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ABSORBANT, ANTE, adj. et subst. masc.
I.− Sens propre
A.− Adj., ANAT., SC. NATURELLES ET SC. PHYS. [En parlant d'organes creux et p. anal. de corps phys. considérés comme perméables] Qui a la propriété d'intégrer à sa substance les sels, les liquides, les gaz, les rayons caloriques ou lumineux, etc. en contact :
1. Tout près de-là est le pylore, d'où part l'intestin, lequel, restant toujours égal et cylindrique, fait deux replis, et se porte en avant et à droite, où il s'ouvre au bord de l'orifice du poumon, après avoir rampé sur les parois de cette cavité, et y avoir fourni aux vaisseaux veineux qui les parcourent, une infinité de racines absorbantes. G. Cuvier, Leçon d'anatomie comparée,t. 4, 1805, p. 116.
2. [Pour faire un bon moule céramique] la terre cuite [doit être] assez (...) poreuse pour être absorbante. A. Brongniart, Traité des arts céramiques ou des poteries considérées dans leur histoire, leur pratique et leur théorie, t. 1, 1844, p. 131.
3. En général, la racine qui croît, se couvre bientôt d'un manchon velouté de poils infiniment fins, poils radicaux ou poils absorbants ... Plantefol, Cours de botanique et de biologie végétale, t. 1, 1931, p. 149.
4. ... les multiplicateurs [de fréquence pour l'émission radiotélégraphique] donnent de nombreux harmoniques que des circuits absorbants (...) ou des filtres peuvent (...) éliminer, ... J. Mercier, Traité de radio-électricité,Oscillateurs à haute fréquence, t. 1, 1937.
5. L'acier inoxydable est malheureusement trop absorbant pour les neutrons; il peut être utilisé pour le gainage de l'uranium enrichi, mais ne peut l'être pour l'uranium naturel. B. Goldschmidt, L'Aventure atomique, ses aspects politiques et techniques,1962, p. 208.
[En parlant de la propriété même] Qui consiste à intégrer à sa substance d'autres substances (cf. ci-dessus) :
6. Le sang respire. En modifiant sa composition, on modifie sa propriété absorbante pour l'oxygène. C. Bernard, Cahier de notes,1860, p. 48.
7. Tout le monde autour de lui n'est qu'une mine où le précieux filon vert puise de quoi élaborer continûment son protoplasme, dans l'air par la fonction chlorophyllienne de ses feuilles, dans le sol par la faculté absorbante de ses racines qui assimilent les sels minéraux d'où la qualité essentielle de cet être, libéré à la fois de tous soucis domiciliaires et alimentaires par la présence à son entour d'une ressource infinie d'aliments : l'immobilité. F. Ponge, Le Parti pris des choses,1942, p. 67.
B.− Emploi subst., rare
1. PHARM. Substances propres à absorber les acides développés dans les voies digestives.
2. PYROTECHNIE :
8. Les absorbants ont pour objet de solidifier (...) les liquides explosifs (...) pour les rendre plus maniables, ... Vennin, Chesnau, Poudres et explosifs,1924, p. 314.
II.− Au fig., emploi adj. [En parlant d'une activité, de nature surtout morale, ou d'un état d'âme, etc.] Qui occupe ou accapare entièrement l'esprit ou les réserves d'énergie d'une personne :
9. Chez Trompe-La-Mort, évadé depuis huit ans, ce mouvement s'était bien affaibli; mais, par l'effet de son absorbante méditation, il allait d'un pas si lent et si solennel que, quelque faible que fût ce vice de démarche, il devait frapper un œil exercé comme celui de La Pouraille. H. de Balzac, Splendeurs et misères des courtisanes,1848, p. 539.
10. C'est beaucoup de fatigue et de souci quand l'héritage n'y suffit pas, et qu'il faut exercer une industrie absorbante comme l'est celle d'écrire pour le public. G. Sand, Histoire de ma vie,t. 4, 1855, p. 423.
11. Ces deux pensées étaient si étroitement mêlées dans son esprit qu'elles n'en formaient qu'une seule; elles étaient toutes deux également absorbantes et impérieuses, et dominaient ses moindres actions. V. Hugo, Les Misérables,t. 1, 1862, p. 271.
12. Il y a de tout cela dans Beethoven. Si absorbant que soit le rêve musical, où tous ses jours sont immergés, il étouffe du besoin d'agir, de sermonner, de commander. R. Rolland, Beethoven. Les Grandes époques créatrices, t. 1, 1903, p. 163.
13. Cette femme pour qui il avait tué, qui avait été toute sa vie, qui l'avait possédé de chair et d'âme, ne comptait plus, noyée, étouffée dans un souci infiniment plus vaste, plus absorbant, plus hallucinant. M. Van der Meersch, L'Invasion 14,1935, p. 184.
[En parlant d'une pers.] Même sens :
14. Tout individu qui n'a rien à nous donner et qui ne veut rien recevoir de nous, nous paralyse par sa société. C'est un absorbant qui nous soutire gaieté, esprit, force vitale, et nous laisse plus pauvres, sans s'être enrichi lui-même. H.-F. Amiel, Journal intime,25 déc. 1866, p. 549.
15. Zola, au fond, est l'homme que les habitudes de la société forcent à vous demander de vos nouvelles, quand il vient chez vous; mais son moi est si tout plein de lui, si absorbant, qu'il ne lui permet pas de donner la moindre attention à la réponse qu'on lui fait. E. et J. de Goncourt, Journal,févr. 1885, p. 420.
Rem. Dans l'ex. 14, l'adj. est substantivé (seul ex. de cet emploi dans la docum.).
Stylistique − Neutre dans ses emplois sc. et techn., l'adj., empl. au fig. dans la lang. commune, y connote volontiers une idée de peine éprouvée ou infligée (cf. 9, 10, 14, 15).
Prononc. : [ab̭sɔ ʀbɑ ̃], fém. [-ɑ ̃:t]. Enq. : /apsoʀbã, -t/.
Étymol. − 1751 adj. « qui absorbe, qui s'imprègne de » terme méd. (Encyclop. : Absorbant. Il y a des vaisseaux absorbans par-tout où il y a des arteres exhalantes...); id., subst., terme méd. (ibid. : absorbans, remedes dont la vertu principale est de se charger des humeurs surabondantes contenues dans l'estomac). Part. prés. pris adj. et subst. du verbe absorber* au sens I 2. HIST. − L'adj. et le subst. sont recensés dans les dict. sous 2 vedettes distinctes (sauf par Trév. 1752 et 1771) jusqu'à Ac. 1835. I.− Pas de disparition av. 1789. II.− Hist. des sens et accept. attestés apr. 1789. − A.− Sém. A et B (absorbant, adj. et subst.); les 2 emplois sont d'abord attestés comme termes sc. 1. Emplois adj. Ils sont cités ci-dessous dans l'ordre chronol. de leur apparition. a) Méd., 1reattest. 1751 (cf. étymol.), subsiste (cf. sém. I A). b) Bot., 1reattest. 1751 (cf. étymol.), subsiste (cf. sém. I A) : Les végétaux ont des vaisseaux absorbans, qui pompent les fluides de l'atmosphère. Ac. Suppl. 1835. c) Phys., 1reattest. xviiies., subsiste : On emploie des poudres absorbantes, quand il règne sur les superficies une fluidité qui les ferait s'attacher. Abbé Nollet, Phys. expér. (Trév. 1752). d) Pharm., 1reattest. 1863, subsiste : Se dit des substances qui ont la propriété d'absorber les acides dans l'estomac. La magnésie est une terre absorbante. Littré. Emploi dans la lang. cour., peu usité; 1reattest. 1762 : les terres absorbantes. Ac. 1762. Ces emplois subsistent sans variation de sens. 2. Emplois subst. Méd., 1reattest. 1751 (cf. étymol.); pyrotechnie, cf. sém. I B. B.− Sém. II (absorbant, emploi adj. au fig.). 1reattest. 1834, Sainte-Beuve, Volupté, p. 73. Subsiste comme emploi prédominant dans la lang. commune.
STAT. − Fréq. abs. litt. : 214. Fréq. rel. litt. : xixes. : a) 289, b) 301; xxes. : a) 325, b) 306.
BBG. − Bouillet 1859. − Comte-Pern. 1963. − Delorme 1962. − Fromh-King 1968. − Garnier-Del. 1961 [1958]. − Littré-Robin 1865. − Musset-Lloret 1964. − Nucl. 1964. − Nysten 1814-20. − Pir. 1964. − Plais.-Call. 1958. − Privat-Foc. 1870.