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APOLOGÉTIQUE, adj. et subst. fém.
A.− Adj. Qui contient une apologie; qui tient de l'apologie :
1. Ainsi, dans l'examen que je ferai de chacune des grandes écoles du dix-huitième siècle, il y aura toujours deux parties : 1 Une partie apologétique, qui représentera pour ainsi dire l'existence et les raisons d'existence de cette école dans l'histoire; 2 Une partie critique qui représentera la lutte qu'elle a subie. Cousin, Hist. de la philos. du XVIIIes.,1829, p. 27.
2. L'idée d'écrire des romans apologétiques a quelque chose d'horrifiant à mes yeux. J'aimerais mieux ne plus jamais écrire que de fabriquer une œuvre d'imagination qui tende à prouver quoi que ce soit. Green, Journal,1948, p. 161.
SYNT. Lettre, ouvrage, œuvre, note, manuscrit, partie, point de vue, littérature, pamphlet, méthode apologétique.
En partic. Qui contient une apologie de la religion chrétienne :
3. Le livre [les Pensées de Pascal] évidemment, dans son état de décomposition, et percé à jour comme il est, ne saurait plus avoir aucun effet d'édification sur le public. Comme œuvre apologétique, on peut dire qu'il a fait son temps. Il n'est plus qu'une preuve extraordinaire de l'âme et du génie de l'homme, un témoignage individuel de sa foi. Pascal y gagne, mais son but y perd. Sainte-Beuve, Port-Royal,t. 3, 1848, p. 344.
4. ... c'est un des premiers devoirs apologétiques du chrétien de montrer, par la logique de ses vues religieuses, et plus encore par la logique de son action, que le Dieu incarné n'est pas venu diminuer en nous la magnifique responsabilité ni la splendide ambition de nous faire nous-mêmes. Teilhard de Chardin, Le Milieu divin,1955, p. 62.
B.− Subst. fém.
1. THÉOL. Partie de la théologie qui tend à défendre la religion contre les attaques dont elle est l'objet (« apologétique négative ») et à démontrer la vérité et la divinité du christianisme, pour aboutir ainsi au jugement de crédibilité, point de départ de l'adhésion par la foi (« apologétique constructive ») :
5. ... et sans doute Barrès n'a-t-il élu l'apologétique pascalienne que pour sa fièvre, son repliement, ce quelque chose de tendu et d'extrême qui la rend si proche de nos âmes. Cette préoccupation dramatique de l'individu et du sujet qu'on discerne chez Pascal, voilà ce qui l'entraîne dans son sillage; ... Massis, Jugements,t. 1, 1923, p. 231.
SYNT. Apologétique positive ou constructive, négative ou polémique, objective, subjective, biblique, traditionnelle, dogmatique, augustinienne, chrétienne, catholique, orthodoxe, pascalienne, moderne, moderniste, agressive, victorieuse; livre, cours, thèse, recherches d'apologétique; fournir un fondement à l'apologétique; aux fins d'apologétique.
P. méton. Traité d'apologétique.
Rem. Lorsque le mot désigne le discours apologétique de Tertullien (vers l'an 200) il est gén. du genre masc., p. réf. au titre lat. apologeticus (liber) et au syntagme discours apologétique qui peut l'expliciter en français.
2. P. ext., rare. Synon. de apologie.Apologétique de logique historique, de l'immanence, du néant.
P. méton. Écrit apologétique :
6. Heure par heure, les journaux versaient dans la rue des apologétiques ou des diffamations, fragments nullement sincères des dépositions entendues. Barrès, Leurs figures,1901, p. 127.
PRONONC. : [apɔlɔ ʒetik].
ÉTYMOL. ET HIST. A.− Adj. xves. « qui contient une apologie » (Bibl. nat., 1130, fo44cds Gdf. Compl. : Dyalogue appologetique). B.− Subst. 1. 1681 désigne l'Apologétique de Tertullien (Bossuet, Discours sur l'hist. universelle, II, 12 ds Dict. hist. Ac. fr. : Tibère sur les relations qui lui venoient de Judée, proposa au sénat d'accorder à Jesus-Christ les honneurs divins. Ce n'est point un fait qu'on avance en l'air et Tertullien le rapporte comme public et notoire dans son Apologétique qu'il présente au sénat au nom de l'Eglise); 2. av. 1850 « partie de la théologie qui a pour but de défendre la religion chrétienne » (Lacroix Marlès cité par Lar. 19e: L'apologétique diffère des simples écrits polémiques en ce qu'il [ici apologétique est masc.; il est donné comme fém. par Lar. 19e] n'est pas destiné à soutenir des doctrines contre d'autres doctrines). A empr. au gr. α ̓ π ο λ ο γ η τ ι κ ο ́ ς « propre à défendre, justificatif », Aristote, Rhétorique Alexandre, 5, 1 ds Bailly; B empr. au lat. chrét. apologeticum « écrit justificatif », au sens B 1 : Lactance, Inst., 5, 4, 3 ds TLL s.v., 249, 60.
STAT. − Fréq. abs. littér. : 118.
BBG. − Bach.-Dez. 1882. − Bouillet 1859. − Bouyer 1963. − Foi t. 1. 1968. − Foulq.-St-Jean 1962. − Marcel 1938. − Théol. cath. t. 1, 2 1909.