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Voir également: vif, vive, adjectif 
Étymologie du Trésor de la Langue Française (1960-1990)
I. « Vivant »
A.
1.
a) 2e moit. xe s. vius masc. cas suj. « vivant » (St Léger, éd. J. Linskill, 137: nez de medre vius); ca 1100 vif id. (Roland, éd. J. Bédier, 2126); 1130-40 subst. (Wace, Conception N.-D., éd. W. R. Ashford, 1764: A vis apareir [en parlant de morts]); 1265 dr. don fet entre vis (Charte ds Du Cange, s.v. associare2 );
b) 1248 contrefaire [un sujet] al vif (ds Laborde, Notice des émaux du Louvre, t. 2, 1853, p. 542);
c) 1269-78 adj. vive [en parlant de l'ymage d'ivuire faite par Pygmalion] (Jean de Meun, Rose, éd. F. Lecoy, 20799);
2.
a) ca 1100 trenchier ... cez vestemenz entresque as chars vives (Roland, 1656); 1306 subst. (Joinville, St Louis, éd. N. L. Corbett,145: le venin se feri ou vif [du soudanc]); b) 1404 id. fig. « la partie essentielle d'une chose » (Livre des fais de Bouciquaut, II, 4, éd. D. Lalande, p. 185: Ceste chose bien au vif consideree);
c) 1559 id. toucher (qqn) au vif (Amyot, trad. Plutarque, Hommes illustres, Pélopidas, 52, éd. G. Walter, t. 1, 1959, p. 651);
d) 1675 id. couper dans le vif (Sévigné, lettre 6 août ds Corresp., éd. R. Duchêne, t. 2, p. 33);
3.
a) ca 1130 (en parlant d'animaux) vif aveir (Lois de Guillaume, éd. J. E. Matzke, § 21);
b) 1269-78 [plantes] vives (Jean de Meun, op. cit., 18954); 1348 vif bois, bois vif (Arch. nat. J 84, 754 ds Du Cange, s.v. boscus mortuus, vivus), v. aussi mort-bois ; 1552 haye vive (Est., s.v. vivo, vivus); 1676 empl. subst. recoupper la tige jusques dans le vif (A. Le Gendre, Manière de cultiver les arbres fruitiers, p. 146);
4. 1204 p. ext. a vois vive (d'apr. FEW t. 14, p. 583a); 1258 par vives vois (doc. Arch. Yonne ds Gdf.); 1623 de vive voix (A. d'Aubigné, Les Tragiques, t. III, p. 81).
B. « Qui semble vivre, être en mouvement »
1. ca 1150 vis argent, v. vif-argent ;
2. 1225-30 fontaines vives; eves vives (Guillaume de Lorris, Rose, éd. F. Lecoy, 1390; 20440); 1643 subst. le vif de l'eau « grande marée » (Fournier Hydrographie, p. 14); 1678 vive eau « id. » ([Lettre de] Seignelay à Hubert, 7 août ds Jal1 );
3. 1247 chalz vive (Image du monde, 138 ds T.-L., s.v. chauz); fin xiiie s. [ms.] chauc vive (Henri de Valenciennes, Constantinople, éd. J. Longnon, 665, p. 106, var. D);
4. 1732 mécan. forces vives [Leibnitz] (Fontenelle, Louville ds Littré, s.v. force).
C. « (En parlant d'une roche, d'une pierre) mis à nu » fin xive s. roce vive (Jean Froissart, Chron., éd. S. Luce, I, 232, t. 3, p. 87); 1636 vive arête (Monet, p. 96b, s.v. arête); 1694 empl. subst. pierre ébousinée jusqu'au vif (Corneille, p. 595a).
II. « Qui a de la vie »
A. « Intense »
1. domaine psychol., mor.
a) ca 1100 par vive force (Roland, 1627);
b) ca 1165 par vif bosoing, par vif estoveir (Benoît de Ste-Maure, Troie, éd. L. Constans, 14281; 18878);
c) ca 1590 en parlant d'un sentiment (Montaigne, Essais, I, 37, éd. P. Villey et V.-L. Saulnier, p. 232: ce ressentiment bien vif qui est naturellement en moi);
2.
a) 1176 « dont la chaleur, la lumière sont intenses » vive brese empl. par image (Chrétien de Troyes, Cligès, éd. A. Micha, 42: D'ax [des Grezois et des Romains] est la parole remese Et estainte la vive brese); xiiie s. estanceles vives ardans (Id., Erec, éd. W. Foerster, 3712, var. H);
b) 1269-78 « dont l'éclat est vif » couleurs fresches et vives [de fleurs] (Jean de Meun, op. cit., 19930);
c) 1690 froid vif (Fur.).
B.
1. 1538 « (d'une personne) de grande vitalité, vivacité » (Est., s.v. vivo, vividus : plein de vigueur, vigoureux, vif ; s.v. vegeo, vegetus : alaigre, vif, gay);
2. 1753 p. ext. mus. (Rousseau, Dict. mus., Paris, H. Pourrat, t. 1, 1839, p. 95).
C. 1538 « (d'une personne, de ses facultés) rapide dans ses opérations » vif et subtil esprit (Est., s.v. acer); 1580 vive imagination (Montaigne, op. cit., I, 26, p. 169).
D.
a) Ca 1590 « (de propos, de manières) d'ardeur excessive » (Id., ibid., III, 11, p. 1028: La parole vive et bruyante comme est la mienne ordinaire s'emporte volontiers à l'hyperbole);
b) 1636 « (d'une personne) id. » (Monet, p. 960a: Il est si vif qu'il estourdit ses parties). Du lat. vivus « vivant, animé », empl. subst. « un vivant; ce qui est vivant » (ad vivum resecare, Columelle); en parlant d'inanimés viva memoria « souvenir vivant », viva vox; viva aqua, vivum saxum « roc vif, naturel »; vivum sulfur, viva cupressus (Ovide, Met., VI, 49; cf. lat. médiév. vivum lignum 1145-71, Cartulaire de Ponthieu, 117 et vivum nemus 1153, Cartulaire de Compiègne, 1, 141 ds Bambeck Boden, p. 15); fig. « animé, vif » (Pline, Ep., VIII, 6, 17: vivus et ingenuus animus); empl. subst. de vivo aliquid resecare « prendre sur le principal, le capital » (Cic., Verr., 3, 118).