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ADONISER, verbe trans.
I.− Emploi trans., vx
A.− [Le compl. désigne une pers.] Parer avec une recherche raffinée, excessive :
1. J'ai fait un jour le portrait à la plume de mon meilleur ami. Je croyais l'avoir adonisé. On m'a dit : « Que vous a-t-il fait »? G. de Nerval, Correspondance,1830-1855, p. 229.
2. « Si vous voulez accepter un vieux pédant de comédie pour valet de chambre, dit Blazius en se frottant les mains d'un air de contentement, je vais vous adoniser et calamistrer de la belle façon. Toutes les dames raffoleront de vous incontinent;... T. Gautier, Le Capitaine Fracasse,1863, p. 98.
3. Naturellement le collège lui fut épargné; il eut pour précepteur un jeune prêtre timide et doux. Adulé, adonisé − à dix ans on l'affublait d'un chapeau de forme haute, d'une veste à brandebourgs et de bottes à la Souvarof, pour que déjà il eût l'air d'un homme! − ... A. de Châteaubriant, Monsieur des Lourdines,1911, p. 36.
P. ext., péj. [En parlant du style] Orner avec un soin raffiné jusqu'à l'excès :
4. De Vigny adonise son style, et il idolâtre son œuvre. Ch.-A.Sainte-Beuve, Pensées et maximes,1869, p. 137.
B.− Rare, absol. Faire l'adonis (cf. adonis A 2) :
5. Il est impossible de s'imaginer que Dieu nous ait faits pour autre chose que ceci : idolâtrer, roucouler, adoniser, être pigeon, être coq, becqueter ses amours du matin au soir, se mirer dans sa petite femme, être fier, être triomphant, faire jabot; voilà le but de la vie. V. Hugo, Les Misérables,t. 2, 1862, p. 646.
II.− Emploi pronom., gén. iron. ou péj. [En parlant princ. des hommes] Se parer à la manière d'un adonis :
6. De midi à une heure, le baron teignit ses cheveux et ses favoris. À neuf heures, le baron, qui prit un bain avant le dîner, fit une toilette de marié, se parfuma, s'adonisa. H. de Balzac, Splendeurs et misères des courtisanes,1848, p. 166.
7. Cette résolution prise, Léandre retourna aux Armes de France, ne toucha que du bout des dents au souper des comédiens, et se retira dans sa chambre où il s'adonisa de son mieux, n'épargnant ni le linge fin à broderies fenestrées, ni la poudre d'iris, ni le musc. T. Gautier, Le Capitaine Fracasse,1863, p. 239.
Rem. Ac. 1798-1878 et DG disent ce verbe surtout utilisé à la forme pronom.; Ac. 1932 supprime cette réserve et atteste les 2 emplois, ainsi que l'avait fait Lar. 20eet que le fera Rob. Les dict. Lar. dep. Lar. encyclop., ainsi que Pt Rob., ne connaissent plus que la forme pronom.
Prononc. : [adɔnize], j'adonise [ʒadɔni:z].
Étymol. ET HIST. − 1. 1552 trans. « parer avec recherche, chercher à embellir » (Ronsard, I, 14 ds L. Mellerio, Lex. Ronsard, 6 : Quand d'un bonnet son chief elle adonise), noté comme terme de plaisanterie ds Trév. 1771 et Ac. 1798 : comme familier ds Ac. 1835 et 1878; vieux et familier ds Ac. 1932; 2. 1611 intrans. « faire l'adonis » (Cotgr. : Adoniser... To resemble Adonis; to imitate, or couterfeit the graces, or beauties of Adonis); 3. fin xviie-début xviiies. pronom « être infatué de sa beauté, amoureux de sa propre personne » (Jean-Baptiste Rousseau cité ds Trév. 1752 : il s'écoute, il se plaît, il s'adonise, il s'aime). − 1845, Besch.; 1remoitié xviiies. pronom. (Panard, Chansons ds DG : S'adoniser : faire le Céladon), noté comme terme de plaisanterie ds Ac. 1740-1798 et Trév. 1771, comme vieilli ds Ac. 1932. Dér. de Adonis, (adonis*); dés. -er.
STAT. − Fréq. abs. litt. : 7.
BBG. − Bél. 1957. − Fér. 1768. − Mots rares 1965.