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* Dans l'article "BENOÎT, OÎTE,, adj. et subst."
BENOÎT, OÎTE, adj. et subst.
I.− Adjectif
A.−
1. Vx. Béni, saint, bienheureux. La benoîte Vierge Marie :
1. Ce fut alors un grand soulagement pour l'âme d'Esterhazy, et du haut du ciel, saint Dominique fit connaître à ceux de sa rue qu'il était content de son benoît fils Henri Brisson! Clemenceau, L'Iniquité,1899, p. 493.
Rem. Un emploi subst. dans Loti, Ramuntcho, 1897, p. 116 et 243; cf. aussi Rob.
2. Spéc. ALCHIM. La benoîte pierre ou, p. ell., la benoîte. La pierre philosophale (cf. Besch. 1845, Lar. 19e-20e).
3. Iron. Dévot. Un benoît personnage (Ac. Compl. 1842, Besch. 1845); un air benoît (Littré, Guérin 1892).
Péj. [En parlant du lang.] Niais :
2. ... toutes ces phrases benoîtes, tous ces charitables paradoxes ne sont que des prétextes à lâchetés, des couleurs pour colorer de honteuses complaisances pour ces hommes, dont Renan et tutti quanti ont peur. E. et J. de Goncourt, Journal,1881, p. 114.
Arg. (des canuts). ,,Imbécile, benêt`` (France 1907).
B.− P. ext. et iron.
1. [En parlant d'une pers. ou de son comportement] Comblé, satisfait :
3. Le regard toujours un peu vague de l'illustre maître tomba de haut sur son benoît quémandeur, et l'effleura sans se poser. Bernanos, Sous le soleil de Satan,1926, p. 284.
2. [En parlant d'un inanimé concr.] Calme, tranquille. Ensommeillement benoît (cf. affalement ex. 1) :
4. Un dîner succulent, dans le commencement de la benoîte digestion duquel, à l'instar des trois mots du festin de Balthasar, éclate la gueulée de la Marseillaise d'un café des Champs-Élysées, ... E. et J. de Goncourt, Journal,1885, p. 460.
5. Non, mon doux Ambroise, de ce voyage, rien de ce que tu crois. Pas de béguines somnolentes penchées sur l'eau benoîte des canaux; ... Gide, Correspondance[avec Valéry], 1891, p. 114.
II.− Subst., arg. Souteneur :
6. ... La vrai'vérité c'est qu'les Benoits toujours lichent Et s'graissent les balots [= les testicules]. J. Richepin, La Chanson des gueux,1876(France 1907).
PRONONC. : [bənwa], fém. [bənwat]. Dub. transcrit [bənwɑ], fém. [bənwɑt].
ÉTYMOL. ET HIST. A.− 1. Ca 1130 beneeite (Couronnement de Louis, éd. E. Langlois, 27 : Quant la chapele fu beneeite); 1172-75 benëoit « sur qui a été répandue la bénédiction divine, bienheureux » (Chr. de Troyes, Chevalier Lion, 2380 dans T.-L. : benëoiz Soit mes sire Gauvains); ca 1190 « qui a été consacré par des cérémonies rituelles » ewe benëeite (M. de France, Purgatoire, 469, ibid.); 1150-1200 pain benëoit (Aliscans dans Bartsch, Chiertomathie, 19, 227), devenu iron. 1546 (Rabelais, Tiers Livre, éd. Marty-Laveaux, chap. 32, t. 2, p. 159 : et vous ayme tout mon benoist saoul), qualifié de ,,vieux`` dep. Rich. 1680; 2. 1838 (Ac. Compl. 1842 : Benoît [...] Dévot). B.− 1876 subst. arg. « souteneur », supra ex. 6. Issu du lat. benedĭctu part. passé de benedicere; v. bénitier et bénit, béni, s.v. bénir*; v. aussi benêt.
STAT. − Fréq. abs. littér. : 25.
DÉR.
Benoîtement, adv.,péj. Avec un air benoît, doucereux et calme. Un aspic qui se chauffait à l'aise, benoîtement lové au soleil (Genevoix, Raboliot,1925, p. 91). [bənwatmɑ ̃]. 1reattest. xives. beneoitement ,,D'une manière bénie, heureuse`` (Légende dorée, Maz. 1333, fo93a dans Gdf.), attest. isolée; 1823 benoîtement ,,D'une manière béate`` (Las Cases, Le Mémorial de Sainte-Hélène, t. 2, 1823, p. 49); dér. du fém. de benoît, suff. -ment2*. Fréq. abs. littér. : 15.
BBG. − Tagliavini (C.). Les Saints du mois. Vie Lang. 1953, pp. 183-184.