paraît (Huysmans, Oblat, t. 1, 1903, p. 156).La hausse des prix a été sévèrement jugulée (Lesourd, Gérard, Hist. écon.,1966, p. 473):
... quel homme, une fois atteint le tournant du milieu de la vie, trouve encore quelque intérêt à ses propres passions? Qu'elles l'asservissent ou qu'il les jugule, rien d'elles ne pourrait plus le surprendre. Mauriac, Journal 2,1937, p. 164.
En partic. Enrayer (une maladie) à l'aide d'une médication énergique. Juguler une crise, une grippe, une infection. On peut agir sur les maladies, les juguler, les détruire, les guérir (Cl. Bernard, Princ. méd. exp.,1878, p. 128).L'homme de gauche croit (...) au vaccin qui jugulera la maladie inguérissable (Vailland, Drôle de jeu,1945, p. 168).Il y a quelquefois même un véritable traitement d'urgence à instituer pour juguler l'infection et lutter contre les hémorragies (QuilletMéd.1965, p. 166).
REM. 1.
Jugulation, subst. fém.,rare. Fait d'enrayer (une maladie). À la tribune [de l'Académie de Médecine] monta M. Dujardin-Beaumetz. Il avait à lire un rapport sur la Jugulation de la fièvre typhoïde. J'aime cette expression pittoresque. Jugulation fait tableau (P. Véron,Les Propos d'un boulevardier, Paris, Dentu,1888,p. 150).
2.
Jugulateur, subst. et adj. masc.,rare. (Celui) qui jugule. Un gouvernement despotique, jugulateur de la presse (Arnoux, Roi,1956, p. 16).
Prononc. et Orth. : [ʒygyle], (il) jugule [ʒygyl]. Att. ds Ac. 1935. Étymol. et Hist. 1. Ca 1213 « égorger » (Faits des Romains, éd. L. F. Flutre, et K. Sneyders de Vogel, p. 39, 7); 2. 1773 « (d'une chose) accabler, accuser, condamner » (Beaumarchais, Mém., Paris, Garnier, 1873, p. 105); 3. 1789 « dépouiller de son argent, pressurer » (Cahier [de doléances] de Kermoroc'h d'apr. G. Esnault ds Fr. mod. t. 18, p. 137); 1819 (Boiste); 4. 1821 « importuner » (Desgranges, Petit dict. du peuple, p. 55 ds Goug. Lang. pop., p. 180); 5. 1836 juguler une maladie (Journ. de méd. et de chir. pratiques, t. 7, p. 512 ds Quem. DDL t. 8). Empr. au lat.jugulare « égorger, assassiner », fig. « confondre, terrasser, abattre ». Fréq. abs. littér. : 32. Bbg. Gohin 1903, p. 349. - Quem. DDL t. 8, 13.