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CAPRICE, subst. masc.
A.− Le plus souvent au sing. Disposition de l'esprit à des enthousiasmes passagers, à des changements brusques dans l'humeur, les résolutions ou les sentiments. Agir au gré de son caprice, par caprice; suivre son caprice. Synon. inconséquence, inconstance, versatilité.Je suis avant tout l'homme de la fantaisie, du caprice, du décousu (Flaubert, Correspondance,1846, p. 225):
1. ... l'œuvre d'art n'est pas un décalque de la réalité, mais une transposition, soumise au caprice, à la volonté, et même « aux infirmités » de l'artiste. Lhote, Peint. d'abord,1942, p. 19.
PARAD. a) (Quasi-)synon. contextuels arbitraire, besoin, délire, désir, enfantillage, fantaisie, hasard, humeur, incohérence, passion; b) (Quasi-)anton. contextuels constance, raison.
B.− Manifestation de cette disposition.
1. [Dans l'ordre de la volonté, du comportement]
a) Manifestation irréfléchie de la volonté, généralement soudaine, obstinée et sujette à de brusques revirements. Ce qui semble caprice, aux yeux des gens sans âme, m'a toujours semblé la raison du cœur (Balzac, Correspondance,1836, p. 46):
2. ... il [Roosevelt] fit une allusion transparente à de Gaulle, en évoquant telle « prima donna » à qui son caprice de vedette avait fait manquer un utile rendez-vous. De Gaulle, Mémoires de guerre,1959, p. 89.
SYNT. Caprice d'enfant, de femme, de malade; avoir des caprices, être plein de caprices, être le jouet des caprices; céder, obéir, se plier, se soumettre aux caprices de qqn; faire les caprices de qqn.
Loc. Passer un caprice à qqn, se passer un caprice :
3. Soyez sérieuse et soyez sage! Nous vous avons passé votre caprice, un caprice prolongé. Mais le caprice est fini, madona. Il faut partir. G. Duhamel, Chronique des Pasquier,Suzanne et les jeunes hommes, 1941, p. 270.
P. ext. [En parlant d'un attribut, d'une faculté de l'homme] Réaction, revirement, modification imprévisible et incontrôlable. Je redoutais surtout mes propres sens et leurs caprices (S. de Beauvoir, Mémoires d'une jeune fille rangée,1958, p. 166):
4. ... soucieuse avant tout qu'une règle d'existence disciplinât les caprices de mes nerfs, ce qu'elle [ma mère] regrettait, c'était moins de me voir renoncer à la diplomatie que m'adonner à la littérature. Proust, À l'ombre des jeunes filles en fleurs,1918, p. 481.
[En parlant d'un animal, d'un groupe d'animaux] Comportement incontrôlé, imprévu :
5. ... c'est (...) de l'ingratitude que de vous garder rancune pour les caprices de votre attelage, car c'est à l'un de ces caprices que je dois d'avoir vu le comte de Monte-Cristo, ... A. Dumas Père, Le Comte de Monte-Cristo,t. 1, 1846, p. 701.
b) En partic., PSYCHOL., lang. cour. Exigence obstinée et irréductible souvent accompagnée de colère. Les « caprices » ou « entêtements » de l'enfant (Mounier, Traité du caractère,1946, p. 412).
2. [Dans l'ordre du sentiment] Affection, inclination vive, subite et passagère pour une personne. Inspirer un caprice à qqn. Synon. toquade :
6. La froideur subite de ses discours (...) porta presque jusqu'à la passion le caprice de Madame d'Hocquincourt; elle lui disait [à Lucien Leuwen] même devant sa société, les choses les plus tendres. Stendhal, Lucien Leuwen,t. 2, 1836, p. 183.
Vieilli. Faire des caprices. Séduire, avoir des succès galants (cf. Ponson du Terrail, Rocambole, t. 1, L'Héritage mystérieux, 1859, p. 268).
P. méton., fam. Personne qui est l'objet d'une inclination passagère :
7. ...en comparant les photographies des divers « caprices » d'une fille ou d'une grande dame (...) on demeure étonné de la fixité de ces âmes soi-disant mobiles. P. Bourget, Physiol. de l'amour mod.,1890, p. 54.
3. P. anal., le plus souvent au plur.
a) Variations imprévisibles auxquelles certaines réalités concrètes ou abstraites sont sujettes. Les caprices de la langue, du langage (Ac. 1835-1932). Nous craignons les retards et les caprices du chemin de fer de Suez (Fromentin, Voyage en Égypte,1869, p. 131).Le docteur était persuadé que la ville serait livrée aux caprices de la maladie (Camus, La Peste,1947, p. 1389).
SYNT. Les caprices de la fortune, du hasard, de la mode, de la nature, du sort, des saisons.
b) P. ext. Changement fréquent dans la forme ou le mouvement :
8. Tout à l'heure je voyais une charmante vallée. À droite et à gauche, de beaux caprices de terrain, de grandes collines coupées par les cultures, et une multitude de carrés amusants à voir; ... Hugo, Le Rhin,1842, p. 16.
Rem. On rencontre ds la docum. un emploi adj. région. ou pop., avec le sens de « capricieux ». L'était si caprice, eç'te femme ed' l'ancien meunier d'And'lot, qu'un soir, à souper, s'était mis en tête, eç'te péronnelle, de n' manger ses pois chiches qu'un par un, avec un' épingl' ed' bonnet (R. Martin du Gard, La Gonfle, 1928, III, 3, p. 1232).
C.− B.-A., LITT., MUS. Œuvre aux contours imprévisibles, dont l'inspiration, la réalisation s'écarte des règles et des conventions habituelles. Synon. fantaisie.Il [le comte] paraissait écouter un caprice d'Hérold écorché sur le piano par sa femme, et courut chez la marquise (Balzac, La Femme abandonnée,1832, p. 304).
Prononc. et Orth. : [kapʀis]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1558 (Bonaventure des Périers, Nouv. récréations, nouv. 127 in Conteurs fr. du XVIes., éd. Gallimard, p. 589). Empr. à l'ital. capriccio attesté ds Batt. d'abord au sens de « frisson (de peur, d'horreur) » au xiiies. (Giamboni) puis au sens de « désir soudain et bizarre; idée fantasque » au xvies. (Bandello). Fréq. abs. littér. : 2 225. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 4 006, b) 4 072; xxes. : a) 2 982, b) 2 067. Bbg. Brinkmann (F.). Metapherstudien. Arch. St. n. Spr. 1876, t. 56, p. 344. − Brüch (J.). Bemerkungen zum französischen etymologischen Wörterbuch E. Gamillschegs. Z. fr. Spr. Lit. 1927, t. 49, pp. 316-317. − Gir. t. 2 Nouv. Rem. 1834, p. 17. − Gonin 1903, p. 290. − Hope 1971, p. 174. − Kohlm. 1901, p. 36. − Quem. 2es. t. 4 1972, p. 44. − Sar. 1920, p. 12. − Wind 1928, p. 186, 206.