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Étymologie du Trésor de la Langue Française (1960-1990)
1. 1176 « mot, proverbe » (Chrétien de Troyes, Cligès, éd. A. Micha, 4524);
2. 1225-30 « bavardage, discours » conter sa verve (Guillaume de Lorris, Rose, éd. F. Lecoy, 2394);
3. 1266 « idée, chose à dire » ne veoir nule autre verve (Rutebeuf, Complainte d'outremer, 50 ds Œuvres, éd. E. Faral et J. Bastin, t. 1, p. 445);
4. 1450-65 « folie, délire, caprice » (Maistre Pathelin, éd. R. T. Holbrook, 797: Estes vous desvoyé? Recommancez vous votre verve ?); av. 1549 (M. de Navarre, Comédie à dix personnages, 501 ds Théâtre profane, éd. V.-L. Saulnier, p. 115; v. aussi au gloss.);
5.
a) 1608 « chaleur de l'imagination; inspiration créatrice dans le domaine de la composition » (M. Régnier, Satires, 1, 96, éd. G. Raibaud, p. 12: Laisser aller la plume où la verve l'emporte);
b) 1791 la verve du patriotisme (Mirabeau, Coll., t. 4, p. 97 ds Littré);
6. 1846 « qualité brillante, brio de la parole » intarissable verve (Proudhon, loc. cit.). Prob. issu d'un lat. tardif verva, autre forme de verba, plur. pris comme fém. sing. de verbum « mot, parole »; dans la lang. chrét. « parole de Dieu, prédication » et p. ext. « inspiration » (Ps., LXVII, 12: Dominus dabit verbum evangelizantibus), Blaise Lat. chrét. et FEW t. 14, p. 278b et p. 279a, note 5.