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CALE1, subst. fém.
I.−
A.− Vx. Action d'immerger.
CODE PÉNAL MAR. Châtiment (supprimé en 1848) qui consistait à attacher un matelot à la grande vergue et à le plonger plusieurs fois dans la mer. Donner la cale; il a été condamné à la cale (Ac. 1798-1878). Le châtiment de la cale qu'on inflige aux matelots (Chamfort, Caractères et anecdotes,1794, p. 91).
P. ext. Donner la cale. Plaisanterie qui consiste à décrocher un hamac en faisant tomber la personne qui s'y trouve.
Rem. Attesté ds Nouv. Lar. ill.-Lar. encyclop., Quillet 1965.
B.− P. méton. Ce qui sert à immerger.
PÊCHE. ,,Plomb fixé au-dessus de l'hameçon sur une ligne servant à pêcher la morue. Au plur. cales. Plombs fixés au bas d'un filet et qui maintiennent celui-ci sur le fond`` (Gruss 1952).
Rem. Attesté ds Ac. Compl. 1842, Besch. 1845, Lar. 19e, DG, Guérin 1892, Nouv. Lar. ill., Quillet 1965.
II.− MARINE
A.− Partie la plus basse à l'intérieur de la partie immergée d'un navire. Cale à marchandises, à bagages; fond de cale; décharger la cale d'un navire :
1. Dans l'antre [du sinistre vaisseau] d'où sortait son vaste mouvement Au fond d'une fournaise on voyait vaguement Des êtres ténébreux marcher dans des nuées D'étincelles, parmi les braises remuées; Et pour âme il avait dans sa cale un enfer. Hugo, La Légende des siècles,t. 2, 1859, p. 807.
En partic.
1. Compartiment situé sous le pont et destiné à emmagasiner la cargaison (d'apr. Le Clère 1960) :
2. Des files de nègres, sur la rive, trimaient à la chicotte, en train de décharger, cale après cale, les bateaux jamais vides, ... Céline, Voyage au bout de la nuit,1932, p. 162.
P. ext. [En parlant d'un avion] Cale à bagages :
3. Les avions pour passagers présentent une plus grande envergure. Le Caudron 180 : (...). Il comporte une cabine pour 10 passagers, un lavabo, une cale à bagages. A. Albitreccia, Ce qu'il faut connaître des grands moy. de transp.,1931, p. 135.
2. Réduit où l'on enferme les marins punis. Quand je suis sorti, Olready faisait vingt-deux jours de cale (E. et J. de Goncourt, Journal,1872, p. 869).
P. anal. :
4. Il [le pion] m'a mis aux arrêts; − il m'a enfermé lui-même dans une étude vide, ... Dans une fente, un livre : (...) Robinson Crusoe (...) je suis resté penché sur les chapitres sans lever la tête, ... La faim me vient : j'ai très faim. Vais-je être réduit à manger ces rats que j'entends dans la cale de l'étude? J. Vallès, Jacques Vingtras,L'Enfant, 1879, p. 114.
3. Loc. À fond de cale. Au fond de la cale. On mit les prisonniers à fond de cale (Ac.1835-78).... les pauvres bougres qui ramaient à fond de cale (Mille, Barnavaux et quelques femmes...,1908, p. 309).
P. métaph. :
5. On imagine très bien, dans cette famille si ancienne, un grand seigneur blond doré, intelligent, doué de tous les prestiges et recélant à fond de cale un goût secret, ignoré de tous, pour les nègres. Proust, Le Temps retrouvé,1922, p. 705.
Pop., fam. Être à fond de cale. Être à bout de ressources.
B.− CONSTR. MAR.
1. Quai incliné construit en partie sous l'eau et qui permet le chargement et le déchargement. Cale du port. Au milieu de ce tumulte, René, escorté d'un détachement de soldats de marine, débarque à la cale du port (Chateaubriand, Les Natchez,1826, p. 354):
6. ... je me suis senti soudain un incroyable vague à l'âme. Goût d'une ville d'Asie, dévalant sur les eaux dans le fouillis de ses jonques, comme la cale d'un port dans sa crème de bouchons et de bois flottés, ... Gracq, Un Beau ténébreux,1945, p. 39.
2. Chantier en plan incliné pour la construction et le lancement d'un bateau, ou sa mise à sec en vue de sa réparation. Cale de construction, de lancement, de halage, de radoub; cale sèche (cf. A. Albitreccia, Ce qu'il faut connaître des grands moy. de transp., 1931, p. 121 et H. Le Masson, La Mar., 1951, p. 92) :
7. ... au bout de huit mois de séjour à la mer, un navire en fer peut perdre le tiers de sa vitesse. Il doit donc passer en cale sèche tous les huit mois pour être gratté et repeint, ... M. Benoist, F. Pettier, Les Transp. mar.,1961, p. 82.
Prononc. et Orth. : [kal]. Ds Ac. 1694-1932. Homon. cal. Étymol. et Hist. A. Mar. [Début xiiies. El fonz de cale (Folie Tristan de Berne, éd. E. Hoepffner, 373); cependant cale est une correction pour fale, proposée par A. Tobler ds Z. rom. Philol., t. 11, 1888, p. 279, suivie par Gdf. et T.-L., contestée par J. Bédier, éd. Folie Tristan, note au vers 375, B. E. Vidos ds Z. fr. Spr. Lit., t. 57, 1933, pp. 2-4 et par J. Horrent ds Le Moyen Âge, t. 42, 1946, pp. 60-65 qui reconnaît cependant la difficulté de trouver un sens plausible à fale « gosier, jabot, estomac, poitrine » dans le passage de la Folie Tristan]; 1671 [et non 1606] (Pomey). B. 1694 (Corneille : ... cale ... lieu fait en talus, où l'on monte, et d'où l'on descend sans marche); 1700 mar. « partie inclinée d'un quai, destinée à faciliter l'embarquement ou le débarquement des marchandises » (cité ds Nouv. archives de l'art. fr., 1922, 13 ds IGLF Techn.). Déverbal de caler1* « descendre, s'enfoncer » [on descend les marchandises dans la cale]; l'hyp. d'un intermédiaire prov. calo, déverbal de calar « abaisser », v. caler1(Vidos, loc. cit., p. 2; FEW t. 2, 1, p. 61b, note 2; Bl.-W.5) est possible, bien que le subst. prov. ne semble pas attesté aux sens A et B av. Mistral; celle d'un inteRmédyare ital. (EWFS2; DEI) semble à écarter, cala, non attesté dans ces mêmes sens av. Carena [1778-1849] ds Batt., étant lui-même un gallicisme d'apr. Vidos, loc. cit. Bbg. Gottsch. Redens. 1930, p. 263.