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DÉFUNT, UNTE, adj. et subst.
I.− Emploi adj.
A.− Style admin. ou noble. [En parlant des êtres humains, parents ou assimilés aux parents (souverain, seigneur féodal, etc.)] Qui est mort, décédé. Anton. vivant.
1. En emploi épithète avec un subst. déterminé. Synon. plus usuel feu.
a) Postposé. Un ami, cousin, époux défunt. Les témoins tant défunts que survivants sont inscrits dans le cartulaire dudit monastère (Huysmans, Oblat,t. 1, 1903, p. 199):
1. D'un œil morne, comptant leurs compagnons défunts, Les soldats regardaient, comme des feuilles mortes, Au loin, tourbillonner les archers de Phraortes... Heredia, Les Trophées,1893, p. 78.
2. ... on y voyait encore [dans le cimetière] les deux monuments élevés, l'un par les Français, l'autre par les Anglais, à la mémoire de leurs camarades défunts, dont les noms se lisaient gravés sur la pierre. Ambrière, Les Grandes vacances,1946, p. 174.
SYNT. Parent défunt, aïeule, fille, mère défunte; empereur, monarque, roi, sultan défunt.
Par personnification (d'objets nobles). Les monstres, les bas-reliefs à demi effacés, les amas de grandes pierres défuntes, baignant à présent dans une sorte d'ironique et morne magnificence (Loti, Pèl. Angkor,1912, p. 126).
b) Antéposé. Le défunt monsieur; le défunt chef de la tribu; le défunt évêque, monarque, roi; son défunt mari, ma défunte mère, ma défunte fille. Le défunt curé de Sainte-Eulalie (...) assurait qu'il y [ds le Cantique des Cantiques] est dit en latin que l'« amour est plus fort que la mort » (A. France, Étui nacre,1892, p. 111).
Parfois pop. ou fam. sans article. Me voilà revenu à Montgraham, en train de politique comme un chien qu'on fouette, plein de vous et de mes Mémoires, et sentant le vent d'automne comme défunt René! (Chateaubr., Corresp. gén.,t. 2, 1789-1824, p. 7):
3. Je le dis souvent avec Adrienne : « Si défunt monsieur revenait! S'il pouvait voir tout ce qui s'est passé, depuis qu'il n'est plus là! » Martin du Gard, Les Thibault,Épilogue, 1940, p. 824.
[Suivi d'un nom de parent (ou plus rarement un nom d'être familier ou proche) déterminé par un possessif] . Vx. Défunt mon père. Cette manière de parler est du style bas et comique; dites, feu mon père (J.-F. Rolland, Dict. mauv. lang.,1813, p. 49).J'ai reçu à cet égard des instructions de défunt leur père (Balzac, Tén. affaire,1841, p. 107).Défunt votre grand-père, défunt son papa, défunte sa belle-sœur, défunte ma mère. L'abbé Patrouille, défunt not' curé (Martin du Gard, Gonfle,1928, III, 1, p. 1215).
Rare. [En parlant d'un animal] Il oubliera défunt son perroquet (Prévert, Paroles,1946, p. 276).
Rem. Dans cette constr., on rencontre des ex. où l'accord ne se fait pas avec le nom fém. qui suit. [Le gamin Tortillard, 10 ans :] Depuis défunt maman il n'y a que vous qui m'avez caressé (Sue, Myst. Paris, t. 3, 1842-43, p. 31).
2. En emploi attribut. Mort. Il est défunt. Je ne serai pas toujours obligé de donner mes soins à un premier vizir. Florimont... − Il est donc défunt?... C'est sa femme qui est défunte; mais (...) comme il doit faire le dernier voyage avec elle (A. Dumas père, Noce et enterrement,1826, 2etabl., sc. 4, p. 93).Du jour où on nous a promus défunts (Arnoux, Paris,1939, p. 94):
4. Mon cœur est une horloge oubliée à demeure, Qui, me sachant défunt, s'obstine à sonner l'heure! Laforgue, Poésies complètes,1887, p. 183.
B.− P. ext. Qui a cessé d'être, qui n'existe plus. Anton. actuel, présent.
1. Emploi épithète
a) [Avec des noms de chose relativement courants et plus ou moins personnifiés] . Fam. et gén. iron. Synon. mort, fini.Il [La Commande] est parti en cahotant, aussi vite que pouvaient le lui permettre le moteur poussif et la suspension défunte (Vialar, Clara,1958, p. 105):
5. ... Je suis tombé sur des entreprises qu'étaient presque abandonnées (...) des comptoirs d'échantillonneurs pour les merceries défuntes... Céline, Mort à crédit,1936, p. 368.
Antéposé. Synon. ex-, ancien.Et quelle autre pourrait-ce être? répondit Consuelo qui avait eu soin d'assortir la couleur à celle de la défunte robe de chambre de Venise (Sand, Consuelo,t. 3, 1842-43, p. 142).Tant que je n'ai pas passé la défunte barrière de Paris, je suis loin (Colette, Jumelle,1938, p. 159).Il fallait aller au défunt Odéon pour trouver plus cabot qu'un procureur de la Haute Cour réclamant la mort de quelqu'un (Anouilh, Répét.,1950, p. 21).
b) [Avec des noms de chose abstr. marquant la temporalité ou exprimant des sentiments, des actions (humaines) ou leur résultat] . Littér. Le passé défunt, les siècles défunts; un amour défunt. Synon. passé, révolu.Ma douleur (...) Vois se pencher les défuntes Années, Sur les balcons du ciel, en robes surannées; Surgir du fond des eaux le Regret souriant (Baudel., Fl. du Mal,1857-61, p. 134).Derrière toute cette verdure et tout cet embaumement, on apercevait la plus gracieuse chose qui se pût imaginer en architecture défunte (Leroux, Parfum,1908, p. 38).Il s'était pendu dans sa grange, préférant ne pas survivre à sa gloire défunte (Van der Meersch, Invas. 14,1935, p. 451):
6. Un calendrier de l'an défunt dont l'éphéméride demeurait fixée au 12 décembre, comme si la course des jours se fût gelée ce matin-là, ... Arnoux, Les Gentilshommes de ceinture,1928, p. 57.
Rem. L'adj. est souvent antéposé. Les défuntes années, saisons. Lorsque je serai mort je vivrai d'acte en acte Ma défunte vie à tâtons (Cocteau, Clair-obscur, 1954, p. 61).
2. Emploi attribut, rare. Mort, disparu. Le soleil est défunt; il gèle en mon univers (Rolland, C. Breugnon,1919, p. 25).Ce n'est pas la mauvaise littérature qui est défunte; c'est la littérature (Chardonne, Attach.,1943, p. 102).
II.− Emploi subst. [En parlant des pers.] Personne qui est décédée. Le corps (le cadavre) du défunt; l'âme (les mânes) du défunt; l'esprit d'un défunt; le portrait d'un défunt; la commémoration des défunts. Elle se fit faire un tableau funèbre avec les cheveux de la défunte (Flaub., MmeBovary,t. 1, 1857, p. 43):
7. ... j'ai été le seul (avec un ancien chasseur de cabaret, dont j'ai compris qu'il buvait son Pernod tous les soirs avec le défunt) à aller jusqu'au cimetière et à jeter des fleurs sur un cercueil dont le luxe m'étonna. Camus, La Chute,1956, p. 1491.
Rem. Vieilli lorsque le déterm. est un poss.; usuel avec un, le dans le lang. relig. ou administratif.
SYNT. Monument des (aux) défunts; les créanciers, les héritiers, le patrimoine d'un défunt; les mérites, les qualités, les vertus, les vœux, les dernières volontés d'un défunt; enterrer, pleurer un défunt; prier pour les défunts.
P. plaisant. Dans huit jours, madame ma femme (...) aura réintégré le domicile conjugal (...) Je me fais l'effet d'un veuf qui convole avec sa défunte! (Augier, MmeCaverlet,1876, p. 468).
Prononc. et Orth. : [defœ ̃], fém. [-œ ̃:t]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1243 adj. defuns (Document 407/III, 18 ds Z. fr. Spr. Lit., t. 84, p. 337); 1300-50 subst. deffuntz (Coutumes Lille, éd. Roisin, p. 19). Empr. au lat. class.de vita] defunctus (part. de defungi) proprement « qui a accompli, achevé sa vie ». Fréq. abs. littér. : 825. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 981, b) 1 159; xxes. : a) 1 519, b) 1 135. Bbg. Grundt (L.-O.). Ét. sur l'adj. invarié en fr. Oslo, 1972, p. 72.